‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 146 sur 167 · AGRANDISSEMENTS DIT PALAIS DE JUSTICE. LETTRES DU BOI A MOLE · texte numérisé non relu

AGRANDISSEMENTS DIT PALAIS DE JUSTICE. LETTRES DU BOI A MOLE

Au mois [de juillet dernier, j'avois reçu les lettres suivantes , relatives à l'agrandissement du Palais : a Notre amé et féal, nous avons ci-devant fait expédier nos lettres patentes, adressantes à notre cour de Parlement, sur les propositions qui nous ont été faites de faire une nouvelle sortie de la cour de notre Palais^ sur la rivière, vis-à-vis du pont qui va sur le quai de la Mégisserie, et de construire quelques maisons, tant pour la décoration de notiedit palais et pour la commo-

\. Collection Colbert, t. CXXXIX, p. 226.

2. Déjà, en l'année 1638, le Parlement avait faif exécuter de grandes réparations aux bâtiments de la cour des Aides, au-dessus de la galerie des Merciers. Les bâtiments étaient découverts au mois de février de cette année, et les eaux causaient de grands dégâts. (Voy. les registres de cette Cour.)

dilé publique, que pour l'augmentation du revenu de notre domaine; et ayant appris par notre amé et féal le sieur Lucas, notre conseiller et secrétaire ordinaire de notre cabinet, que nous avons chargé de la poursuite de cette affaire , que lesdites lettres n'ont encore été présentées à notredite Cour, nous avons bien voulu vous faire cette lettre, pour vous dire que vous ayez à présenter^ sans aucun délai ni remise, lesdites lettres à notredite cour de Parlement, et à faire toutes les réquisitions et diligences nécessaires pour l'enregistrement et l'exécution d'icelles, vous recommandant de vous y employer avec votre zèle et affection accoutumés, comme en chose que nous avons à cœur. N'y faites donc faute, car tel est notre plaisir. Donné à Donchery, le 29 juillet 1639. »

« Monsieur Mole , vous avez pu être assez amplement informé de mon intention touchant l'affaire du Palais, tant par mes lettres patentes que par celles de cachet à vous adressantes sur ce sujet, pour croire que vous y eussiez apporté la diligence requise : ce que n'ayant encore fait, je vous écris la présente de ma main, pour vous dire que mon intention étant pleine de justice, ne voulant que cette affaire se commence avant que tous ceux qui peuvent y avoir intérêt soient remboursés , comme il est porté par mesdites lettres, et suivant les ordres que j'en ai donné, après l'estimation faite de l'intérêt d'un chacun, dans les formes, je désire aussi , qu'avant les vacations , vous ayez à présenter mesdites lettres à ceux de mon Parlement, pour examiner cette affaire, et suivant la justice d'icelle , la commodité du public et mon intérêt , y

agir selon le devoir de votre charge , sans aucune remise : ce que me promettant , je prie Dieu vous avoir, Monsieur Mole, en sa sainte garde. Écrit à Mouzon, le ir jour d'août 1639. »

« Monsieur, je crains que le Roi ne trouve à redire que vous n'ayez pas encore présenté au Parlement les lettres patentes que je vous ai adressées par son commandement , Sa Majesté ne doutant pas que , s'il se rencontre quelques difficultés en l'exécution du contenu en icelles , touchant les nouveaux bâtiments et accommodements qu'elle a résolu de faire faire dans le Palais, ces Messieurs ne manqueront pas d'en donner avis à Sa Majesté et de lui en faire cognoitre l'importance. C'est, ce me semble, un moyen fort innocent pour contenter le Roi et vous décharger de la plainte que Sa Majesté auroit sujet de faire de vous si vous ne satisfaisiez à ce qu'elle vous a ordonné en ce rencontre , puisque ce sera , par après , à Sa Majesté à prendre les résolutions conformes à ce qu'elle estimera être de son service, dont vous et moi serons quittes, ayant fait ce qui aura dépendu de nous. C'est ce que peut dire à ce sujet votre , etc. De Langres, ce 26 août 1639.

(( De Noyers. »

« Louis, etc., à nos amés et féaux conseillers, les gens tenant notre cour de Parlement à Paris, salut. Sur les propositions qui nous ont été faites, par divers architectes et entrepreneurs d'ouvrages de notre bonne ville de Paris, de faire construire une nouvelle sortie de la cour de notre Palais, passant dessous la grande salle et la cour des Pairs, dont

DE MATHIEU MOLE. (1639.) 45b

Touverlure et issue sera sur le quai, qui est à l'opposite du Pont-au-Change , afin de dégager la grande cour de notredit Palais, où nos sujets reçoivent de très-grandes incommodités, à cause de l'abord des carrosses et chevaux , et donner la commodité de la rivière à ceux qui sont logés à notredit Palais, et y être très-utile en cas d'accident de feu ; et de construire en outre, dans ledit passage , un nouveau bâtiment, depuis la cour joignant la conciergerie jusques au perron royal servant à monter à la grande salle , de seize toises et demie de long sur la largeur qui se tîouvera à présent, depuis le dehors des barrières établies de tout temps au-devant des boutiques et échoppes, jusques au nu du mur de notre grande salle, dont la hauteur, tant de la maçonnerie que combles dudit bâtiment , ne pourra excéder l'imposte des arcades de ladite salle; et sera sans aucune cheminée, afin de conserver les jours et croisées de ladite salle, suivant le dessin qui nous en a été présenté, qui peut, étant bien exécuté, conférer beaucoup à l'œuvre et décoration de notre Palais, et non moins de sûreté contre le feu; où étant quantité de petites échoppes et boutiques auxquelles y a cheminées qui, en outre, incommodent le Palais et tombent à présent en ruine, à condition de dédommager les propriétaires desdites boutiques et échoppes de la valeur d'icelles, suivant l'estimation qui en sera faite par ceux qui seront par nous pour ce commis, au lieu d'icelles, et dans ledit bâtiment, il sera fait plusieurs boutiques et logements voûtés de pierre de taille, comme la galerie des Merciers, de la vente desquels nous pourrons aussi tirer quelques secours pour

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