Collection Colbert, t. V, p
duquel nous parlâmes hier. Les nouvelles de Venise ne s'accordent guère avec la réponse du manifeste ; ils nous laisseront le publier, et se hâteront encore plus tôt de prendre Casai*. Le courage françois ne sçauroit survivre au séquestre : j'aimerois mieux mourir en défendant ce qui m'appartient justement, que de quitter les armes et vivre avec honte. Il y a tant d'aflaires importantes après la prise de celte ville rebelle , que je ne sçais quand on doit attendre la fin de ce siège. Je vous renvoie les deux lettres que j'ai fait écrire : ce qui vient de ces deux hommes mérite d'être conservé. Je vous prie d'envoyer celle-ci pour mon frère , afin qu'il la puisse recevoir sûrement*. C'est nouvelle peine que vous prendrez et augmenterez le nombre des obligations, étant votre', etc. »
i . Le cardinal de Richelieu , se tenant très-assuré des bonnes grâces de son maître, s'avança du côté de Lyon et pria le Roi de vouloir bien le suivre de près , à moins qu'il ne voulût se résoudre à voir Casai, ce grand ouvrage de sa gloire, tomber sous la puissance des Espagnols. {Mémoires de Bricnne, p. 50.) — Le duc de Rohan surveillait attentivement la marche de l'armée du Roi ; il espérait déjà que Louis XIII aurait des occupations pour longtemps et qu'il serait empêché de venir attaquer les protestants. (Voy. les Mémoires de Rohan, p. 408.)
Une lettre du Roi à M. de Montbazon, contenant le récit de la Délivrance de Casai et la retraite des Espagnols , fut publiée en i629, in-S**, ainsi que diverses Relations de la prise du passage de Suze.