La Madona di Campagna, i 5 kil. an nord de Tarin
2. ha eapitaine Raymonnet de Liza^a est cité, arec le capi- Uine Perrichon en qualité de lieutenant, dans ane montre passée à Turin le 13 noTembre 1544 (Bibl. nal., ma. fir. 25792, fol. 502).
IM MÉMOIRSS DE MASTIN Ot' BELLAY. [Pévr. 1S43
viUe, le capitaine Raimooet demanda à acbeler le foing ; le bouvier luy feil bien cher, espérant le conduire jusques à la place ; quoy voyant ledit Rainionet commanda à son lieutenant, le capitaine Perrichon, qu*il eust à donner d'une corcesque* dedans ledit foing, parce que le gouverneur au partir leur avoit faicte ceste ordonnance, de laquelle il se souvint, ce qu'il feit, et la retira toute sanglante; soudain, les deux costez de la cage tombèrent, servans de ponts à ceux qui estoient dedans pour descendre. Sortant le premier, donna un coup d'espée dedans le corps au capitaine Raimonet et luy couppa un doigt, Raimonet le saisit au corps, et à coups de dague le tua. Les autres donnèrent droict à la place ; cependant les autres quatre chariots, voyans leurs compagnons descouveris, se jetterent dehors et forcèrent la garde de la porte, tellement qu'ils leur feirent abandonner leur garde, et en furent seigneurs et maistres, ensemble de leurs armes estans aux râteliers. Sans point de faulte, si ceux qui estoient au moulin de la Sye eussent faict leur devoir de diligenter, la ville estoit perdue, sans espérance d'y résister. Or, y avoit il ordinairement un eaquadre, tant de nuict que de jour, à la garde de la pitoe; de fortune ce jour là il touchoit au capitaine Salvateur d*Aguerre', lequel, oyant l'alarme à la porte et crier : « Savoye! », tourna la teste droict audit lieu avec son esquadre, si qu'il rencontra au droict de l'hostellerie de la Couronne les cinq soldats qui
i. Cortèque, pertuUane à gros oreillons pointas.
2. Salvador d'Aguerre, sieur de Garragaztclu de Héletta, pois d'Arberats en Basse-Mavarre. Voir P. Courteault. Commêm* uUrtê de Blaùe de MonluCf t. 1, p. 123, o. i.
PéTT. fM3) NIWIÉMB Ll^-mi. 117
esioient escbappez du premier chariot, qui jt esloient au combat ; mais, les ayant mis en fuitte, suivit tousjours son entreprise de gaigner b porte. Pendant ce combat, un mareschal de la ville, qui se tenoit près la porte, estant bien advisé, monta dessus icelie porte, et avec son gros marteau feit tomber la sarasine qui estoit attachée d*une chesne, mais à cause de la rouille ne pouvoit descendre ; toutesfois à force rompit la chesne et tomba ta herse, qui osta le moyen aux Impériaux, qui ja estoient mille ou xii cens sur le bord du premier pont, de pouvoir entrer. Sur ces entrefaictes y arrivèrent les sieurs de Boutieres et de Monin, et quant et quant fut fermée la porte, où fut enfermé entre la herse et ladilte porte un Espagnol. Il n*y a point de doute que si ceux qui avoient à conduire les diariots en eussent versé un dedans la porte, ou seulement dételé les boeufs, la ville estoit perdue, car on n'eust peu ny abatre la herse ny fermer la porte, et desjà leur armée estoit sur le bord du premier pont quand la herse tomba. César de Naples, voyant avoir failly à son desseing, se retira avec peu de perte, horsmis le lieutenant, qui fut tué d'un coup d'artillerie, et ceux qui estoient sortis des charettes cncorcs une partie se sauva, car, estant la herse trop courte, aucuns repassèrent par dessous, qui eschapperent. Tel fut le progrès et l'issue de cesie entreprise; après le sieur de Boutieres, regardant sa lettre receue la nuict, trouva que c'estoit Tadvertissement qu'on luy en avoit envoyé, mais ne l'avoit encores veu, au moins n'y avoit il pourveu^.
1 . Voir an récit de cette affaire dans une lettre de Veapaatano
118 MÉMOIRES OB MARTIN DU BELLAY. [Avril IMS
Faite d'armes m Picardie sou* la charge de monseigneur de Vendosme. — Peu de temps après Pasques mille cinq cens quarante trois, le Roy, estant adverty que sa ville de Terouenne estoit mal pourveue de vivres, manda à monseigneur Antoine, duc de Yen» dosmois, qui estoit son lieutenant gênerai en Picardie, d'assembler son armée pour la renvitailler, lequel, à ceste occasion, mit tel ordre qu'au commencenoent d'avril se trouva l'armée ensemble prez de Uedin, en laquelle estoient monsieur François de Lorraine, duc d'Auinalle, fils aisné du duc de Guise, monsieur de NeversS le mareschal du Biez', le seigneur de Lorges^, colonnel des légionnaires, le régiment d'Aileroans du capitaine Ludovic, et environ le nombre de cinq ou six cens hommes d'armes et six cens chevaux légers. Partant dudit lieu, alla camper à Gournay^, qui est un village au deçà de la forest de Foucambei^e, lieu fort à propos pour faire conduire les vivres en son camp venans de Hedin, sans troubler ravitaillement de la ville, qui venoit de Montreul; et estoit iceluy camp si bien ordonné qu'il estoit malaisé à Tennemy de couper les vivres, ny d'un costé oy
Bobb«, ambassadeur de Mantoue, à Hercule Gonzague et à la duchesse de Mantoue, Milan, 15 février, publiée par A. Segre, op. cit., p. 84-85 (cf. Bibl. nat., ms. fr. 3921, fol. 118).
1. François de Clèves, fils de Charles de Clèves et de Marie d'Albret, duc de Nevers (1538).
1. Oodart de Biea avait été confirmé le 21 mai 1542 dant &•• povvoirs de maréchal de France (Cmtatogue des aci«<, t. IV, n* 12632).