‹ Mémoires de Martin et Guillaume du Bellay;Chapitre 65 sur 200 · Bony, cant. de Calelet, arr. de Saint-Quentin (Somme · texte numérisé non relu

Bony, cant. de Calelet, arr. de Saint-Quentin (Somme

Ami 1543) NlUVltm UVRI. ttl

de cheval prisonniers dedans Terouenne. La cause qui feit relirer ledit seigneur d'Aumalte fut qu'il ei^oit soHy groMC trouppe de gens de pied d'Aire pour luy coupper chemin au pont par où il fallml qu'ils feissent leur retraitte, et sans cela il cust faict plus grand effort.

Le vingt cinquiesme jour d'avril de laditte année mille cinq cens quarante trois, monseigneur de Yendosme depescha devers le Roy, qui estoit à Sainct Germain en Laye, pour luy faire entendre que le payement de son armée failloit à la fin d'iceluy mois d'avril et que, s'il luy plaisoit envoyer enoores de quoy la soudoyer un mois, il avoit moyen (estant le pais de l'Empereur despourveu d'hommes) conquérir quelque ville de sa frontière, mesmement la ville et chasteau de Bapaume. Le Roy, qui, environ sur la fin de may, vouloit en personne marcher en campagne, comme vous orrez cy après, ne voulut qu'il passast outre, ayant crainte de rompre son entreprise. L'occasion pour laquelle la frontière d'Artois et Uenault estoit si despourveue, c' estoit à cause que le duc de Cleves faifloit la guerre au pais de Brabant et desjà avoit pris deux ou trois places sur l'Empereur, parquoy les Bouf^uignons avoient tourné toutes leurs forces pour luy faire teste*.

Entre tant qu'on alla devers le Roy sçavoir son intention et luy faire entendre le default de payement,

1. Le dac de Clèves éuit entré en campagne contre le* Impérianx an début de 1543; le 24 avril, larroée clévoi&e leur infligea une sérieuse défaite près de Zittard. Voir A. de Ruble, op. cU.t p. 175-180.

\ti MÉMOIRBS DE MARTm DU BELLAY. [Avril I&43

monseigneur de Vendosmes adveKy d'une place, laquelle faisoit grand ennuy au pals du Roy, oofniné LiliiersS entre Bctune et Aire, à l'entrée des marais, délibéra d'employer le reste du payement de son armée à la lever des mains de l'ennemy ; puis, estant arrivé devant, commença les approches. Ceux de dedans, qui estoient cinq cens hommes de pied et deux cens chevaux, d'arrivée firent bonne mine, mais la fin ne fut telle que le commencement, car après la brèche faicte, voyans nos gens se préparer pour l'aasault, demandèrent composition, laquelle leur fut accordée, et après plusieurs parlemens sortirent leurs bagues sauves, remettans la ville entre les mains de mondit sieur de Yendosme, chose qui vint bien à propos, car le feu s'estoit mis en noz amonitions, en manière qu'à peine avoit on peu retirer nostre artillerie que lesaffusts ne fussent brusiez. Aussi monsieur d'Aumalle, jeune prince d'insigne volonté, estoit prest pour aller luy mesmes à l'assault, et le duc de Yendosme, ne l'eo pouvant dissuader, s'estoit aussi préparé pour y aller, encores qu'il fust lieutenant du Roy, dont n'en pouvoit qu'advenir inconvénient, là où l'un deux, ou tous deux (comme il pouvoit estre vray semblable) y fussent demourez, d'autant qu'ils eussent voulu faire la pointe. La ville estant rendue y fut mis le feu, et les portes abatues pour la rendre inutile à l'ennemy; et après avoir razé plusieurs petits chasteaux, tant aux environs de Terouenne, de Sainct Omer, d'Aire que de Betune, s'achemina le camp pour la retraitte, attendant des nouvelles du Roy, en lieu, dont en un jour il

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