LOUVOIS A FOUCAULT
A Versailles, le i* mars 1688
J’ai reçu la lettre que vous avez pris la peine de m’écrire le 1 9 du mois passe sur les assemblées qui se sont faites en Poitou. Le roi a approuvé la diligence avec laquelle vous vous êtes porté sur les lieux, et que, s’il arrive encore que l’on puisse tomber sur de pareilles assemblées, l’on ordonne aux dragons de tuer la plus grande partie des rcligionnaires qu’ils pourront joindre, sans épargner les femmes, afin que cela les puisse intimider, et empccbcr d’autres de retomber en semblable faute.
A l’égard du jeune homme âgé de quinze ans qui a lu un sermon dans l’assemblée deGrandry, il faut le mettre dans quelque collège ou séminaire où il puisse être châtié et instruit dans la religion catholique. Quant aux femmes qui ont été arretées, Sa Majesté trouvera bon que l'on en con damne quelques-unes au fouet, et pour ce qui est des hommes, son intention est qu’ils soient tous condamnés aux galères.
Sa Majesté désire de plus que, dans les paroisses où il s'est tenu des assemblées et dont les habitans y ont assisté, vous y répandiez une ou deux compagnies de dragons suivant leurs forces, où ils subsisteront en pure perte pour ces communautés, qui leur fourniront la solde et le fourrage sans aucun remboursement de la part du trésorier de l’extraordinaire. Et après qu’ils y auront été un mois. Sa Majesté aura bien agréable que l’on les en tire pour les loger dans les lieux où vous et M. de Vérac jugerez être nécessaire pour que les compagnies puissent être â portée de tomber sur les assemblées qui se ponrroient faire.
L’intention de Sa Majesté, en faisant loger des dragons en pure perte dans ces communautés ainsi que je vous le viens d'expliquer, est de faire connoitre aux peuples l'intérêt qu’ils ont non-seulement de ne se pas trouver A de pareilles assemblées , mais encore d’empêcher qu'aucun d’eux n’y assiste, ou, s’ils ne le peuvent pas faire , d’en déclarer les coupables et de les arrêter.
1 En murtje : « Ajuster les répétitions et le reste. »
APPENDICE
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