U BLONDE
Pour faire la cour à une blonde, il est préalablement de toute nécessité qu'on ait étudié son caractère, ses habitudes, ses goûts.
La blonde diffère énormément des autres femmes. Quelques poètes affirment qu'elle est la Seule jolie d'entre toutes.
Je suis assez de leur avis, et j'ai bien mes raisons pour cela.
Je suis blonde.
Eve, — la première biche connue, disent toujours ces poètes amoureux, — était 1 comme les blés.
La chevelure de Vénus, la patronne des lorettes, était de cette couleur tant vantée.
Mademoiselle Marquet du Vaudeville, une des jolies femmes de Paris, est blonde à ' rendre jalouse une Allemande.
Toutes les beautés remarquables ont été, sont, ou seront blondes.
On trouvera peu de contradicteurs à cet aphorisme féminin.
Ravel seul, dans une pièce de Lambert Thiboust, a dit du mal des blondes.
Il les appelle les Vénus à la chope. Mais c'était Ravel, et chacun sait que cet amusant comique, qui me foule la rate chaque fois que je le vois, est le grand prêtre des paradoxes.
Et les paradoxes confirment la règle comme les exceptions.
VU
Mon Dieu ! que je m'exprime bien aujourd'hui !
Or la blonde est d'un tempérament à nulle autre fenmie pareille.
Elle est douce, poétique et généralement amoureuse de tout ce qui est brun, violent et élégiaque.
Pour lui faire la cour et pour lui plaire, il faut scrupuleusement posséder toutes ces qualités.
Ou être riche.
La blonde est délicate, faible, langoureuse, lymphatique.
Elle aime la poésie, les soupirs étouffés, les clignements d'yeux, les billets tendres.
Elle croit encore aux amoureux qui menacent de se suicider.
Elle a des larmes pour les infortunes du cœur, et des commisérations pour les malheurs de Tàme.
Une blonde n'a jamais résisté aux papoles suivantes :
• Quand vous recevrez cette lettre, éruelle, j'aurai cessé d'exister.
UiDuiL
Une fois qu'elle est votre maîtresse, le seul moyen de la conserver, c'est de la frapper de temps en temps quelque peu.
Un de mes amis disait un jour :
• Les blondes, c'est comme les œufs à la neige, ça demande à être battu. •
Qui expliquera jamais le cœur des femmes?
Personne. Pas même moi, qui suis de la confrérie.
Or, aTant : employer la poésie.
Après : aimer les brunes.
Passons à Tautre leçon.