‹ Mémoires de Mathieu Molé, procureur général, premier président au Parlement de Paris et garde des sceaux de FranceChapitre 72 sur 167 · Collection Colbert, t. VI, p. 220 et · texte numérisé non relu

Collection Colbert, t. VI, p. 220 et

2. Le roi Louis XIII a écrit de sa main une relation de l'entrevue des cardinaux de Lorraine et de Richelieu à Charmes. Ce curieux document appartient à la Bibliothèque impériale, collection Béthune, n" 933i, voyez VJppmrlice à ces Mémoires.

« Celui qui doit servir six ans* fait semblant de ne sçavoir rien du traité, quoique l'on lui ait dit qu'il faut qu'il ait passé procuration.

« Si vous ne voulez plus que les galériens soient conduits où vous êtes, faites-moi cet honneur que je le puisse apprendre ; en ce cas , on leur fera prendre le chemin de Provence. Continuez-moi, s'il vous plaît, l'honneur de vos bonnes grâces, et croyez que je serai toute ma vie, etc. Du 21 septembre 1633. »

LETTRE DE MOLE A M. DUPUY

Livres nouveaux. — Affaires de Loiraine.

« Monsieur, vous remercierez de ma part, s'il vous plaît , l'auteur du livre que je ne nomme pas , puisqu'il a voulu celer son nom. On le saura toujours, et il mériloit de le dire. C'est le secret de l'histoire du temps peucognu, c'est le démêlé de l'intrigue de cour des dernières années. Il en sçavoit une partie, mais on lui a aussi donné de bons mémoires. Je l'achèverai demain.

(( Par lettres que je viens de recevoir, du 15, d'où vous sçavez , j'apprends que la négociation continue; mais j'attends plutôt un dénoùment favorable par quelque autre rencontre que par la volonté de celui qui n'a jamais eu de foi ni de volonté pour la France. Et entre autres nouvelles , que le duc de Mantoue a mis la Princesse Infante hors la ville et son État, après qu'elle a protesté publiquement contre lui, M. Priandy*

i. M. de Bellièvre ( voy. p. 186). — Cette lettre fait partie de la collection Colbert, t. VI, p. 222.

2. Ce personnage a\ait été charge de plusieurs missions en Italie. (Voy. Bibliothèque historique, n" 30 540.) Peut-être fut-il

DE MATHIF.U MOLE. (1633.) 489

feroit bien une bonne relation sur ce procédé. Je souhaite votre santé parfaite et le bien de vous voir, puisque je serai toute ma vie, etc. Ce 19 sept. 1633. « 31. de Thou se souviendra de moi , s'il lui plaît, en son voyage , et croira que je ne changerai jamais la volonté de le servir, et M. votre frère trouvera ici une très-affectionnée réception \ »

LETTRE DE MOLE Ài: CAKDI^fAL DE RICHELIEU.

Mole communique à Richelieu un discours sur les affaires générales de la chrétienté.

«Monseigneur, j'ai pris la liberté de vous envoyer ce Discours- plein de vérité et digne d'être exposé au jour, si le moment de nos affaires publiques ne l'empêche : et encore que les particuliers n'en doivent prendre autre cognoissance que celle qu'il plaît à leur souverain, il leur est permis, néanmoins, de faire jugement de ce qui paroît aux yeux d'un chacun , qui condamne les actions des étrangers et tourne à l'avantage de leur prince naturel. 11 importe de faire recognoître que ce qui leur arrive de sinistre n'est pas un cas fortuit, mais un effet de la conduite du ciel, et de leur faire remarquer les événements passés, pour condamner leur injuste dessein. Celui d'Espagne est assez déclaré : ce qui regarde toutes les autres couronnes , qui se devroient joindre ensemble pour en arrêter le cours. C'est le but de Y auteur incogmi de ce Iwre-,

rauteur du livre sur les affaires générales de la chrétienté, dont le rédacteur voulut rester inconnu, et dont il va encore être question dans la lettre suivante de Mathieu Mole.

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