‹ Mémoires de Mathieu MoléChapitre 41 sur 146 · LETTRE DE MOL^ ▲ M. DE LA YILLE-AUX-CLEECS · texte numérisé non relu

LETTRE DE MOL^ ▲ M. DE LA YILLE-AUX-CLEECS

(c Monsieur, je vous donnai avis, dès le 9 de ce mois, comme j'avois reçu les lettres patentes portant défense de s'assembler, qUe j'avois différé de les présenter par résolution prise entre ceux que je vous nommois ; mais voyant que Ton avoit recommencé de s'assembler le mercredi 1 0 , et que ceux mêmes qui

i . Collection Colbert, t. CCXUI, p. i73.

DE MATHIEU MOLE. (1631.) i05

avoient été d'avis de différer croyoient à propos de n'attendre plus , je ne manquai pas , dès le jeudi matin, de satisfaire au commandement reçu. Et d'autant que Ton ne pouvoit présenter de telles lettres qu'en assemblant les Chambres , la matinée se passa à délibérer sur le contenu en icelles, et fut ordonné qu elles me seroient remises entre les mains. Et encore que cet arrêt soit extraordinaire , si néanmoins la compagnie eàt désisté pour quelque temps de s'assembler, c'eût été un effet du commandement reçu ; mais les assemblées ayant continué hier, j'ai cru être obligé de vous écrire, encore que je sçache que M. de Bullion ait déjà envoyé pour en donner avis. Il s'emploie ici très-soigneusement et je reçois beaucoup d'effets de son amitié : vous conjurant de m'honorer toujours de la vôtre, et vous assurant que je serai ^, etc. « Ce 12 décembre 1631 • »

LETTRE DE MOL^ A M.,

CI Monsieur, le voyage du Roi vers Metz nous ôte l'espérance de revoir bientôt Sa Majesté , puisqu'en ce quartier il y a tant de projets d'affaires qui peuvent avoir suite. Je vous prie de me tant obliger que de rendre les lettres ci-encloses, et d'autant que les assemblées du Parlement continuent^ contre les intentions du Roi, et que je recognois que chacun cherche sa décharge en particulier aux dépens de qui il appartiendra , je vous prie, si vous entendez quelque chose de mon procédé, de faire cognoitre que je vous en ai écrit la vérité. Je me tiens obligé aux avis que m'a

i. CollectionCoibertyt. CCXIII,p. 167.

i06 MÉMOIRE»

donn^ M, de Bullion, car j'eusse pu m'arréter aux résolutions premières san^ changer d'ordre pour apràs. Et aussi eût-on pu me faire porter révénemeiit, escore que mon action n'eût pas arrêté le cours du mal^ ji

LPTTILB DE MOli ▲ M..,.

« Monsieur, espérant le retour du Roi en ces quar* tiers, et ainsi le bonheur de tous Toir, j*ai dUCéré de vous écrire pour vous rendre mille actions de gr&ces de rhonneur que j'ai reçu de vous. Si les actions les plus innocentes peuvent toujours laisser quelque om^ bre, je ne doute point que vous ne me plaigniez un peu. Je me promets néanmoins que, par votre moyen, la candeur de mes intentions et la fidélité de mes ac* tions surpasseront enfin hi malice de ceux qui ne se plaisent qu'à donner de la défiance des autres. Souf* frez, s'il vous plaît , qu'au milieu de vos emplois publics, M. Ardier * vous dise le particulier de ce qui s'est passé depuis peu , et me croyez toujours votre , etc.

« Ce 1 2 décembre 1 631 • »

LITTRS DE MOL^ ▲ M. LB GABDB DBS SCEAUX.

<c Monseigneur, ensuite des lettres de cachet du Roi du 7 décembre, j'ai reçu ses lettres patentes par lesquelles il lui plaisoit défendre les assemblées des chambres de son Parlement et les remontrances par écrit. Et, suivant le commandement de Sa Ma-

i. La fin de cette lettre contient de nouveau le récit relatif aux lettres patentes portées au Parlement, le 1i décembre, et dan» les mêmes termes que dans le Narré ci-après, p. 109. (Collection Colbert, t. CCXIII, p. 166.)

2. Paul Ardier, président en la Chambre des Comptes de Paris, auteur de divers ouvrages. (ÇoUaot. Colbert, I. GGUU, p. IM.)

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j^slë, je l€s di présentées à k compagnie, qui a arrêté qa'alles me seroient rendues. Comme cette résolution est extraordinaire) aussi essayai- je d'eu apprendre les causes. En voulant continuer Pordre accoutumé des compagnies) on pouvoit satisfaire à la yolonte du Roi, qui étoit témoignée si expressément^ en diflférant pour quelque temps les assemblées ^ et se promettre d'obtenir en attendant ce que Ton pouvoit désirer.

m J*ai reçu le pouvoir donné à M. le comte de Soissonsy cela nous fait perdre l'espérance de revoir bientôt notre prince. Il préfère la gloire de la France et le repos de son État à tout autre contentement. Je o^eo peux recevoir aucun, que quand je serai honoré de vos commandements j auxquels j'obéirai avec coûte la fidélité désirée ^ Ce 12 décembre 1631. »

Le 13 décembre y toutes l^s chambres de la Cour ^'^assemblèrent ^ et l'on manda les audienciers com« cKBissaires de la chancellerie, les secrétaires du Roi et. Cbesnardy qui entrèrent dans la Chambre, Les au-» dienciers et secrétaires ont alors dit que Chesnard ■ii^'avoit pu venir à cause de son indisposition. M. le Premier Président leur a demandé si , au préjudice des défenses qui leur avoient été faites par la Cour^ ils avoient levé autres droits que les anciens sur les \ettres de la petite chancellerie. Us ont dit qu'en conséquence d'un arrêt du Conseil et d'une lettre de ^* le Garde des Sceaux ^ ils ont levé le nouveau droit ordonné par la déclaration du Roi du 1 6 octobre dernier. Eux retirés, la Cour ordonna que les arrêts ci-devant donnés sur le sujet de ladite

^' GoQ«ction Golbert, t. GGXm, p. 169.

i08 MÉMOIRES

augmentation du sceau seroient exécutés selon leur forme et teneur, et suivant iceux , fit itérative inhibitions et défense auxdits audienciers, conseillers secrétaires du Roi y et audit Chesnard taxer et lever sur les lettres de la petite chancellerie autres droits que les anciens j sous les peines portées par les arrêts des 24 novembre et V décembre derniers, et autres plus grandes s il y échet , et aux procureurs de ladite Cour et autres , payer pour le sceau de ses lettres autres que les anciens droits, sous les mêmes peines \

LKTTAB DE MOLi À M. DE LA TILLS-AUX-GLEECS.

c Monsieur, je recognois par ceUes que vous m'avez fait le bien de m' écrire le 12, que je viens de recevoir présentement, quels soins vous avez pris. Je vous ai depuis mandé , par lettres du 13, ce qui s*étoit passé sur le sujet des lettres patentes portant défense au Parlement de s'assembler. J*ai eu un extrême regret qu'en rendant au Roi l'obéissance qu'on lui doit, il n'y ait eu moyen de lui donner plus de sujet d'accorder ce qu'on lui peut justement demander. Les assemblées du Parlement ont continué jusquès à ce jour, sur le sujet des commissions et des conunissaires, comme aussi pour l'augmentation du sceau, et sont demeurées en leurs premiers arrêts, qui ont été signifiés. L'éloignement du Roi ne nous laisse guère d'espérance de voir bientôt la fin que l'on demande. Il semble que les afiaires qui se commencent emportent un long séjour. Si vous me donnez quelque part de ce qui se passe, je me tiendrai infiniment obligé

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