Collection Colbert, t. VI, p
DE MATHIEU MOLE. (i63i.) 285
tendu mariage de Monsieur, et que les bruits qui ont couru de lui sont très-faux , qu'il en a baillé même un écrit signé de sa main au père Jacinthe , et que lui communiquant mes Mémoires il m'en dira ses sentiments et me les souscrira. Il souhaitoit pouvoir avoir Thonneur de vous voir pour vous rendre actions de grâces du bienfait qu'il a reçu de vous. M. des Roches lui en a porté de votre part le brevet , duquel il se tient très-obligé ; de sorte que s'il vous plait de commander à quel jour et à quelle heure il pourra recevoir cette faveur , il n'y manquera pas. Et s'il vous platt lors lui témoignei; que je vous ai rendu compte de ce qu'il m'avoit dit, et que vous avez bien agréable qu'il effectue ce qu'il m'a promis , ce sera le moyen assure de le faire souscrire à ce que vous désirez»
« Vous trouverez , ci-enclos , le Mémoire que vous m'avez commandé de dresser : il y a tant d'autres considérations pour soutenir ce qui a été fait , quHl ne faut pas être François pour en douter. Ce n'est pas que la considération de l'État ne doive prévaloir par-dessus tout, et ce que la nécessité des temps tire comme par force se répare après facilement ; et puisque ceux qui sont près de Monsieur le tiennent marié , comme on le sçait assurément, il semble qu'il soit nécessaire qu'ils communiquent les pièces justificatives du prétendu mariage, lesquelles ils doivent avoir en leur possession : sçavoir, le contrat de mariage , l'original de la dispense accordé par Tévêque de Toul, cardinal cfe Lorraine, et l'acte de la célébration d'icelui, et déclarer le lieu où il a été célébré, à quelle heure et quelles personnes y étoient présentes. Et d'autant c|i:i'ils feignent de douter et de rechercher des assu-
rances de conscience , il importe qu'ils déclarent d^ vant le fait comme il s*est passé, sur lequel il s-^ra trèsaisé de leur donner résolution , et les particularités qu'ils déclareront serviront à dresser Tacte qui doit être signé par Monsieur. Oserois-je, Monseigneur, vous Faire ressouvenir qu'il vous a plu me promettre le Recueil que vous avez dressé touchant le prétendu mariage de Monsieur, que je vous rendrai fidèlement sans le communiquer qu'avec votre permission. Je n'eusse pas manqué de vous en aller encore supplier et vous porter ce papier, si la crainte ne m'eût retenu, qui me rendroit quelquefois criminel vers vous, si vous n'entriez par la lumière de votre esprit jusques dans les pensées des hommes. Je me persuade, pour mon repos , que vous voyez dans les miennes le vif ressentiment que j'ai des signalés bienfaits reçus de vous, et qu'ayant dessein de me rendre tous les jours près de vous pour vous en témoigner mes ressentiments, comme j'y suis obligé, je n'en suis arrêté que par le respect qui vous est dû, et que je ne tiens bonheur égal à celui que je possède quand il se présente une occasion publique ou particulière qui me donne le moyen de vous rendre mes devoirs et de satbfaire à vos commandements, et que je me plains à moi^roéme de n'être pas digne d'en être honoré plus souvent , puisque je suis*, etc. Ce 3 novembre 1634. »
i. Collection Colbert, t. LXXXm, p. 344.
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LETTRES DU GARDINiX DE BICHELIEl] A MOLE.
Ëloge des Considérations sur la nullité du mariage da dnc d'Orléans , rédigées par Mole. — H fant poursuivre rigoureusement le procès commencé.
fc îloDsieur , j'ai reçu les Mémoires que vous m'avez nvoyésy que je juge très-importants \ Il faut attendre ? retour de ceux, que vous sçavez, qui sont allés à krlëans, pour prendre une résolution déterminée en stte affaire. Quant à M. du Val, je ne doute nullelenl qu'il ne soit dans les sentiments que vous me laodez; s'il désire venir ici, je serai bien aise de le oir, il n'aura qu'à aller trouver le prieur des Roches, iii l'amènera dans son carrosse à telle heure qu'il [>udra. Je n'ai pas présentement l'écrit que vous me emandez. Je suis, Monsieur, votre très-affectionné à yus rendre service '. Ruel , ce 5 novembre 1 634. »
ac Monsieur , j'ai été très-aise de voir ce que vous rex, fait en l'affaire dont vous m'avez écrit; mais >Eiiine ce n'est pas tout d'avoir commencé qui n'aleve, il faut, s'il vous plaît, que vous y fassiez ensuite ut ce que la rigueur des édits requiert. Au reste, vous ^ devez pas douter que le Roi n'autorise puissament Messieurs du Parlement, en l'exécution qu'ils ront de ceux qui oseront les violer, sans espérance 3 rimpunité, étant certain que Sa Majesté ne se relaiera à pardonner en ce genre à qui que ce puisse tre. Vous prendrez cette créance, et que je suis, [onsieur, votre*, etc. Ruel, ce 21 novembre 1634. »
i. Les Considérations ci-dessus, p. 214. S. Collection Colbert, t. LXXXHI, p. 343. 3. Collection Colbert, t. VI, p. 257.