‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 132 sur 200 · Oeapy^en-Laonnois, arr. de Laon · texte numérisé non relu

Oeapy^en-Laonnois, arr. de Laon

Sept. 1544] DIxrÈMl UYll. m

k la Père sur OSze ; au(|uel lieu le vint trouver le duc d'Orleuis, pour l'accompagner jusques hors des limites de ce royaume, et avecques luy monsieur Jean, cardinal de Lorraine*, le cardinal de Meudon', le comte de Laval, le seigneur de la Hunaudaye et autres; lesquels raccompagnèrent jusques à Bruxelles, comme hoatagers, jusques à ce que la reddition des places que le Roy tenoit delà les monts fust faicte. Puis TEmpereur et le Roy depescherent en Piémont devers le marquis du Guast et le seigneur d'Anguien, leurs lieutenans généraux delà les monts, pour faire publier la paix et pour chacun en son endroict faire restituer les places qu*ils tenoient Pun de l'autre; mais le marquis D*eut grande peine à rendre, car il ne tenoit de conqueste sur nous depuis la trefve de Nice que le Montdevis.

Prise de BouUmgne par composition, — Or, revenons au roy d'Angleterre, devers lequel le Roy (alors que les députez de Sa Majesté et ceux de l'Empereur furent depescbez pour se trouver au lieu de la Chaussée pour le traitté de paix, dont est faicte mention) a voit depesché le cardinal du Bellay. Iceluy du Bellay l'eust peu conduire à ceste raison de paix, veu que l'Empereur y vouloit entrer, mais ledict roy d'Angleterre estant bien adverty de Testonnement auquel estoit entré le seigneur de Vervin, chef dedans Boulongne, usa de dissimulation, remettant les choses en

1. Ce n'e«t pas le cardinal de Lorraine qui fat parmi les otages, mais son frère Claude, le duc de Guise.

2. Antoine Sangnin, ëvéque d'Orléans, archeréque de Toulouse, dit le cardinal de Meudon, lieutenant général du Roi i Paris et dans rile-de-Prance (16 arril 1544).

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longueur, se tenant certain que de brief ii auroit telle issue de son entreprinsede Boulongne qu'il desiroit, et cependant ii envoya Icdict seigneur cardinal et sa compagnie au chaslcau de liardelot * , pour estre logé plus commodément. Le seigneur de Vervin qui (comme j'ay dit) estoit homme peu expérimenté, après avoir enduré grande et furieuse batterie, soustint quelque forme d'assault, mais (à ce que j*ay entendu par luy mesmes) la vertu du capitaine Plûlippe Corse fut cause de le faire soustenir si longuement; mais enfin ledict capitaine Philippe estant à la brèche, fut frap|>é par la teste d'un csclat d'artillerie venant du camp, dont il mourut. Ledict seigneur de Vervin l'ayant perdu et n*ayant plus que toute jeunesse auprès de luy et de soy mesmes estonné commença à parlementer, auquel parlement succéda tel effect, qu'iceluy seigneur de Vervin feit sortir le seigneur de Sainct Blimont, vieil soldat portenseigne du seigneur du fiiez, et le seigneur de Freumeselles', commissaire des guerres, pour entendre la volonté du roy d'Angleterre, laquelle fut que les gens de guerre et les citadins s'en iraient leurs bagues sauves, remettans la place entre ses mains avecques toute l'artillerie, munitions et vivres, dont de tout y avoit abondance. Les citadins n'y vouloient consentir, mesmes le Maieur feit olTrc audict aeigneur de Vervin que s'il vouloit s'en aller, luy avecques les citadins et les gens de bonne volonté garderait la

1. Htrdelot, sur U oomm. de Condette, cent, de Samer, arr. de Boulogne (Pas-de-CeUis). Les Pnuiçti» y arrivèreal le 9 eep* tfhf «t an repartirent le 26. Voir $upra^ p. 305, aola i.

2. Robert de FrameseUes, commissaire ordinaire des gaeme. Catalogue des acte$, t. V, n* iS334.

8«pt. 15441 mxitifi uni. m

▼ille, mais jamais ne ftit ouy. Le lendemain que la composition ftit accordée* et devant qu*hostages fusiieftt baillez, sur\'int si extrême tourmente, tant de vent que de pingre, que dedans le camp de Pennemy ne demeura une seule tente debout, et pour les terres qui sont grasses, nul ne pou voit marcher ny avant, ny arrière. Toutesfois jamais l'opinion du seigneur de Venrin ne changea, et ne peut estre persuadé qu'il ne remist la place entre les mains du roy d'Angleterre, disant qu'il ne luy vouloit faillir de sa parolle, mais il faillit bien de sa foy à son naturel et souverain prince, dont du depuis il eut la teste tranchée à Paris. Il est certain que s'il eust tenu deux jours, la ville estoit sauvée; car (comme j'ay dit) pour la pluye n'y aToit ordre de marcher à l'assault, et cependant monseigneur le Dauphin, qui marchoit en diligence pour le secourir, fust approché, qui eust faict changer le dessein du roy d'Angleterre.

Durant le siège, le seigneur de Sainct André, jeune homme de grande volonté, des plus proches de la personne de monseigneur le Dauphin, entreprint d'entrer dedans Boulongne, ayant choisi des gens de bien et d'expérience pour mener quand et luy, espérant faire grand service à son prince et luy sauver sa ville, que Ton oognoissoit en hazard de perdition. Et parce que par terre n'y avoit moyen d'y entrer, pour les trenchées qu'y avoient faict les Anglois et forte garde d'icelles, délibéra d'y entrer par mer, mais le vent et la tourmente luy furent si contraires que deux ou trois fois ayant donné, à l'embouchement du havre, autant de

i. La capitttUtion de Boulogne est du 14 septembre. Le s' de Verviiu fut décapité le l*' jaillet 1549.

fois il fîit rejette en la mer ; par quoy , après avoir teoté toutes fortunes, fut contrainct de retourner dont il estoit party.

Le Roy ayant faict la paix avecques TEmpereur, feit promptement marcher son armée pour surprendre le camp des Ânglois, qui estoit devant Montreul, et trouver le roy d* Angleterre devant Boulongne, abandonné de l'armée impériale, et luy donner la bataille, sinon, qu'il levast son camp et se relirast; puis trouvant Boulongne fort ruinée (comme on disoit) avant que les Ânglois eussent loisir de la remparer, y auroit moyen de la reprendre. Mais le duc de Nortfolk, qui estoit devant Montreul, ayant entendu que nostre armée approchoit de Hedin, craignant qu'elle nesejetrtast entre Boulongne et luy pour empescher sa retraitte, leva son camp et pria le comte de Bures de raccompagner jusques au lieu de seureté, ce qu'il feit. Le roy d'Angleterre (estant le duc de Northfolk joinct avecques luy) congnoissant que ses forces séparées d'avecques celles de l'Empereur n'estoient suffisantes pour soufttenir l'armée du Roy, se retira à Calais, faisant embarquer à Boulongne une partie de sa grosse artillerie pour mener en Angleterre, et laissa pour la garde de sa conqueste le duc de Sombresset, nommé milord Semer*, frère de la feue dernière roy ne*, son espouse, dont estoit sorty Edouart qui depuis fut roy.

Défaite de no% gens pentatu surprendre Boulongne. — Monseigneur le Dauphin, adveriy que le siège de

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