‹ Mémoires de Nicolas-Joseph FoucaultChapitre 82 sur 115 · LE MARQUIS D’AMBRES A COLBERT · texte numérisé non relu

LE MARQUIS D’AMBRES A COLBERT

Monsieur,

Je crois être obligé de vous faire savoir, conjointement avec M. l'intendant, qui ne manque pas sans doute de vous en écrire, que ion envoie la plus grande partie des troupes dans cette généralité, ce qui semble n'être pas de trop bon exemple et paraîtra un châtiment au lieu du soulagement quelle a mérité par son obéissance et sa fidélité. Nous avons, tous les jours, des nouvelles du camp qui se prépare en ce pays, où l’on veut mettre ensemble une partie des troupes qui sont en Guyenne, du côté de Bordeaux , â ce qu'on dit; sur quoi , Monsieur, il est des gens sensés qui sont persuadés qu'il serait plus à propos, pour le service du roi, de les laisser dispersées. Très-peu de personnes savent leur petit nombre en cet état, et tout le monde connoîtra leur foiblessc par leur jonction, et, bien loin de se faire craindre, elles se feront mépriser. Il semble que, si l’on avoit quelque chose à entreprendre, il serait plus sûr d’assembler, à jour nommé, de toutes parts, ce qu’il y a de troupes, et s'en servir brusquement sans laisser le temps de les reconnoître; car vous savez. Monsieur, que la réputation fait quelquefois de plus grands effets que les forces mêmes. Voilà, Monsieur, les réflexions qu’on fait en ce pays.

A Moutauban, le 18 j aille! 167$.

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