Collection Colbert, t. CLIII, p. 458, 459, 454 et
2. La Gazette de Renaudot , qui se publiait sous l'influence du Cardinal ministre, répétait souvent, après l'ouverture des hostilités, en 1636, que la guerre faite par la France devait décider de l'esclavage ou de la liberté de l'Europe , p. 324. Les Mémoires de Richelieu ne rendent compte que des opérations et des résultats obtenus. *
très-cber et bien amé cousin le comte d'Harcourt , a défait en bataille rangée celle du roi d'Espagne, qui assiégeoit Casai ^ ; qu'il y est demeuré six mille des ennemis , tant prisonniers que tués sur la place ou noyés , avec douze pièces de leur canon , six grands mortiers, tout leur équipage d'artillerie et leur bagage; nos gens les ayant combattus depuis midi jusques à la nuit close , et jusques à ce que la rivière du P6 les ait empécbés de les suivre. Si bien qu'étant obligés de rendre grâces à Dieu d'un si grand et considérable succès, où nos armées ont fait lever le siège d'une des plus fortes et des plus importantes places , non-seulement de l'Italie , mais de la chrétienté , et laquelle aussi les Espagnols, par leur ambition démesurée, ont enviée sur toutes les autres , en ayant déjà deux fois depuis notre règne entrepris le siège que nos forces leur ont toujours fait lever, et en cette dernière ayant voulu, pour comble de leur honte, éprouver le sort des armes contre les nôtres , lesquelles y ont été visiblement secondées de la toute-puissance divine , vu que notredit cousin , sans attendre que toutes les troupes que nous avions destinées pour ladite armée fussent passées en Italie , ni s^ arrêter au nombre des ennemis qui étoit beaucoup plus grand que celui des nôtres , ni à leurs retrancbemens qui étoient presque parfaits, les a si vivement attaqués , que par sa diligence et sa valeur et de ceux qui ont suivi son exemple , il a entièrement défait une des phis puissantes et plus lestes armées du roi d'Espagne : nous avons résolu d'en faire
1. On trouvera de plus grands détails sur les événements d'Italie, dans les Mémoires du cardinal de Richelieu de Tannée i64i, que nous donnons à V Appendice aux Mémoires de Mole.
chanter solennellement le Te Deum en Téglise Notre- Dame de notre bonne \ille de Paris , et désirant que vous y assistiez en corps et en robes rouges j au jour qui vous sera donné par notre très-cher et féal le sieur Séguier , chancelier de France , étant de présent en notredite ville y qui vous enverra pour cet effet, de notre part, le sieur Saintot, maître des cérémonies, ou autre personne qu'il estimera à propos en son absence y et nous remettant sur lui de ce que nous pourrions ajouter à la présente , nous ne vous la ferons plus longue , ni plus expresse. Si n'y faites faute , car tel est notre plaisir. Donné à Soissons, le 1 4 mai 1 640. »
Le lieutenant des cérémonies a dit ensuite : que le Te Deum seroit pour le vendredi 18, à dix heures.
Ce jour-là, Taudience ayant été levée, chacun a pris sa robe rouge et sommes allés , en grand nombre , à Notre-Dame. La chambre des Comptes s'y est trouvée et la cour des Aides aussi, et les Prévôt des Marchands et échevins. L'Archevêque y a assisté, vêtu pontificalement, s'est mis en sa chaire, par ordre à cet effet ; il est entré par la porte du chœur, en bas , et a passé tout en long, donnant bénédiction, et s'est allé mettre en sa chaire. Pour sortir, il a passé par la porte du chœur proche Tautel, du côté de sa chaire.
Riquetty , lieutenant des gardes du corps , avec six archers, est venu, qui s'est mis entre la Chambre et le Parlement. Et en sortant , s'est tourné vers nous , et sommes allés par la porte par laquelle nous sommes entrés et la Chambre par celle de son côté, qui est proche l'autel. — Ce qui a été fait aussi le lundi 1 f3 août, lorsque le sieur Saintot fut venu au Parlement présenter des lettres de cachet.
Ce jour, 13 août, il prit place proche du bureau, et après s'être assis et couvert , a remis ses lettres et puis s'est retiré. La Cour arrêta qu'à trois heures après dîner, on se trouveroit au Palais, en robes rouges, pour, de là, en corps de Cour, aller à Notre-Dame. Ce qui a été exécuté et l'ordre du Roi continué pour le différend d'entre le Parlement et la chambre des Comptes. Le sieur Riquetty s'y est trouvé aussi, avec douze des gardes du Roi. Après le Te Deum, les canons de la ville , de l'Arsenal et de la Bastille ont tiré en signe de réjouissance ^
^ NAISSAlfCE DU DUC n'AiaOU.
LETTEE DU EOI ▲ MOLi.
(c Notre amé et féal, ayant plu à Dieu, dans la continuation de ses grâces et bénédictions , nous donner encore un fils ", duquel la Reine, notre très-chère et très-amée épouse et compagne, s'est, ce jourd'hui, heureusement délivrée, nous avons tout sujet d'en louer et remercier sa divine bonté, et mandons à notre cour de Parlement • qu'elle ait à assister au Te