‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 134 sur 200 · Marquise, cant. de Tarr. de Boulogne (Pas-de-Calais · texte numérisé non relu

Marquise, cant. de Tarr. de Boulogne (Pas-de-Calais

3. Jacques de FonquesoUes, s' d'Audrehem, sénéchal de Boulonnais (16 septembre 1536).

4. Sur cette affaire de Boulogne (6-7 octobre), Toir Ut Commentaires de Moulue^ t. 1, p. 285-300.

tn MtiliOlRES DB MARTIN DU BELUY. [Oct. 1543

enseignes en bataille sur la place de la basse Bouloogne, pendant que se feroit Texecution, où chacun se pourroit recueillir. Le seigneur de FouquessoUes, suivant ce qui luy estoit ordonné, donna dedans la place et le suivit le seigneur de Tais; tout ce qui se trouva d'ennemis fut mis au fil de Tespée, Tartillene du roy d'Angleterre et les munitions gaingnées, de sorte que noz gens pcnsoient avoir la victoire, mais autrement en advint, car cinq ou six enseignes, sortans de la haute Boulongne, trouvèrent noz soldats en desordre, comme gens qui s'amusent au butin, et les mirent à vau de roupte. Le seigneur de Fouquessolles, cuidant se retirer à la place pour faire teste, y fut tué; le seigneur de Tais, se retirant, eut quelque coup de flesche; et n'y eut jamais ordre de rassembler ses soldats, et quelques remonstrances que leur pcussent faire les capitaines, ne voulurent tourner visage au peu de nombre qui estoit sorty, et mesnies noz Italiens s'en allèrent en confusion jusques au lieu où estoieot les six mille Grisons pour les soustenir; et si je pense qu'il y avoit autant de bons soldats qu'il en fust pour l'heure en Europe, qui me faict croire que sur toutes choses on doit, en faisant quelque entreprinse, prévoir les inconveniens qui peuvent advenir et y pourveoir en temps et lieu, d'autant qu'il est tard et quelquesfois impossible d'y remédier après que le desordre est advenu. Monseigneur le Dauphin à toutes forces vouloit marcher luy me&mes et bazarder sa personne pour y donner ordre, mais il ne fut conseillé de ce faire, attendu que le jour estoit venu, et que la ville à coups de canon qui battoient de poincte en flanc, de hault en bas, empeschoit qu'on ne se pouvoit rallier

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eDBemble; muai b plu je estoii si extrême que la pluspari de DOE arcbouziers estoient sans feu et le reste pour Pindispositiofi du temps n'avoient moyen de s*ayder de leurs armes. Cependant quelque cavalerie des Dostrcs avoit donné entre Boulongne et la tour d'Ordre * , nsais elle fut contrainte de se retirer, se voyant abandonnée des gens de pied.

Ce desastre advenu, monseigneur le Dauphin voyant les pluyes « continuelles et la faute de vivres qui estoit en son camp (parce qu'il estoit venu en telle diligence que roesroes à cause des mauvais chemins les vivres ne Tavoient peu suivre, tellement que b pluspart de SCO armée fut trois jours sans manger pain, et à qui en avoit le soldat donnoit son harnois pour un pain et ne pouvoit Ton avoir vivres de plus près qu'Abl)eviUe, d'autant que tout le Boulenois jusques à Montreul estoit miné et brusié, et semblablement depuis Montreul jusques à Abbeville, qui sont dixsept Ueues d'intervalle, et ne se trouvoient herbes ny autre fourrage pour les chevaux) se relira par l'advis des capitaines vers Montreul ; auquel lieu après avoir eu nouvfîUes du Roy, son père, licentia les Suisses et Grisons, laissant à Montreul pour faire teste à ceux de Boulongne monsieur le mareschal du Biez, avecques les bandes tant françoises qu'italiennes venues de Piémont, et puis se retira devers le Roy, qu'il trouva à S. Germain en Laye'. Aussi le seigneur d'Anguien, après avoir ordonné le seigneur de Termes, pour suivant le traitté

1. Tour élevée p«r Calignla, qui servait à la fois de phare et de fort. Commentaires de Monlue, t. l, p. 286, note 5.

2. François 1" était i Mantes le 26 octobre et à Saint-Gerw main-eO'Lajre le lendemain.

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de paix restituer les places par luy conquises sur rErapereur, se retira devers le Roy qu'il vint trouver à Mante, peu de jours avant que rnondict seigneur le Dauphin y arrivast.

Durant cesthyver ne se feit de grandes entreprinses, sinon que le mareschal du Biez, ayant mis ensemble toutes les forces qui cstoient demeurées en Picardie, alla camper au Portet * (qui est un petit port, où seulement se retirent les pescheurs), un quart de lieue deçà Boulongne, estant la rivière du Pont de brique ' entre la ville et luy, espérant au dessus dudict lieu tirant vers Boulongne et le long de la coste de la mer faire un fort, pour tenir en subjection le havre de Boulongne. Mais le milord SoreP, fils du duc de Northfolk, pour rompre ladicte entreprinse, assembla les forces que le roy d'Angleterre avoit par deçà la mer et vint surprendre ledict mareschal devant qu'il eust eu moyen de se fortifier, de sorte qu'il fut contrainct de se retirer vers Montreul; et sans l'ordre qui fut mis par le capitaine Yillelranche, maistre de camp des vieilles bandes françoises, lequel demeura sur la queue, il y avoit grande apparence qu'il y (ust advenu une roupte^. Si est ce qu'il y mourut de gens de bien, tant d'une part que d'autre, et pour le mauvais chemin qui estoit à cause des pluyes continuelles,

1. Le Portel, sur la rive ginche de U LUne. L'aflkire se place en janvier 1545.

2. La Liane. Le Pont-de-Briqoe, lieu dit sur U rive droite de la Liane, à 6 kil. en amont de Boulogne, comm. de Saint-Léonard et d'Iiques, cant. de Saint-Omer, arr. dr Boulogne. Commentaires de Moulue, t. I. p. 302, note h.

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