‹ Mémoires de Martin et Guillaume Du Bellay (volume 4)Chapitre 72 sur 258 · Jacques d'Amboise, sieur de Bussy; il rat tué à Marignan · texte numérisé non relu

Jacques d'Amboise, sieur de Bussy; il rat tué à Marignan

6. Jacques le Jeune, sieur de Malherbe, second fils de Michel le Jeune et de Louise de Malherbe, chevalier de l'Ordre, mort en 1515.

7. Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, né en i486, mort en 1518.

la Crotte 1 , frère du seigneur du Lude*. Avecques ladite armée, le seigneur de la Trimouille vint loger près la ville, où ayant fait furieuse batterie feit brèche raisonnable pour assaillir, mais il ne fut conseillé d'y donner l'assault pour deux occasions, Tune pour le grand nombre de Suisses qui estoient dedans, lesquels il ne pouvoit forcer sans grande perte d'hommes, outre qu'il avoit advertissement que le secours qui venoit de Suisse par le val d'Oste approchoit d'Ivrée, lequel arrivant après un sanglant combat, et estant frais, eussent peu deffaire nostre armée ruinée audit combat, encore qu'elle fust victorieuse. A ces causes leva son camp et marchea pour aller combatre ledit secours avant qu'ils fussent joincts ensemble; et pour cest effect alla loger à deux mille de Noare sur le chemin de Trecas 8 . De quoy le secours des Suisses adverty, laissans nostre armée à main gauche, la nuict subséquente sans rencontre entrèrent dedans ledit Noare. Auquel lieu estant assemblez, délibérèrent de sortir pour aller combatre le seigneur de la Trimouille, lequel estoit logé mal à propos, d'autant que la gendarmerie ne pouvoit secourir les gens de pied à cause des canaulx et grans fossez qu'il y avoit entre deux. Aussi le lieu ordonné où la gendarmerie devoit

1. François de Daillon, sieur de La Crotte, second fils de Jean de Daillon et de Marie de Laval, mariés le 18 août 1459; fut à la bataille de Saint- Aubin-du-Cormier (1488); blessé à Fornoue (1495); il hit tué à Ravenne.

2. Jean de Daillon, baron du Lude et Saultray, frère aîné du précédent, mort vers la fin de 1532.

3. Trecate, au sud-est de Novare, entre cette ville et le Tessin.

combattre estoit en un maraiz où les chevaux estaient enfangez jusques au genoil. Et si ne fut faict diligence de fermer le camp qui avoit tant cousté à charier (chose qui eust bien servy pour arrester la fureur des Suisses, attendant le reste de l'armée qui estoit à venir) ; et disoit on que ceste cause advint pour sauver une cassine 1 estant au seigneur Jean Jacques Trevoulse. Qui eust temporisé, le capitaine Tavannes 2 , qui estoit ja arrivé à Sainct-Àmbroise 3 au val de Suze avec six mille lansquenets qu'il amenoit (que le duc Charles de Gueldres avoit envoyé au Roy pour son secours), y fust arrivé à temps.

Les Suisses doncques ayans beu chacun un coup sans autre séjour sortirent en campagne : une partie print le chemin à la teste de nostre camp ; l'autre partie prenant le chemin à la main gauche et laissans nostre armée à droite, vindrent assaillir noz lansquenets par le costé qui tire vers Trecas, lesquels ne pouvans estre secourus de nostre gendarmerie et estans en lieu où eux mesmes n'avoient moyen de combatre, furent rompus et une partie taillée en pièces; et mesmes entre autres le seigneur de Fleuranges, leur gênerai, et le seigneur de Jamets 4 , son second frère,

i. Maison, bicoque (de casino).

2. Jean de Tavannes, sieur de Dalle, d'origine allemande, naturalise en 1518, mort en 1523. Sa sœur et héritière, Marguerite de Tavannes, avait épousé Jean de Saulx; de ce mariage naquit le maréchal de Saulx-Tavannes.

3. Sant-Àmbrogio, sur la Doria-Riparia, à moitié chemin entre Suse et Turin.

4. Guillaume de La Marck, sieur de Jametz, second fils de Robert de La Marck et de Catherine de Croy, mort en 1529. Sur cet épisode de la bataille, voir les Mémoires de Fleuranges, chap. xxxvi.

demourerent parmy les morts; de quoy messire Robert de la Marche, leur père, adverty, avec cent hommes d'armes dont il avoit la charge tourna la teste droict à l'ennemy et feit une si furieuse charge qu'en bien combatant vint jusques aux lieux où estoient couchez ses enfans parmy les morts et chargea l'aisné sur son cheval et l'autre sur celuy d'un sien homme d'armes; et en despit des ennemis les tira hors du danger, non sans qu'ils eussent des coups infinis tant au visage, à la gorge qu'autres lieux. Mais à l'ayde de Dieu et des bons chirurgiens la vie leur fut sauvée. Le seigneur de la Trimouille voyant le desastre tourné sur luy et estant hors d'espérance, parce qu'il avoit perdu la force de ses gens de pied et estoit blessé en une jambe, se retira le chemin de Vercel et de là à Suze (chose qu'il feit aisément parce que les Suisses n'avoient aucune cavalerie); autres des nostres se retirèrent par le val d'Oste.

Armée de mer contre les Anglois et combat. — Ce mesme temps ayant le Roy faict passer par le destroict de Gibaltar 1 quatre galères soubs la charge du capitaine Pregent* pour résister aux incursions que faisoient les Anglois sur la mer de Ponant le long des costes de Normandie et Bretaigne, l'amiral d'Angleterre 3 , lequel avoit donné la chasse aux galères dudit Pregent jusques près de Brest, fut combatu par les-

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