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(9 octobre 1468.) Tome I, page 152, note 2.
Autre relation de la même entrevue.
Le dimenche, neuviesme jour de octobre mil quatre cens soixante huit, arriva le Roy à Peronne, acom pagnéde monseigneur de Bourbon et ses deux frères, monsieur de Beaujeu et monsieur de Lyon , monsieur le connestable aussi, et monsieur du Perche, monsieur de l'Aigle, monsieur de Riom et monsieur de Longueville; de gens d'esglise, monsieur le cardinal, evesque d'Evreux, et monsieur d'Avranches, confesseur du Roy : et vint au devent du Roy monseigneur de Bourgongne jusques à ung quart de lieue de ladicle ville, sur une petile rivière, là où ilz firent
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leurs embrassées et festimens, qui furent moult joyeux à ung chacun, et de là s'en y i mirent eulx deulx, tous devisa ns jusques en ladicte ville, et s'en vint logier le Roy en ung hostel auprès de la porte saint Nicholay , près du chasteau. Et incontinent le Roy arrivé en son logeis, vindrent monsieur Philippe de Savoye, monsieur du Lau , messire Poncet de Rivière et monsieur d'Urphé, le Roy présent aux fenestres de sondict logeis, et vindrent descendre audict chasteau, où ils furent jusques au soir, que le Roy voullut venir coucher au chasteau, qu'il fist scavoir qu'il ne viendrait point qu'ilz ne s'en fussent allez. Les iceux s'en allèrent incontinent en leur logeis auprès de la grande esglise; et, environ six heures du soir, s'en vint le Roy au chasteau, où il souppa et coucha, luy douziesme ou environ de sa famille. Le lendemain, qui fut le lundy, et le mardy ensemble, furent plusieurs près le Roy, monsieur de Bourgongne, monsieur le cardinal et messire Guillaume Biche ensemble, pour débattre et communiquer les affaires d'eulx deulx, et principalement pour la paix. Tant fut desclaré le voulloir de l'ung et de l'autre, que le Roy menda à monsieur de Bourgongne qu'il voulloit qu'il luy fist serment de le servir envers tous et contre tous, et par ainsi qu'il luy accorderoit tout ce que mondict seigneur luy demanderoit, en remontrant que le duc de Bretaigne avoit fait ledict serment. A quoy respondit mondict seigneur que voullentiers il le (croit, si ledict duc de Bretaigne l 'avoit fait, réserve encontre ses allie/ et ceulx qui I avoienl Mervy , cl priti'ipallcmeul en
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ceste matière, dont le Roy ne fut pas bien content que plus il ne pouvoit avoir du voulloir de monsieur le duc, où il y eut plusieurs alletregnacions : et, pendent le débat, vindrent nouvelles à mondict seigneur que monsieur de Lyege avoit esté prins prisonnyer, en la ville de Tongre, de la commune de la cité de Lyege, et mené dans ladicte cité, dont moult fut troublé mondict seigneur le duc. Et fut envoyé ledict messager devers le Roy, qui s'en esmerveilla fort, et, de peur que mondict seigneur le duc ne doubtast qu'il fust occasion de ladicte prinse, jura la Pasque Dieu que, se mondict seigneur de Bourgongne voulloit aller mettre le siège en ladicte cité, qu'il yroit, et le fist scavoir à mondict seigneur: ce qu'il ouyt très voullentiers, en priant le Roy que ce il voulsist faire. Et comme se vint au jeudy au soir, dont leur partement devoit estre le vendredy matin, le Roy fist scavoir à mondict seigneur qu'il voulloit avoir sondict serment de le servir comme dessus, dont il eut mesme response, de quoy il ne fut pas bien content; et se voullut repentir de son voyaige de Lyege, qui estoit desja acordé et accepté. Et comment se vint à l'heure du partir, et que le Roy vit qu'il n'y avoit nul remède qu'il ne faussist, ne qu'il ne teinsist sa promesse, pria à messire Guillaume Biche qu'il pust parler à mondict seigneur le duc, lequel vint devers luy très voulentiers. Et , eulx deulx ensemble, le Boy luy remonstra comment son voulloir n'estoil point de passer oultre, mais voulentiers eusl sceu si moudicl seigneur eus! voullu aucune chose attempler si IVnooiilit! de sa per-
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garde : et ainsi fut fait, car icelluy jour eulx deulx ensemble vindrent coucher à Bapaumes, et le lendemain disner au Mont saint Eloy, pour s'en venir à Aire, où estoit madame la duchesse, et de là parfournir ledict voyaige devant ladicte cité1.
(9 octobre 1468.) Tome I, page 152, noie 2 Autre relation île la même entrevue.
Le Roy, jà soit ce qu'il eult son armée preste, optemperant et donnant créance au cardinal Balue, par le conseil duquel pour lors il segouvernoit, usant par sens d'aultruy moins que saigemeut, se partit de Han, une petite villede monseigneur le connestable de Saint Pol. et s'en vint, ayant sans plus avecques luy les gens de sa garde, pour parler au duc de Bourgoigne, entre Han et Peronne. Et quant ils furent ensemble, et il vit que le duc de Bourgoigne estoit là venu à grosse puissance, à dix fois plus de gens que n'avoit le Roy, à ladicte veue le Roy adonc congneut bien sa faulte, et qu'il estoit illec venu moins que saigement. Toutesfois, il lit semblant de n'y penser point, et faignyt de tout voluutiers venir avec ledict duc de Bourgoigne à Peronne. El sitosl qu'il* furent dedens la ville, le duc de Bourgoigne
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prince de Navarre estoient à Meaulx et à Paris , et plusieurs .m lires seigneurs, dont le dangier eust esté, quant ilz eussent sieu que le duc de Bourgoigne eust voulu détenir le Roy prisonnier, qu'ilz feissent ung chief et regent qui pourroit faire beaucop de mal au duc de Bourgoigne ; et, par ainsi, qu'il vailloit mieulx qu'il le menast par belles parolles affin qu'il ne se defliast, ne espoveutast nullement de luy, mais s'y fyast et usseurast, et que du surplus il ne se soussiast; car il en convendroit bien. Et promist lors au duc de Bourgoigne qu'il le fairoit roy , et qu'il ne tarde roi t jamais troys mois qu'il ne lui baillast et livrast entre ses mains le cerf et le cabirol , par lesquelx il entendent livrer le Roy et monseigneur Charles, son frère. Ainsi doneques, non pas pour amour, ne bienveillance que ledict Ballue eust au Roy, mais pour crainte de l'armée et des seigneurs qu'il sa voit près à une journée ou à deux de là , il fist délaisser et relâcher le Roy qu'il ne fut point enfermé ne emprisonné. Trop bien avoit il tousjours fortes gardes sur luy , et n'estoit homme qui ozast dire un seul mot au Roy que il ne conveuist parler tout hault. Et estant le Roy en ces termes et en celles craintes , ledict duc de Bourgoigne le mena avecques luy à faire sa guerre du Liège, où le Roy l'ayda aveeques les deux ou 111e lances de garde qu'il avoit menez avecques luy : et, durant ledict voyaige, le Roy dissimula et s'y gouverna sisaigement, après sa première limite d'y estre venu, que il trouva façon de s'en saillir après la priuse du Liège au mieulx qu'il peult : et ne l'eu>t jamais lasché ne laisse venu le due
de Bourgoigne, n'eust esté l'attente et fiance qu'il avoit à la promesse que lu y avoit faicte ledict cardinal de Ballue, comme j'ay dit devant, queestoitde luy livrer le Roy et monseigneur Charles, son frère. Mais nostre seigneur Dieu, qui de toutes les entreprises des hommes en ordonne et dispose a son bon plaisir, ne voulut pas souffrir ne permettre ung si grant inconvénient advenir au très chrestien royaulme de France ne à la couronne , et voullut préserver et garder le Roy de la mauvaise etdampnable entreprinse et trayson de ses ennemys ; car ledict seigneur s'en revint sain et sauf et eult ung gracieux congié du duc de Bourgoigne et se vint rendre pèlerin à Nostre Dame de la Victoire, près de Senlis, luy rendant loanges et grâces dont elle l'avoit saufvé et gardé en tant énorme péril et dangier : et dudict Senlis le Roy s'en vint à Meaulx, où il trouva monseigneur de Ca labre , monseigneur le prince de Navarre , le seigneur de Crussol et les seigneurs de son grant conseil. Et aussi y estoient pour lors venuz le seigneur de Lescun , et le chancellier et vichancellier de Bretaigne, qui venoient devers le Roy en ambassade, de par le duc et de par monseigneur Charles, frère du Roy. Et pour ce que le Roy avoit fait tresve avecques le duc de Bourgoigne pour celle année , ledict 'seigneur Roy ordonna à monseigneur le prince de Navarre qu'il feist retourner ses gens d'armes et son armée, qui estoient venuz jusques en la Beausse, et estoient bien 1111e lances et de cinq à six mille arba Iles- Lien : et par ainsi moildict seigneur le prince manda à ses cappitaines qu'il/, s'en retournassent ru Bear n. El
au regard de luy, il demoura à Paris avecques le Roy, où il fut à court environ deux ou troys moys, puys il prinst congié du Roy et s'en retourna en ses pays de Bearn
(14 octobre 1468.)