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majesté. Je sçais assez les ordres qu'il y faut suivre et dont on ne peut se dispenser qu'avec diminution des dioils de la couronne. Nos respects veis Rome nous font souffrir pour quelque temps , mais enfin ces ordres se conserveront inviolablement, et moi la volonté d'être toujours votre , etc. Ce samedi, sept heures. « M. votre frère trouvera ici mes recommandations affectionnées : toute la compagnie vous salue. »
« Monsieur, j'ai vu la protestation pour Pologne*: c'est un exemple pour l'Espagne touchant le Portugal^; mais il semble qu'en l'esprit oii est Rome, on
dot depuis t632, dont l'étendue augmentait tous les ans, d'abord j)ar des numéros extraordinaires , ensuite en doublant le nombre des pages de chacun de ses numéros. Cette création de Gazette excita quelques orages, surtout du côté de la Hollande, qui avait jusque-là le privilège de fournir à la France les nouvelles imprimées. La Gazette fut vivement attaquée dans un pamphlet auquel elle répondit par un de ses numéros de l'année 1638, p. 441. A partir de cette époque, la Gazette ne donna plus habituellement que des nouvelles succinctes des événements contemporains , et Renaudot réserva pour le Mercure franrois les relations plus étendues. Le feuillet imprimé joint aux Mémoires de Mole , et dont nous avons parlé à la note 2 de la page 204 , provient de la Gazette de Renaudot.
\ . Le royaume de Pologne était menacé par les Tartares qui se jetèrent dans la Podolie et la Valaquie. Le Roi envoya des ambassadeurs aux princes chrétiens, La Suède, à cette même époque, n'était pas un moins dangereux voisin pour ce joyaume. (Voy. le Mercure français, t. XXIII, p. 722.)
2. Le Portugal s'était déclaré indépendant de l'Espagne et avait proclamé la royauté du duc de Bragance. Le roi d'Espagne entreprit immédia'emertt de soumettre le Portugal et l'envahit à main armée. (Voy. le Mercure franrois, t. XXIII, p. 73'J.) Le roi d'Espagne écrivit alors à celui de Portugal des lettres que l'on trouve dans la Gazette, p. 107, avec une relation de l'état des affaires de ce pays, p. 389.
ne recevra pas sitôt celui qui y va de la part de celui qui est en possession du royauilie *, encore que Sa Sainteté ne dût point prendre cognoissance de la cause.
« Vous m'obligerez de me faire faire copie de ce concile de Paris, ou si vous en avez quelques feuilles de les bailler à Janvier : il y travaillera, ou aux papiers des Régences; je ne lui ai point laissé d'ouvrage.
« J'ai reçu lettres par lesquelles j'apprends que l'on n'attaque point Aire de force ^, qu'il y a nombre de chevaux et du sel pour les saler; que M. d'Âiguebelle y a fait pendre quelques soldats pour faire les autres sages, et que l'on cherche tous les moyens possibles pour conserver cette ville. M. de Colombie se porte mieux, et se guérit sans secours de ceux desquels il a aussi bonne opinion que vous.
« J'ai vu par le mémoire le sujet de votre travail , qui vous sera assez facile par les recueils passés ; je vois bien que l'on lit les traités précédents et en même temps que l'on trouve les cessions faites : on désire sçavoir les raisons des droits prétendus pour en donner instructions à celui qui ira de la part du Roi.. Ce sont espérances de paix, puisque l'on prépare le traité, qui ne peut être fait sans la fin de la guerre, ou pour toujours ou pour quelque temps. Si vous m'en donnez part et M. Godefroy, ce sera pour s'entretenir avec
1 . L'évèque de Lamego se rendit à Rome en qualité d'ambassadeur extraordinaire du nouveau roi de Portugal. Ceux qui vinrent à Paris y furent très-bien reçus, au dire de la Gazette, p. 372. Les ambassadeurs extraordinaires de Portugal arrivèrent en France en juillet 1641 ; ils étaient à Poitiers le o de ce même mois (Gazette, p. 41 S).
2. Voy. pour l'état du siège d'Aire, au commencement de juillet 1641, la Gazette, p. 442.
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plaisir en ce désert, où on plaint chacun jour voire absence. Croyez que je serai toujours' , » etc.
RELATION DE CE QUI s'eST PA.SSÉ AU TE DEUM POUR LA PRISE d'aire.
Le vendredi 2 août, M. Saintot est entré en la Grand'- Chambre et a parlé à la compagnie en lui remettant la lettre du Roi, dont suit la teneur : « Nos amés et féaux, la ville d'Aire, qui est une des plus importantes de tout l'État de Flandre , tant par son assiette et sa force , que pour l'entrée qu'elle donne dans le cœur du pays , ayant été réduite en notre obéissance par notre très-cher et bien amé cousin le maréchal de la Meilleraye , notre lieutenant général en notre armée de Flandre , après un siège de plus de deux mois , et une défense la plus vive et la plus généreuse qui ait encore été rendue en aucune place depuis la présente guerre, ce succès n'est pas moins glorieux pour nos armes qu'avantageux à cet État , la prise de la place s' étant faite à la vue de l'armée du roi d'Espagne, commandée par le Cardinal- hi faut, son frère, en personne , qui depuis les premières attaques a toujours fait son campement proche de celui de notredite armée, sans avoir néanmoins osé hasarder ses forces pour y porter le secours, dont l'espérance a rendu les assiégés constants en leur résistance jusques à l'extrémité; et si notredit cousin ne les eût pressés avec une vigueur extraordinaire et n'eût employé tout ce que la force, la prudence et l'art de la guerre peuvent fournir pour l'avancement d'un siège, il ne les auroit de longtemps
i. Collection Dupuy, t. DCCXCIl, lettres xxviii et lxxix.
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réduits à remettre la place entre ses mains, comme ils ont fait le 27 de ce mois*, par composition, de quoi nous avons bien voulu vous donner part, et de la joie particulière que nous recevons de cette nouvelle conquête. Et comme nous recognoissons la tenir de l'assistance de Dieu , qui nous favorise aussi visiblement en tous nos desseins, que véritablement ils tendent à sa gloire et au bien public , nous mandons à notre amé et féal le sieur archevêque de Paris de faire chanter le Te Deinn en son église , pour rendre à la bonté divine les grâces publiques que nous lui devons d'un si considérable progrès, par le moyen duquel et par notre présence, nous travaillons à assurer cette frontière contre toutes les entreprises des ennemis, et à réparer les désordres que leur entrée y avoit causés pendant le peu de jours qu'ils y sont demeurés , et nous espérons de porter de plus en plus les choses à la paix, qui est l'unique fin de nos travaux et de nos désirs : et atin que cette action de grâces se fasse le plus solennellement qu'il se pourra, et qu'à votre exemple tous nos bons serviteurs et sujets louent Dieu et se réjouissent avec nous de la prospérité de nos armes , nous voulons et nous vous ordonnons par la présente que vous ayez à vous trouver en corps à ladite cérémonie , au jour et à l'heure qui vous seront donnés par notre très-cher et féal le sieur Séguier, chancelier de France, auquel nous dépêchons le sieur de Saintot, maître de nos cérémonies, pour faire observer en cette
1. Cette lettre du Roi résume les principaux événements du siège et de la prise de la ville d'Aire, dont la Gazette a imprimé tous les détails stratégiques (p. 473) , ainsi que les articles de la capitulation et quelques particularités notables fp. 473).
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occasion toutes celles qui y pourront être requises. Et la présente n'étant pour autre sujet, nous ne vous la ferons plus longue ni plus expresse : n'y faites donc faute , car tel est notre plaisir. Donné à Mézières * , le 30' jour de juillet 1 641 . »
Le sieur de Saintot dit alors : que le Te Deum seroit chanté sur les quatre heures après dmer, en robes rouges; ce qui a été fait sçavoir à toutes les Chambres par l'un des conseillers qui y a porté la lettre, et que l'on eût à se trouver au Palais , sur les trois heures , pour partir en corps de Cour. Ce qui a été fait , et sommes allés à Notre-Dame, en assez bon nombre.
Et ayant été sçu que M. le Chancelier a voit reçu ordre du Roi de s'y trouver, il a mandé à M. le président de Bellièvre , par quelqu'un des siens , qu'il se trouveroit au cloître Notre-Dame, au logis de M. l'évéque de Meaux, son frère, et que la compagnie arrivant, il entreroit avec elle. Ce qui a été exécuté, car il s'est trouvé au moment que l'on étoit près d'entrer dans le chœur, et s'est assis le premier, avec sa robe de velours violet à parements rouges, et y avoit un tapis de velours rouge et un carreau dessus le devant des bas sièges , et deux huissiers du Conseil, avec les
1. Le Roi s'était rendu dans cette ville après avoir séjourné à Abbeville, à Eu , à Oisemont, à Amiens, à Corbie , à Péronne, à INesle, à Roye, à Varenne, à Soissons, à Fismes, à Reims (le \ 7 juillet) et à Rethel. Le Roi passa, avec son armée la rivière d'Aisne et alla camper à une lieue de Mézières. Le Roi et le Cardinal couchèrent dans cette ville le 28 juillet. Le lendemain, Louis XIII fut reconnaître la place, et « ayant fait tout le jour le roi et le généial d'armée tout ensemble, avec un grand courage, » s'en retourna coucher à IMéziùres. Le 31, le Te Deum fut chanté dans la ville à l'occasion de la prise d'Aire.
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masses, au-devant de nous. Il a amené quatre Maîtres des Requêtes avec lui, avec chacun leur robe rouge. M. le surintendant Bouthilier, comme conseiller honoraire , s'y est aussi trouvé et a pris rang après MM. les Présidents; et l'entrée et sortie s'est passée avec Messieurs des Comptes comme les dernières. M. le Chancelier, devant que de sortir, a fait passer sa famille et les huissiers du Parlement , et à côté du premier les deux massiers se sont mis, et après lui MM. les Présidents ont sorti , et ainsi chacun en son rang. Il a pris congé de la compagnie au sortir de la porte du chœur, s'en allant par la porte du côté du puits, et Messieurs du Parlement tout le long de la nef.
On parloil qu'il vouloit venir en la compagnie et la conduire ; mais cet ordre a été changé , et disoit-on qu'il désiroit aller seul, ce qui est contre l'ordre, y ayant plusieurs exemples où l'on voit que le Premier Président étoit avec lui au même rang. On a douté où on metlroit les deux massiers , et avoit-on résolu qu'ils iroient aux côtés du premier huissier, comme il y a exemple en 1 557, qui porte néanmoins : « sans tirer à conséquence. »
M. le gouverneur, duc de Montbazon, a prétendu que son rang étant entre le premier et second président, il devoit marcher entre M. le Chancelier et M. de Bellièvre, et non entre lui et l'autre président; et pour éviter la contention, il ne s'y est trouvé, encore qu'il eût reçu ordre du Roi.
Après le Te Deum , les canons de l'Arsenal, de la ville et de la Bastille ont tiré pour témoigner la joie publique de cette conquête'.»
i . Collection Colbert, t. CXXXIX, p. 235 bis.
LETTRE DD SECRÉTAIRE d'ÉTAT DE NOYERS * A MOLE.
M. de Bouillon prince de Sedan. — Richelieu n'a pas reçu les dépêches de Mole relatives à la prise d'Aire. — Il faut lui écrire de nouveau.
« Monsieur, j'avois vu quantité d'expéditions enregistrées au Parlement, où la qualité de prince souverain de Sedan est donnée et passée sans difficulté à M. de Bouillon et à ses prédécesseurs ; avant de la mettre dans l'abolition ' que le Roi lui a accordée, je ne sçais si vous n'avez point trouvé quelque difficulté dans votre esprit , de voir que le Roi fait grâce à un souverain ; mais c'est en qualité de son sujet , et puis c'est un titre avantageux au Roi de faire voir à tout le monde qu'il donne des grâces aux souverains.
i . De Noyers , intendant des finances , avait été fait secrétaire d'Élat en 1636, en remplacement de Servien.
2. Le duc de Bouillon avait reçu dans Sedan le comte de Soissons et le duc de Guise, qui s'étaient retirés mécontents de la cour. Des levées de gens de guerre furent faites, bientôt après, par le duc de Bouillon et les princes ses hôtes. Le maréchal de Chàtillon reçut ordre du Roi de marcher contre Sedan, et le 10 avril, dit la Gazette, p. 216, la cherté des vivres augmentait à Sedan à mesure que la liberté des chemins diminuait. La guerre était donc déclarée contie le duc de Bouillon. Lamboy fut chargé de s'opposer à la marche de l'armée de Chàtillon, et le maréchal fut défait; mais le comte de Soissons, après la victoire, fut tué d'un coup de pistolet, sans qu'on ait pu dire au vrai comment. Le Mercure et la Gazette ne s'expliquent pas sur cet événement. (Voy. le Mercure, t. XXIV, p. 130, la Gazette, p. 41 S, les Mémoires du cardinal de Retz^ p 30, de l'édition que nous avons publiée dans la collection IMichaud et Poujoulat , et une relation manuscrite, Baluze, armoire VII, paquet 2, n"' 1 et 2. Biblioth. Imper.) — Ces événements eurent lieu au mois de juillet 1641, et le duc de Bouillon ne sauva sa tête qu'en abandonnant au Roi sa principauté de Sedan. Il y eut à cette occasion une déclaration du Roi publiée au Parlement le 21 septembre.
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« J'ai élé bien aise que vous vous soyez souvenu de donner à Son Éminence des preuves de votre souvenir surl'heureux succès d'Aire'; maisj'ai été mortifié quand j'ai trouvé que vos dépêches ne lui avoient point été rendues : car lui en parlant, il y a une heure, elle m'a dit n'avoir eu de vos nouvelles depuis qu'elle étoit partie de Ruel, et j'ai eu satisfaction de voir qu'elle l'auroit eu bien agréable. Ne manquez donc pas , je vous prie, de lui écrire le déplaisir que vous avez que les marques de votre gratitude ne lui aient été rendues, et assurez-la que vous continuerez en toutes occasions à lui faire cognoître en quelle estime vous avez les services qu'il rend à la France, et m'adresserez , s'il vous plait , les lettres que vous lui écrirez, afin que je sois assuré que Son Éminence les reçoive.
« Mandez-moi aussi , je vous prie , à qui vous avez adressé celle que vous lui écrivîtes sur la prise d'Aire, parce qu'il importe à ma satisfaction que je le sçache. Vous me trouverez toujours fidèlement, Monsieur, votre , etc. D'Amiens , ce 3 septembre 1 641 ^ j)