‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 38 sur 146 · Collection Colbert, t. CCXUI, p. i7i. i. Ibid., p. 2i · texte numérisé non relu

Collection Colbert, t. CCXUI, p. i7i. i. Ibid., p. 2i

pour très-préjudiciable à Tordre public, et Topiinion étant demeurée à M. Scaron, il pensa continuer le lendemain. Je reçus, en sortant du Palais, un nouvel avis de la part de M. de Bullion^ en ces teiTnes : « Monsieur, j'ai un extrême regret d'être au lit et de ne pouvoir aller moi-même vous dire de bouche ce que je vous écris par ce mot : qui est que M. de Bullion, ayant pris la peine de venir chez moi à cette heure , m*a parlé sur ce qui s'est passé au Parlement, et m'a dit qu'il appréhendoit que, demain, il ne fût arrêté qu'on exécutât l'arrêt qui avoit été donné : ce qui oflenseroit fort le Roi et qui mettroit les choses au pis; et qu'il croyoit que, la lettre patente étant envoyée , pourroit mettre remède à cela, et que même il vous en avoit hier écrit son avis, et qu'il vous conseilloit de ne vous point charger seul de ce retardement-là. Ce qui m'a donné sujet, comme votre très-humble serviteur, de mettre la main à la plume pour vous donner cet avis, afin que, par votre prudence, vous regardiez ce que vous avez à faire , et que si quelqu'un vous prie dilTérer cette affaire-là et qu'il arrivât que le Roi s'en fâchât, que pour le moins vous puissiez faire en sorte qu'on ne fasse point tomber le manquetnent sur vous seul. Vous' suppliant de croire que ce que je vous en mande, n'est que croyant y être obligé, comme étant votre très-humble et obéissant serviteur*.

w De Paris, le 10 décembre 1631 . Testd. »

i . Cet intendant des finances était fort dévoué au cardinal de Richelieu. Il fut nommé Tun des commissaires extraordinaires chargés de juger le maréchal de Marillac, et M. de Bullion fut, avec le chancelier Châteauneuf, du nombre des juges qui votèrent la peine de mort.

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