‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de France (volume 4)Chapitre 21 sur 81 · AUX MÉMOIRES DE MATHIEU MOLE · texte numérisé non relu

AUX MÉMOIRES DE MATHIEU MOLE

miar pae li eoi louis xtii di sa campagne de loeeaiive (1 633). —

DE L'ENTEETirE A GHAEMES DES CAEDIllÀUX DE LOEEAINE ET DE

EICHXLISn. DU EETOUE DE MONSIEUE , FEÉEE DU EOI , E!V FEANCE

(i634). DES StiOES DE COEBIE (1636); DE GOUOUEE ET DE

PEEPICNAH {i 642).

D*aprèt le maoïucrit autographe. (Voy. Mémoiru de ÊfoU^ t. II, p. 479, i87y 388, 363, 367, et Notice sur les manuscrits y p. uux.)

CAMPACNE DE LOEEAIirB (1663).

Dq camp de Manière.

Nous tonjmes campes à une heure des ennemis, qui se tiennent clos et couverts dans leur camp , auquel ils sont très-bien retranchés, avec quatre grands forts aux quatre principales avenues. Nos espions rapportent que la nécessité des vivres y est grande, le pot de vin y valant huit livres barrob et le pain six sols la livre; ils n'ont point de fourrage pour leur^ chevaux, qui se montent à douze mille chevaux de bagage. Deux régiments, Tun d'Italiens et Fautre d'Allemands, se battirent pour du fourrage et en demeura cinquante hommes sur la place. On ne croit pas qu'ils puissent subsister longtemps dans leur camp.

Le château de Moyen-Vie est assiégé depuis cinq jours. Nouvelles viennent de venir qu'il capitule. Nous y avons perdu le major de Normandie et un capitaine de

Vaubecourt. 11 arriva, hier, dans notre camp, un convoi de vivres pour seize jours, conduit par te sieur de Fontenay-Mareuil, maréchal de camp.

Du camp de Saint-Dizier * .

Le Roi arriva ici en très-bonne santé ; il fit en venant de Yitry la revue de la noblesse d'Anjou, du Maine, Cotentin, Auxerrois, Vexin, Montargis, Gien et Châteauneuf en Timerais, laquelle se monte à mille chevaux fort bons; nous attendons demain celle de Touraine, Orléans, Chartres et Bas-Poitou, laquelle toute ensemble se monte à neuf cents chevaux, qui se joindront diman* che au Roi. Il y a avec M. de Vaubecourt celle du Haut- Poitou, d'Auvergne et Bourgogne, qui se monte à dixhuit cents chevaux ; outre ce que dessus, nous avons trois mille chevaux de compagnies réglées, lesquels sont trèsbons , et quatorze mille hommes de pied ; outre encore ce que dessus, on attend, dans quatre jours, la noblesse de Limousin, Berry et la Marche. Il vient d'arriver nouvelles que les douze mille Suisses seront à Langres ^ le 26 de ce mois, et qu'ils sont proche de Dijon.

Du camp devant Nancy.

Le Roi ne se contente pas d'avoir reconnu les postes avantageux à son armée autour de Nancy ; il a voulu tracer lui-même tous les forts et les lignes de la circonvallation de son camp, et, pour cet effet, il y a deux jours qu'il sort dès les cinq heures du matin de son quartier et n'y rentre qu'à la nuit fermante. Ceux de la ville commencent à tirer quelques mousquetades à ceuK

\ . Le Roi était parti de Château-Thierry^ avait pataé par Châlons, et arriva à Saint-Diûer le 23 août. [Mémoires de Biehelieu, t. VII, p. 415.) Le Roi était arrivé le :28 août à Pont-à<-Mou«8oo.

qui s'approchent de trop près de leurs murailles, et méine ont blesse quelques soldats du Roi.

La nuit passée, 6 septembre , il y eut grande alarme dans la ville, d'où les assiégés tirèrent quantité de mousquetades. Ce qui obligea tous nos quartiers à se tenir en armes une bonne partie de la nuit.

Le cardinal de Lorraine (qui étoit parti d'ici, dimanche dernier, pour retourner trouver son frère ) , est revenu ce matin 7. Cet après-diner, il a été deux heures enfermé avec Sa Majesté et M. le Cardinal. Sur quoi Y ou ne peut encore rien assurer de la paix ou de la guerre, cela étant encore incertain.

Le Roi sépara ici les quartiers. Le quartier du Roi , où commande, sous Sa Majesté, le maréchal de la Force, qui fait les lignes et forts depuis la Malegrange jusques i l'hôpital; M. de Saint-Chaumont , depuis la Malegrange jusques à la rivière , vers Doubline ; M. de Yaubecourt, depuis l'hôpital jusques à un village appelé Lachon, où est son quartier; M. d'Arpajon, depuis Lachon, sur le haut des montagnes, jusques au-dessus de Maxeville ; M. de Nesle, depuis au-dessus de Maxeville, son quartier, jusques proche Champigneule , où commence le quartier de M. de Ch&telier-Barlot, qui va jusques au bord de la rivière, au-dessous de Nancy, où de l'autre côté commence le travail de M. le marquis d*Alluy, qui va sur la montagne au-dessus de Saint-Max, où est celui de M. du Halier, qui achève la montagne ; puis, M. le marquis de la Force, depuis le pied de la montagne jusques au bord de la rivière, proche Doubline, où se fait le pont de bateaux. Toute cette circon* Tallation peut avoir quatre lieues de tour, et espère-t-on que, dans trois semaines, pour le plus tard, tout sera

achevé. Il y a tous les jours six mille soldats au travail, et, de plusy le Roi a envoyé quérir huit cents Bicelois ' et quatre cents vignerons sur la rivière d'Aube^ qui sont excellents pour remuer la terre. Il nous arrive tous les jours des troupes nouvelles, et croit-on que, dans quinse jours, Tarmée sera composée de trente mille hommes et de quatre mille chevaux '.

RELATION TE^-PA&TICULtiBB

De ce qai s'est passé depuis <pie le Cardinal-Doc est arriTé à GbamMi pour u>aiter avec M. de Lorraine , jttscpiet à rentrée da Roi dana la yiUe de Nancy. (Voy. Mém. de Moié, t. II, p. 187.)

Le Cardinal-Duc arriva à Œarmes à cinq heures du soir , attendit le duc de Lorraine jusques à neuf heoijes du soir ' ; voyant qu'il ne venoit point et qu'il n'en avoit nulles nouvelles, il se coucha et s'endormit.

Sur les onze heures , le duc arriva , accompagné de vingt gentilshommes, et vint mettre pied à terre au iogb du Cardinal-Duc, lequel dormoit il y avoit deux heures; ses gens le voulant éveiller, ledit duc de Lorraine ne le voulut jamais permettre. Ce que sçachant , le lendemain 1 9 octobre, le Cardinal-Duc se fâcha de quoi on ne l'avoit éveillé, et incontinent alla voir ledit duc, sur les sept heures du matin ; lequel il trouva endormi et ne voulut permettre qu'on l'éveillât, et il s'en alla entendre là messe. £n sortant de l'église, il trouva ledit Duc, où ils

1 . Probablement des ouvriers des Riceys, triple boor^de de Tancieniie Champagne, comprise aujourd'hui dans le département de l'Aube, et n» tuée au milieu d'un vignoble important.

2. Le cardinal de Lorraine envoya ordre an marquis de Mooy d*<MH vrir les portes de Nancy, et les troupes du Roi entrèrent dans oetia ville le 24 septembre, l^ Roi y fit son entrée le lendemain. {Mimoinê d$ Michelieu^ t. VII, p. 445.)

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