‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 70 sur 167 · Collection Colbert, t. VI, p · texte numérisé non relu

Collection Colbert, t. VI, p

3. L'original de cette lettre se trouve dans la collection Saint- Germain, n" 709, t. II, pièce 40, et la minute dans le volume de Colbert (papiers de Mole), t. VI, p. 216 (Bibl. imp.), avec cette note : « Pour réponse à celle du 15. » Dans ce même volume de Saint-Germain, la pièce 42 est une lettre de Dupuy au Garde des

LE GARDE DES SCEAUX SÉGUIER A MOLE. Affaires de Lorraine et d'Allemagne. — Siège et négociations.

« Monsieur, la vôtre du 13 me fut rendue hier. J'ai été surpris lorsque j'ai vu que Ton publioit une lettre écrite au parlement de Metz, vous assurant que l'on avoit résolu les lettres aux cours souveraines et commissions en cas d exécution de paix : et si le parlement de Paris n'a été averti de l'entrée du Roi dans la Lorraine, ce n'est manque de l'avoir proposé, .l'eslime que le traité de paix se faisant , l'on avoit cru qu'il étoit plus à propos de différer à écrire, mais M. Bouthilier, parent du premier président de Metz , aura pris ce soin pour ces compagnies , et M. de la Ville-aux-Clercs l'a remis. J'en parlerai aujourd'hui , et à la première occasion je vous ferai sçavoir comment cela s'est passé. Cependant, je vous dirai que M. le Cardinal part ce matin pour aller trouver le duc de Lorraine, qui se doit rendre aux Charmes', à six lieues du camp du Roi, où ils doivent conférer sur le traité. L'on estime que la conférence produira quelque bon effet; nous en sçaurons mardi ce qui en doit succéder.

« Quant au mariage de Monsieur, l'on ne le consulte pas^, vous assurant que nous ne faisons aucun

Sceaux, relative à un Mémoire sur le fait des hommages de Lorraine , et que Dupuy devait adresser à ce ministre.

i. Le 30 septembre , on présenta au Parlement des lettres de Louis XIII datées du 27, et qui contenaient les détails de cette entrevue de Charmes.

2. D'après D. Calmet (Histoire de Lorraine ^ t. III, p. 250), il fut longuement question à Charmes du mariage de Monsieur entre Richelieu et le cardinal de Lorraine : le ministre français ne laissa

doute en la nullité par les maximes de l'État; mais l'on se fortifie d'exemples et de raisons. Les affaires d'Allemagne s'avancent toujours; le duc de Feria n'est point passé et ne peut être ici, à la sortie de la Valteline , au plus tôt qu'au 20 de ce mois, et trouvera le maréchal de Horn en tête, qui tient Constance assiégée et l'investit fort; cela incommodera le passage du duc de Feria, étant obligé de prendre son chemin par ou aux environs de ces villes. Il n'y a aucune nouvelle de deçà que ce que je vous ai mandé, ce qui me fait finir, vous assurant, etc. Du camp devant Nancy, ce 1 8 septembre.

(( M. de Bellièvro aura la survivance de sa charge pour M. son fils, mais à la charge de service de six ans; l'on le marie à Mlle de Bullion assurément. »

« Monsieur, depuis ma dernière, je me suis enquis si ion avoit écrit au parlement de Metz ; l'on m'a assuré que l'on n'avoit JLJsques ici envoyé aucune lettre aux compagnies souveraines, et vous puis assurer que l'on m'a fait voir la lettre que l'on projette d'envoyer, qui n'est encore achevée. Peut-être des libraires ont supposé cette lettre^; enfin le parlement de Paris sera averti en même temps que les autres compagnies; j'ai bien voulu vous donner avis de ce qui s'étoit passé sur ce sujet, vous assurant que j'aurai un soin particulier qu'en cette occasion et en toute autre le Parle-

pas ignorer l'intention du Roi de le faire déclarer nul par le Parlement, sous prétexte de rapt et de séduction.

1. Ces lettres supposées dont parle le Garde des Sceaux sont imprimées dans le Mercure françois, t. XIX, p. 140, avec la description des quartiers de l'armée du Roi devant Nancy.

ment ne reçoive aucune diminution. Il n'y a aucune nouvelle de deçà; nous attendons le retour de M. le Cardinal, qui sera au plus lard demain. Le Roi a eu avis que les cantons des Suisses ont refusé le passage au duc de Feria, et qu'ils se mettent en armes. Tout se porte bien de deçà. Le Roi a une santé parfaite et entière, Dieu merci. Je suis', etc.

(( Du camp devant Nancy, ce 19 septembre. )->

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