Collection Golbert, t. GCXIII, p
toute extrémité contre mon Parlement , j'ai résolu de prévenir le mal , usant de nouvelles défenses , et nonseulement d'écrire à la Cour, au sieur Le Jay, premier président, et à mes gens, comme il est accoutumé, mais à chacun de vous , présidents en Parlement, afin de vous expliquer mon sentiment et vous déclarer que je resterois offensé si, au-dessus de mes intentions , il étoit passé outre. Ce que je me promets de voire fidélité et affection, en cas que TafTaire s'engageât si avant, que la dignité de vos charges et le poids de vos raisons ne les arrétoient , ni la force de ma lettre , et ce qui leur sera dit par nos avocats et Procureur Général , que vous avec vos confrères vous lèveriez tout d'un temps, ce qui empêchera la continuation de cette délibératioui
w J'écris en ces mêmes termes à vos confrères, et je mande bien précisément ma volonté audit sieur Le Jay, laquelle je vous prie d'appuyer et de suivre. Ce que me promettant de votre fidélité et affection accoutumée , je prie Dieu qu'il vous ait , Monsieur le Président, en sa sainte garde*. Écrit à Étampes le 13* jour de mars 1631. »
Enfin le Roi écrivit encore, ainsi qu'il suit, au Grand Conseil sur la proposition faite de délibérer si ceux nommés par Sa Majesté pour servir en la cour des Aides, y devroieut aller, a Nos amés et féaux, ayant été averti qu'il y a eu quelques-uns de votre Compagnie qui ont osé avancer qu'il falloit délibérer si ceux d'entre vous que nous avons choisis pour nous aller servir à la cour des Aides, obéiroient à nos commande-
i. Collection Colbert, t. CCXIII, p. 121.
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ments, qui leur avoient été départis par notre très-cher et féal le sieur de Châteauneuf, garde de nos sceaux : de notre part, nous n'avons dû vous dissimuler le mécontentement que nous avons pris de cette proposition , laquelle est trop éloignée du devoir des officiers , ni en cette occasion manquer à notre autorité blessée d'une telle entreprise , sans vous défendre bien expressément la mettre plus en avant. C'est le sujet de celle-ci, qui vous sera rendue par nos amés et féaux avocats et Procureur Général, qui ont eu ordre tout exprès de vous exprimer notre indignation et s'opposer, par toutes voies, à la continuation de la résolution prise de délibérer sur cette affaire, que nous vous défendons sur peine d* encourir notre disgrâce*. » Cependant , le 1 5 mars , le parlement délibérant, toutes les Chambres assemblées , sur l'établissement des commissaires nommés par le Roi pour raison de l'exercice de sa justice des Aides, arrêta que trèshumbles remontrances seroient faites à Sa Majesté sur ledit établissement ; et , en même temps , sur l'interdiction de MM. Jacques de Chaulnes, Jean Turquant et François Thenin , conseillers du Roi et Maîtres des Requêtes ordinaires de l'hôtel. M. le président de Bellièvre et plusieurs conseillers furent députés pour faire lesdites remontrances.
DÉCLARATION CONTRE LES PERSONNES QUI ÉTOIENT SORTIES DC ROYAUME EN MÊME TEMPS QUE LE DUC d'oRLiSaNS. DIFFICULTÉS POUR L* ENREGISTREMENT AU PARLEMENT.
Le 4 avril , les gens du Roi eurent charge de pre* ^ Collection Colbcrt, t. CCXm, p. 122.
senter en la Cour' une déclaration de Sa Majesté, qui étoit accompagnée d'une lettre dont suit la teneur : « Nos amés et féaux , nous vous envoyons nos lettres patentes par lesquelles nous avons déclaré atteints et convaincus du crime de lèze-majesté, tous ceux de nos sujets, de quelle qualité et condition qu'ils soient, lesquels, pour leurs pernicieux conseils, pratiques et menées, ont porté notre très- cher et très-amé, frère unique le duc d'Orléans à se départir d'auprès de nous et sortir hors le royaume , tous ceux qui ont essayé de distraire nos sujets de l'obéissance qu'ils nous doivent, qui ont crié et levé des gens de guerre sans nos commissions, et qui sont encore à présent près la personne de notre dit frère, si, dans le temps porté par nos dites lettres, ils ne s'adressent à nous pour obtenir pardon. Â ces eau* ses, nous voulons, vous mandons et très-expressément enjoignons que icelles vous ayez à lire, publier, enregistrer et le contenu en icelles exécuter, et faire garder et observer, de point en point, selon leur forme et teneur. N'y faites donc faute, car tel est notre plaisir. Donné à Dijon", le 30* jour de mars 1631. »
La déclaration du Roi étoit contre le comte de Moret, les ducs d'Elbeuf, de Bellegarde et de Rouanez, le président LeCoigneux, le sieur de Puylaurens, Moussigot, MM. des comptes, le père Chanteloube et autres*, qui avoient trompé et donné, conseil à
i . M. Bazin dit par erreur que ce fut le 25 mars que cette déclaration fut portée au Parlement. (Hist, de Louis XIIJ^ p. 215.)
2. Le Roi s*était rendu d*abord à Orléans, puis en Bourgogne, pour obliger son frère à prendre un parti ; mais ce prince se réfugia alors en Lorraine, plutôt que de se réconcilier avec Louis XIII.