Gmgliasco, à 10 kil. à l'oaest de Turin
fit HiMNIlS DE MABTIN DU BELLAY. [JftDV. tS4d
oem escus, et un patant du marquis du Guast, de mille escus d'intrade chacun, au royaume de Naplee. Après laquelle composition, ou pour mieux dire collusion, les deux caporaux en adverlirent ledict du Bellay, gouverneur de Turin, lesquels il conforta de promettre audict César le boullevert qu'autrefois il avoit surprins (comme avez cy devant entendu), ayant ledict du Bellay bonne intention de faire un grand carnage des Espagnols ; puis, pour recongnoistre si le lieu seroit bien à propos, s'estoient laissez prendre à la guerre trois Espagnols, ausquels ils monstrerent le lieu et le moyen d'exécuter ce qu'esperoit ledit Gesar.
Le jour de l'exécution, ledit du Bellay devoit faire venir à Montcallier les deux mille Suisses qui estoieol demourez à Carmagnolles, et avec environ deux mille autres hommes de pied françois qu'il tireroit de toutes les garnisons, et sept ou huict cens chevaux, tant de la gendarmerie que des chevaux légers, dévoient venir passer le Pau sur le pont de Turin pour charger les ennemis. Pendant lequel temps le seigneur Ludovic de Birague, accompagné de douze ou quinze cens hommes de pied des garnisons de Vorling, Chivas et des terres de Montferrat, viendroit par le oosté de Vulpian leur donner sur la queue, et luy mettrait dedans le corps de la garde du boullevert qui estoit au milieu soixante ou quatre vingts arquebusiers, et dedans les conlrcmines autre nombre d'hommes, avecques corcelels et hallebardes, et fournirait les tours de la ville d'arquebuses à croq et d'autre arquebuserie. Et, à l'heure que ceux qui dévoient entrer dedans le boulevert seraient au combat des Suisses qui
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«iroient paaaé le pont du Pau avec la cavalerie, dévoient venir charger ceux de dehors par les flancs, et le seigneur Ludovic sur la queue, et mille ou douie cens hommes qui sortiroient de la ville par la porte du chasteau, qui leur donneroient à l'autre flanc, de sorte quHI y avoit grande apparence que peu se fussent sauvex, mesmes estans en desordre et suiviz jusques à Vulpian, il estoit apparent de remporter, la trouvant despourveue et ceux de dedans effroyez. Mais, cognoissant que ceste pratique ne se pou voit conduire ti promptement, et qu'estant absent en pourroit venir inconvénient si les sieurs de Boutieres et de Monnin n*7 estoient fort vigilans, se voulut asseurer avant que de partir à ce que l'entreprise ne sortist à mauvais eflect, parquoy commanda aux deux caporaux de faire venir le tabourin majour du marquis du Gua^, nommé le Moret, qui estoit celuy qui faisoit les messages avec les deux Espagnols ordonnez pour reoognoistre le boullevert, lesquels iceluy du Bellay fist prendre dedans leur logis, comme estans venus sans saulconduict, par le capitaine de la justice; puis, estans confrontez contre les caporaux, confessèrent le faict et eurent tous trois la teste couppée.
Le buictiesme jour de février mil cinq cens quarante deux avant Pasques, et huict jours après le partement dudit messire Martin du Bellay S messire
1. L'affirmation du chroniqueur paraît en contradiction avec une lettre adre<i»ëe par Martin du Bellay à l'un de ses frères, Jean ou René, et datée de Turin 12 février 1543 (Bibl. Sainte-Geoeviève, ms. 537, fol. 204). Dans cette lettre, Martin déclare qu'il attend son congé « en grande impatience, car il me desplaist bien de demourer icy aux debies que nostre IV 8
114 MÉMOmiS DB MAITIN DU BELLAY. (Pérr. I&43
Alexandre de Carara, qui estoii celuy qu'il avoit laite à Graillas pour adveKir le sieur de Boutieres des cboses qui surviendroient, environ minuict envoya à la porte de Turin faire sçavoir audit sieur qu'à Vulpian et à Ljgoy estoient assemblez huict cens chevaux et cinq mille hommes de pied, qui prenoient le chemin de Turin, et qu'il pensoil bien que c'estoit l'entreprise dont de long temps ledit du Bellay Tavoit adverty qui se drcssoit à Ligny. Le sieur de Boutieres soudain fit monter à cheval le capitaine Francisque Bernardin, aveojues vingt cinq sallades de sa bende, pour rebourser le chemin dudit Vulpian, lequel arrivé qu'il fut à l'abbaye de Cette S deux mille par delà Turin tendant le chemin de Verseil, descouvrit les ennemis au point du jour delà l'eau, et les ennemis luy, lesquels, se voyans descouverts, firent leur retraitte au lieu dont ils estoient deslogez sans autre chose exécuter.
Le douziesme dudict mois, de rechef ledit de Carara envoya une lettre au sieur de Boutieres pour l'adnooonesterdu partement des ennemis, lequel, paroubliance ou par avoir trop d aiiaires, ne regarda dedans laditte lettre ; or, venant l'aube du jour, il fit grand broillas, les ennemis jetterent leur emlaiscade de gens de pied au mouUn de la Sye sur la petite Douaire^, à un gct
finere y a fatcte» pour le service do Roy » • Mais U date de la tentative faite contre Turin étant conârniée par ailicun (cf. oi-destous, p. 117» n. 1), celle de la lettre de Martin, dont noos ne possédons d'ailleurs que la copie, doit être erronée; peut-être faut-il lire 1" février.