Collection Golbert, t. CGXm, p. 240 et
des commandements, vint prendre sa place au Parlement, et présenta à la Cour des lettres de cachet du Roi. Ensuite, il a dit en ces termes : «Messieurs, le Roi m'a commandé de venir en cette compagnie pour lui témoigner le juste mécontentement de la désobéissance de Messieurs des Enquêtes. Il a été étonné qu'étant ses officiers et leur ayant défendu de sa propre bouche de s'assembler, ils aient fait des assemblées particulières et aient député pour demander l'assemblée des Chambres, et qu'en cette occasion, contre tout ce qui a été toujours pratiqué » vous. Messieurs, leur ayant, avec beaucoup de prudence, refusé, ils soient venus prendre leurs places sans avoir été mandés. Sa Majesté juge ce procédé contraire à son autorité et veut que vous. Messieurs, qui présidez en cette compagnie et y tenez les premières places , vous ayez à empêcher cette entreprise , et à vous opposer à toutes assemblées contre sa volonté. Et si aucuns de Messieurs venoient pour demander l'assemblée des Chambres, elle vous enjoint et ordonne de lui mander les noms de ceux qui entreront les premiers en ce lieu pour y prendre leurs places sans y avoir été mandés. Sadite Majesté sçait que l'on veut faire des propositions pour le retour de ceux qu'elle a jugé devoir être éloignés; elle m'a chargé de vous dire qu'elle ne veut qu'il se fasse nulle proposition que premièrement elle n'ait été obéie entièrement de la compagnie, et que les officiers créés par ses derniers édits aient été reçus*; et
1 . Le Parlement employa depuis le i 5 janvier jusqu'au 9 mars, à négocier auprès du Roi et des ministres , pour obtenir de faire retirer la plus grande partie des édits apportés par le Roi lors de son dernier lit de justice. Louis XIII persista à vouloir être obéi,
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lors elle avisera si le bien de ses afiaires le peut porter de les rappeler en la fonction de leurs charges et les rétablir en l'honneur et dignité dont ils ont usé aTec peu de respect en son endroit.
LE PABLEMETTT EST CONVOQU]é CHEZ LE CHAirCELnai.
LE NOMBRE DES OFFICES NOUVELLElfSNT CMÈÉS SBEA RÉDUIT.
Le 9 mars, M. le ChanceUer ayant envoyé au logis, je Tai été trouver, et il m'a dit : que l'intention du Roi étoit que , le lendemain , quelques-uns de Messieurs du Parlement s'assemblassent en son logis pour sça- Toir l'état de raffaire du Parlement et d'où provenoit la demeure de l'exécution de l'édit de création des vingt-quatre offices', du 20 décembre dernier; quelles étoient les raisons des uns et des autres^ et chercher les moyens d'y mettre (in. Et me demandant par
et le Parlement à ne pas enregistrer les édits. — La Gaiette do temps ne mentionne pas cette contention avec le Parlement ; elle nous apprend, au contraire, que ce jour-là fut ouvert au public et parut le piédestal de la figure de bronze représentant Henri le Grand, élevé au milieu d'une prodigieuse masse de pierres na* guère jetées dans la livière au milieu du Pont-Neuf, les guerres étrangères n'empêchant pas le soin que prend Sa lliyesté pour rendre à la glorieuse mémoire de soki père les honneurs dus à on si grand monarque.
1 . Richelieii prétend que le Parlement s'était emporté eoiitre le Roi à l'occasion de cet édit, prenant occasion des maoTait suooèt des armes du Roi ; que s'il avait oublié ce qu'il était, le Eoi n*oiiblia pas qu'il était leur. maître , et qu'ils obligèrent le Roi à interdire quelques-uns d'entre eux; mais qu'après avoir obéiy le Roi leur pardonna. {Mémoires, p. 227.) Richelieu ne dit pas un mot de la concession qui fut alors faite par le Roi k son Parlement, ainsi que le démontrent les Mémoires de Moié et les édits gistrés.
quel moyen on feroit sçavoir cette volonté du Roi , je lui dis qu'il y en avoit deux : ou par les huissiers du conseil qui seroient envoyés es maisons de ceux que le Roi entendroit s'y trouver, ou que je le fisse entendre à la compagnie. Il lui plut de choisir que par moi la compagnie fût avertie. Et néanmoins cet ordre a été depuis changé , et les huissiers ont été au logis de MM. les Présidents, et donner ordre à M. le Premier Président d'avertir quatre de Messieurs de la Grand'Chambre , le président des Enquêtes, deux des anciens des Enquêtes et nous trois.
Lundi au matin, M. le Premier Président a fait entendre l'ordre qu'il avoit reçu et ce qu'il étoit à propos de faire : et les trois Chambres assemblées^ a été arrêté que ceux qui avoient été mandés par M. le Chancelier se trouveroient chez lui pour y entendre la volonté du Roi.
M. le Chancelier ayant eu avis qu'il n'y s^uroit que les mandés , se doutant que M. le Premier Président n'avertiroit personne, a envoyé les huissiers du conseil chez chacun en particulier. Et sur les deux heures, étant arrivé en la salle basse, chez M. le Chancelier, qui étoit préparée , y ayant une table du long de la salle et des chaires des deux côtés jusques à vingt ou vingt-deux , M. le Chancelier est descendu seul et a témoigné que quelques-uns de iMessieurs du Conseil étoient en haut, qui fussent descendus avec lui s'il n'eût appris la difficulté que Ton faisoit. M. le Premier Président lui a dit : que l'on se trouvoit chez lui par son ordre, pour conférer avec lui, non avec d'autres; qu'étant Chancelier, il étoit le premier du Parlement; que l'on recognoissoit sa personne et
son autorité) non de Messieurs du ConseQ avec lui, qui ne pouvoient assister avec eux, étant inouï que Messieurs du Parlement fussent mandés pour venir au Conseil. M. le Chancelier prévoyant que cette difficulté arréteroit l'eflet de la volonté du Roi j a pris sa place d'un côté, mettant à sa gauche le second Président et ainsi de suite. De Tautre côté de la table, vis-a-vis de hii étoit M. le Premier Président, le troisième Président et ainsi des autres. Au bout de la table, la chaire de préséance du Roi étoit : et tous Messieurs ayant, selon son rang , pris place , MM. les avocats du Roi et moi fûmes assis sur trois sièges , non de long mais de travers, fermant le bout d'en bas. Si ce fikt été Conseil du Roi, il n'eût pas été juste d'être assis après ceux qui n'ont pas l'honneur d'en être.
M. le Chancelier commença à parler de Tétat des affaires du Roi, qui s' étant promis secours notable par la création de conseillers, ne pouvoit plus souf^ frir de demeure en la vérification de l'édit , et qu'il lui avoit donné charge de nous assembler pour apprendre ce qui s'y étoit passé et la cause pour laqudle on ne passoit outre à la réception des officiers*
M. le Premier Président fit un long narré des allées < et venues chez M. le Cardinal, et des paroles qu'il avoit . données pour le retour de Messieurs absents, pour la . pâlotte et pour la réduction du nombre. M. Boulenger, président aux Enquêtes, a pris la parole et proposé ' l'intérêt des Enquêtes , qui se trouvoient en plus grand nombre en chacune Chambre que la Grand - Chambre, contre l'institution du Parlement, et qu'en ce faisant, il étoit à propos que quelques-uns des Enquêtes montassent en la Grand'Chambre.
DE MATfflEU MOLE. (1636.) 337
M. Maller^ président aux Requêtes ^ a représenté que les deui chambres des Requêtes ^ es créations, n'avoient été considérées que comine une seule, qu'Us se trouvoient surchargés des quatre qui y dévoient être.
M. le Chancelier, enfin , a dit : qu'il avoit reçu commandement du Roi de faire entendre à la compagnie qu'il étoit temps que les Chambres , qui avoient discontinué le travail et n'avoient point rendu la justice aux sujets de Sa Majesté , s'acquittassent de leur devoir; que c'étoit une faute qui ne recevoit point d'excuse; que ce faisant les vingt-quatre seroient réduits à dix-sept et deux monteroient en la Grand'- Chambre; que le Roi en donneroit, dès le lendemain, la déclaration de sa volonté, et vouloit qu'elle fût délibérée aussitôt, et être mieux obéi à l'avenir, afin que cette compagnie, qui avoit beaucoup d'avantages pardessus les autres, témoignât aux occasions sa fidélité accoutumée. Chacun se sépara.
Le lendemain , 1 0 mars , nous reçûmes du Roi la lettre de cachet suivante : u Notre amé et féal, nous vous envoyons nos lettres patentes en forme d'édit, accompagnées de nos lettres closes à notre cour de Parlement, que vous leur présenterez, par lesquelles nous avons réduit le nombre des vingt-quatre conseillers ci-devant créés par notre édit du mois de décembre dernier, et icelui modéré et limité à dixsept seulement. Et d'autant que cette réduction est la plus forte que nous pouvions faire à présent , aussi éprouvent-ils par là les effets de notre bonne volonté, qui s'étend autant que la nécessité présente de nos affaires le peut permettre. A ces causes, nous voulons, II 22
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commandons et ordonnons que , toutes affaires cessantes 9 vous ayez à présenter à notredite Cour notre dernier édit et en requérir et poursuivre, toutes les Chambres assemblées, Tenregistrement sans aucune modification ni difficulté , et teniez la main à ce qu'il soit observé selon sa forme et teneur. Si n'y faites faute, car tel est notre plaisir. Donné à Saint-Germain en Laye, le 10* jour de mars 1636. »
Le mardi 1 1 mars , nous avons présenté à la Cour cet édit de réduction et suppression pour être délibéré les Chambres assemblées, ce qui a été remis au lendemain mercredi 12. Et cedit jour, M. le Premier Président a fait rapport , les trois Chambres assemblée» seulement, de ce qui s'étoit passé chez M. le Chance— lier; et au lieu de vérifier ledit édif, il a été arrêté que^ la Grand'Chambre, de soi-même, voulant témoigner* l'obéissance au Roi , aussitôt qu'elle a sçu son inten — tidn que deux des Enquêtes montassent en la Grand' — Chambre , qu'ils seroient présentement vendiqués, e-^ aussi que l'édit en cette clause seroit réformé. Ce qiB^ i a été exécuté, et les sieurs Lenain et Ferrand ont pri ^ séance en la Grand'Chambre , ce qui a été cause qu. ^ l'édit a été réformé , d'autant que l'une des claus^=-^ étoit exécutée.
La Cour vérifia donc la déclaration du Roi telB < qu'elle avoit été modifiée, et dont suit la teneur de ■- -> dernière rédaction :
« Louis , etc. Les grandes et extraordinaires dispenses que nous sommes obligés de faire pour 9' solde et entretènement de plusieurs armées que noa^^^ avons sur pied , pour conserver la grandeur de cet<^ couronne contre les effets de nos ennemis, nous aya.^^^
DE MATBIEU MQLÉ. (1636.) ^^9
ODtraUit de recourir à (liyers moyj^ps, nous auriops d% naguère plusieurs é^jijts, par Tun desquels, du lois de décembre dernier, no^s aupio^s entjre aql^res [foses créés en titre d'office formé, tin président en otre cour de Pa;*len[ient, dix conseiUers clerQs et dix ^nseillers laïques pour être départis aux^^tes cl^f^n^res es Enquêtes, et quatre conseiUf^rs comn;iissaires aux equétesdu Palais, espér^At de la vente d'içeu^ ujq otable service dans \pL itéc^ité de no^ affaires, itlais 3UX de notredite Cour nou^ f^J^^ trè^-humbl^ent ippllé de réduire ce |;rand npmbre d'officiers, qui ur étoit grandement pr;éj.udiciabj(e pour plusieurs lisons qu'ils nous opt fa^t entei^drje , et que 1# public léme seroit beaucoup ^çu^i^^é 3'il nous plaisoit le ipdérer, et ayant égard |i l'affection que l/es officiers e notre Cour ont toujours fait paro^tre au bien de ît État, et à l'obéissance qu'ils ont témoignée YQuloir ^ndre à nos volontés, ayant déjà reçu et installé uelques-uns 4es officiers nouvellement cré^js : pour ur faire cognoitre la sfitisfaction que nous avons de ur conduite et combien nous sommes portés à leur lulagement , nous avons mieux aimé leur rendre ce fmoignage de notre bonne volonté, à la prière 'aucuns de nos plus spéciaux seryiteurs, de leur iminuer ce grand npmbre, que de désirer d'eux par a absolu pouvoir l'entière exécution de notredit lit. Â ces causes et autres grandes considérations à 3 nous mouvans, de l'avis de not^e Conseil, et de otre grâce spéciale, pleine puissance et autorité >yale, nous avons par cestui notre présent édit ,perétuel et irrévocable, dit , voulu et ordonné , disons , 3ulons, et ordonnons et nous plait que le nombre
de vingt-quatre conseillers créés par notredit édit, soit et demeure limité et réglé au nombre de dix-sept seulement , auquel nous l'avons modéré et diminué, sans qu'il puisse être augmenté à l'avenir, pour quelque cause et occasion que ce soit. Et pour cet effet, nous avons éteint et supprimé, éteignons et supprimons par ces présentes, les sept offices de conseillersB restants : sçavoir, trois clercs et quatre laïques, sans qu'ils puissent jamais être rétablis; voulons que ladite création de vingt-quatre conseillers ne soit réputée et estimée que de dix-sept seulement; voulons aussi que le nombre des conseillers laïques qui n'a été à la Grand'Chambre que de seize, soit dorénavant augmenté jusques à dix-huit, et ce faisant que les sieun Lenain et Ferrand, conseillers en notredite G>ar, qui sont montés suivant notre volonté en la Grand - Chambre comme les plus anciens des Enquêtes, soient et demeurent en ladite Grand'Chambre, et que changement arrivant de l'un desdits dix -huit conseillers laïques par vacation, résignation ou autrement, celui des conseillers laïques des Enquêtes qui sera le premier montant en la Grand'Chanibre par l'ordre du tableau, y soit vendiqué, en sorte que le nombre de dix -huit y demeure ci-après complet , à la décharge desdites chambres des Enquêtes; déclarons en outre que, par le présent édit) nous n'avons entendu déroger à notredit édit do mois de décembre dernier que pour le regard dtt nombre des sept conseillers supprimés, le surplus d'icelui demeurant en sa force et vertu pour être exécuté selon sa forme et teneur. Si donnons eu mandement à nos amés et féaux les gens tenant notre
our de Parlement à Paris, que ces présentes ils aient faire lire, publier et registrer et icelles exécuter selon îur forme et teneur, car tel est notre plaisir. Donné
Saint-Germain en Laye, au mois de mars 1636^ t de notre règne le 26". »
Le jeudi 1 3 , ayant reçu ordre de M. le Chancelier e lui rendre Tédit, il m'a été rapporté, ce jourd'hui 1 4, ue je Tai porté à la Cour pour être délibéré , toutes afires cessantes : et les Chambres ayant été assemblées, édit a été vérifié purement et simplement , et arrêté ue j'irois trouver M. le Chancelier pour le prier, de la art de la Cour, de faire en sorte que les ordres néessaires pour le retour de Messieurs absents fussent u plus tôt exécutés. Et j'ai été mandé les Chambres ssemblées, et par M. le Premier Président la résoluion nous a été dite. Sur le midi , M. Bignon et moi vons été chez M. le Chancelier et exposé la charge [ue nous avions; et s'en allant, l'après - dîner , à {ue\ voir M. le Cardinal, au retour, sur les huit leures du soir, a envoyé au logis et m'a dit la réponse >our la faire entendre à la compagnie.
Le samedi 16, après avoir communiqué avec M. le ^remier Président, venu au greffe dans le petit ca- )inet, nous sommes entrés à la Cour et dit : que nous ivions satisfait à Tordre donné, le jour d'hier, et que [uand les Chambres seroient assemblées nous dirions e particulier. Et un peu après, les Chambres étant issemblées, nous avons été avertis par le greffier îuyet et avons dit :
Que suivant Tordre qu'il avoit plu à la Cour de nous lonner, nous avions été trouver M. le Chancelier et ui avions dit la résolution prise sur Tédit de reduc-
3i2 MÉMOIRES
tion des offices créés; qu'il avoit été vérifié sans aucune modification et arrêté que nous le viendrions prier de contribuer ce qui seroit en son pouvoir, pour faire en sorte que les ordres nécessaires pour le retour de Messieurs absents fiissent au plus tôt exécutés. Il nous a témoigné son sentiment de Thonneur qu'il recevoit, et qu'il n'auroit jamais rien plus agréable que de rendre à la Cour tous les offices et services qu'elle pourroit désirer, et principalement en a&e occasion si favorable. Que s'il se pouvoit ajouter quelque cbose aux assurances devant données, qu'il nous pouvoit encore dire que le retour étoit résolu et qu'il n'y auroit aucune demeure en l'exécution. Qiie le Roi étoit satisfait de ce qui s'étoit passé en la compagnie, qu'il lui avoit commandé de fahre publier la déclaration touchant le droit annuel, ce qu*il feroit au premier jour. Mais qu'il se promettoit aussi que, puisque l'on avoit demandé faveur au Roi et qu'A Tavoit accordée, que l'on se porteroit aussi à en aBer rendre très-humble actions de grâces au Roi, et que le plus tôt seroit le meilleur, que l'audience seroit assurée pour lundi. C'est ce qu'il nous a donné charge de dire à la compagnie. A l'instant, M. le Premier Président' a dit que c'étoit assez, et que les mêmes députés qui ont été ci-devant se trouveroient à l'heure qui sera donnée. Ce que la compagnie a approuvé et s'est séparée.
Ainsi les esprits qui sont demeurés longtemps divi-
i . Le premier président Le Jai reçut le 22 mars une marque de satisfaction du Roi. Louis XIII lui remit de sa main le cordoo bleu. (Gazette, p. 208.)
ses se sont calmés et Messieurs ont recommença leur travail dans les Chambres \
LETTRE DU ROI A MOUf.
Déclaration contre les blasphémateurs, les brelandiers et yagabondf .
(c Notre amé et féal, le désir que nous avons toujours eu de voir rétablir la vraie piété en notre règne, nous ayant porté à faire de nouveau expédier nos lettres de déclaration contre les blasphémateurs , nous- voulons et vous mandons que vous ayez à les présenter en notre cour de Parlement*, et à en requérir et poursuivre instamment la publication et enregistrement, selon leur forme et teneur ; comme aussi nous vous chargeons de tenir soigneusement la main à l'observation du contenu en icelles, et à la punition et châtiment exemplaire de ceux qui y contreviendront, ensemble à l'observation des ordonnances et règlements contre les brelans, cabarets et vagabonds, lesquels vagabonds nous voulons être envoyés en nos galères',
i. Collection Colbert, t. CCXHI, p. 244, 246, 248.— Cette grave contention n'est mentionnée, dans la Gazette de Renaudot, p. 179, que par l'annonce de la réduction du nombre des ccms^eil» 1ers, de vingt-quatre à dix-sept. (Voy. aussi p. 247.)
2. Les lettres du Roi au Parlement, sur le même sujet, furent présentées par le Procureur Général pendant l'audience du vendredi 16 mai. A cette occasion, Mathieu Mole fut interpellé sur les poursuites qu'il avait ordonné de faire contre les auteurs d'une sédition qui avait eu lieu dans le palais peu de jours auparavant. Le Procureur Général répondit que les témoins refusaient de déposer, et qu'il était nécessaii-e de publier une monition pour les y contraindre.
3. La sûreté des habitants de la ville de Paris parait avoir éîé fort compromise pendant les années 1633 à 1636 , si on s'en rapporte aux registres du Parlement et aux nombreuses lettres pa-
suivant nos ordonnances , dans le besoin que nous avons de chiourmes dans celles que nous avons fait faire de nouveau , et tiendrez soigneusement averti notre très-cher et féal Chancelier du bon devoir dont il y sera usé, pour nous en informer de temps en temps, ainsi que nous le lui avons commandé. Si n'y faites faute, car tel est notre plaisir ^ Donné à Chantilly, le 5* jour de mai 1636. »
LETTRE DU ROI A MOLlî.
Recommandations en fayenr des comédiens dn Roi.
<c Monsieur Mole , mes comédiens m'ont fait entendre le trouble que le syndic des libraires de Paris
tentes du Roi relatives aux vagabonds, pauvres et mendiants qui habitaient cette ville. En efTet, le 16 mai 1633, pour remédier aux désordres et voleries, le Roi ordonna au prévôt de faire faire par les bourgeois des corps de garde aux endroits nécessaires , et an lieutenant civil d'exécuter les ordonnances du 19 mai précédent , relatives aux gens sans aveu. Le 2 septembre de la méoie année, le Procureur Général ayant reconnu que les mendiants valides et vagabonds, qui avaient dû quitter Paris depuis longtemps, y étaient encore, présenta requête au Parlement pour faire ordonner piar la Cour que, faute de sortir de la ville dans trois jouraf, ils seraient attachés à la chaîne pour être conduits là où le Roi trouverait bon de les employer. Ces mesures ne furent pas d'une très-grande efficacité) et le Parlement enregistra encore, le 11 février 1634, un très-long et très-sévère règlement de police contre cette même classe de malheureux , dont on ne pouvait purger la ville capitale. La lettre du Roi, que l'on vient de lire, pourrait faire croire que cette mesure ne produisit pas non plus de très-bons résultats. Divers récits de la Gazette de Renandot , p. 13i> paraissent le confirmer, ainsi que les registres du Parlement dn 20 mai 1636 , où se trouve la relation des querelles des domestiques du comte de Soissons avec les lieutenants civil et criminel, et le combat qui s'ensuivit dans les rues.