III
Cela est tellement vrai, surtout pour les filles à dots, qu'il n'est pas rare de voir une enfant de seize ans prendre un époux rachitique, poussée par le simple attrait de cette perspective : — Je pourrai sortir seule !
Une fille sans trousseau m*a dit un mot.
puisé peut-être dans un détail trop prosaïque, mais profondément significatif.
~ Ma mère me forçait à mettre un corset:
chez moi, au moins, je puis n'en pas mettre.
Gela peut sembler invraisemblable, mais bien des filles ont quitté le toit paternel pour avoir le droit d'abandonner leur corset.
Et cela se comprend , le corset est une prison .
Les moralistes ont cherché bien loin la cause de la débauche des femmes.
Elles aiment Tair, voilà tout.
Mais trouvent-elles la liberté dans leur nouvelle existence?
Cette question renf4aine à elle seule tous les mystères de la vie demi-mondaine.
Il est extrêmement difficile d^y répondni.
Un jour qu'il pleuvait, que le ciel était gris, que j'étais seule chez moi, je me mis àpenserà notre sort actuel et à celui qui nous attendait.
— Nous courons toutes après le plaisir, me disais-je, Tatteignons-nous?
Nous cherchons la liberté, la gaieté perpétuelle, Tinsoudance permanente; avons-uous tout cela?
Ne sommes-nous pas plutôt les esclaves du plaisir que ses apôtres? notre gaieté n'est-elle pas quelquefois coupée par des larmes? et, en grattant un peu notre luxe, n'y trouve-t-on pas souvent le mot: misère?
Nous recevons des ordres et nous obéissons, nous pouvons rarement suivre les conseils de notre cœur.
Quand il dit brun, nous disons chauve, — comme c'est gai !
Et puis» quelle est la destinée de nos vieux jours? Une des conditions implacables de notre vie, c'est la jeunesse.
Sans elle, point de sahit.
On attend, pour être sévère avec nous, pour nous reprocher nos dérèglements, que la vieillesse soit venue.
Qu'est-ce qui a jamais pardonné à une vieille lorette?
Et que deviennent-elies, ces pauvres vieil* les? On la beaucoup dit, beaucoup chanté, beaucoup dessiné, on ne le dira jamais assez.
Elles deviennent femmes de ménage, ou* vreuses de loge ou balayeuses.
Quand elles n^épousent pas, comme la belle P..., un savetier] ressemeleur qui les frappe
les injurie et leur reproche de n'avoir pas su conserver leurs bijoux.
— Avec les larmes que j'ai versées depuis mon départ de chez ma mère, me disait un jour une ouvreuse repentante, on aurait pu combler une vallée.
Que deviendrai-je, moi ?
Rien de tout cela, certainement.
D'ailleurs, j'ai une célébrité, et la célébrité empêche de vieillir.
Et puis, devenir vieille, c'est bon pour les maladroites.
Je suis parvenue à avoir un nom à dixhuit ans, je trouverai bien moyen d'être jeune à quarante.
Et mon coup de pied, donc I
Et Mané, et tes autres...
Quand nous serons tous vieux, sous le prétexte de dire du bien de leur bon temps, ils me referont une jeunesse.
J'aurai dix-huit ans longtemps, j^en suis tellement convaincue, que j*ai promis à L...
de danser en 1924 au bénéfice de son arrière-petit-fils.
Elle y compte.
Je regrette déjà Taccés de sensibilité que je viens d'avoir.
L'air moral ne doit pas m'alier du tout.
J'en suis à me demander pourquoi je liens d'être aussi sentencieuse^
Et à propos de quoi? En vantant la gaieté de noire monde, en célébrant ses joies, en chantant son indépendance.
C'est encore la faute de ces gens qui s*amusent à confectionner des tirades honnêtes
contre nous. A force de les entendre parier, on finit par les prendre au sérieux.
Bonsoir, je les ai assez tus.
Oui, notre société est la société joyeuse entre toutes.
Les biches sont réellement amusantes.
Leur existence est l'existence la plus foUe, la plus échevelée et la plus intelligente qui soit.
Elles dépensent à elles seules plus d^esprit et plus d'habileté qu'il n'en faudrait pour dé^ frayer tout un peuple.
Leurs petites roueries sont plus fortes que les grandes diplomaties des hommes spéciaux.
Elles ont imaginé une foule de moyens pour « s'enrichir » qui feraient leurs réputations s'ils étaient dévoilés.
Amies, dans l'intérêt de votre gloire, laissez-moi en divulguer quelques-uns.
Dans les bals, par exemple, leur adresse n'a rien d'égal.
Âpres avoir inventé la fameuse scène du sucre de pomme,
Sucre de pomme fantastique tant de fois acheté et revendu à la marchande,
On aurait pu croire que leur imagination avait dit son dernier mot.
Comme oncles connaît peu!
Depuis quelques années elles ont découvert tin stratagème qui» à mon sens, vaut cent fois celui du sucre de pomme.
Le besoin... d'un léger besoin.
Quel est le garçon tailleur, Tépicier en noce ^aré au bal de TOpéra qui oserait refuser cinquante centimes à une femme?
Surtout pour les employer comme elle pré^ tend les employer.
Eh bien, grâce à ces cinquante centimes de-
mandés une cinquantaine de fois dans ia nuil, les femmes se font par chaque bal une petite rente de quinze à vingt francs.
Gela paye les voitures et les gants.
Et la grande histoire du cachemire!
Elles arrivent au bal munies d'un ciiàledes Indes soigneusement ptié.
Avisant une honnête figure de gandin provincial qui les regarde entrer en ouvrant des yeux hébétés, elles le pri«int de se cliarger du dépôt du châle au vestiaire.
L'espoir de Carpentras, heureux de rendre service à des femmes à tournure gracieuse, n'hésite pas à faire ce qu'elles demandent; il rapporte le numéro.
— Gardez-le-moi, lui dit-on, je crains de le perdre.
Et le gandin garde le numéro, convaincu
que cet acte de confiance contient une multitude de promesses.
A k fin du bal, il est prié de mettre le comble à son obligeance en reprenant le châle» ce à quoi il obtempère avec enthousiasme.
Le châle est rapporté à sa propriétaii'e, laquelle, à sa vue, jette un cri.
— Mais ce n'est point mon cachemire! ditelle. '
En effet, le provincial rapporte un tartan en
Désespoir, cris, recherches au vestiaire.
Le malencontreui^ jeune homme s'arrache les cheveux, rougit et pâlit tout à la fois, d'autant plus qu'on ne le connaît pas, et « qu'il se glisse bien des filous dans les bals. »
La galerie jette déjà des regards soupçonneux sur lui ; pris au piège, il ne trouve pas d'autre porte de sortie que d'offrir un cachemire en remplacement.
Ce que la biche accepte après avoir résistédeux secondes.
Inutile de dire que, pendant la durée de la fête, le cachemire a été retiré du vestiaire par une amie intelligente et remplacé par le tartan en question.
Ce petit tour, qui frise peut-être un peu Tescroquene, est toujours pallié par une récompense pleine de charmes.
On remoourse le provincial,
Comme les femmes remboursent les hommes.
Nota, — Le tour ne réussit pas infailliblement, surtout quand le provincial est un futur poète ou un vaudevilliste de l'avenir dont le gousset est modestement garni.
Dans ce cas-là, on se contente d'un sbupei* comme indemnité,
Ou d'une paire de jarretières au besoin.
Mais c'est dans la vie privée que les femmes sont vraiment fortes.
Une de mes amies, que je ne nommerai pas pour ne point lui faire de peine, a trouvé un moyen que je qualifie tout simplemement de sublime.
Elle a inventé la Lettre de ma MàiuB.
Sur sa cheminée traîne perpétuellement une épître décachetée. Quand on vient la voir elle s'arrange de façon à laisser le visiteur seul avec la lettre.
Si c'est un amant ou un prétendant, il n'h'ésite pas à s'en emparer, et il là lit.
Pourquoi la lit-il, le malheureux! Cette maladresse lui coûte fatalement plusieurs louis.
La missive est de la mère, laquelle, dans un style pathétique, fait à sa fille le tableau de sa
misère, parle de sa chaumière vendue, de sa vieilles^ et de ses malheurs...
« Tu es bonne pour moi, tu fais ce que tu peux, dit-elle. Bêlas ! ce que tu peux ne suffit pas. — On m'a saisie hier; si je ne paye pas demain, je serai mise à la porte de ma pauvre maison.
i C!omprends4u cela? Chassée... forcée à mon âge de mendier un asile, de demander peut-être mon pain ! Si encore je pouvais me remettre au travail ! mais ma dernière maladie m'a tellement affaiblie, que ma main tremble, que mes yeux se troublent.
< Mon Dieu ! est-ce qu'il faudra que je meure de faim? »
Uu'est-ce qui résisterait à un pareil kmgage?
D'autant plus que la biche fait habilement sa rentrée avant que le lecteur ait eu le temps de remettre la lettre à sa place.
Pris en flagrant délit d'indisci'étion, il est
forcé, pour se la faire pardonner, de secourir « la mère. »
Et quand on pense que cette lettre est copiée textuellement dans un drame de M. d'Ënnery!
Et il y a des gens qui sifflent quelquefois ses pièces.
Les ingrats !
SoMMAiBB. — L*origiiie de mon nom. — Les célébrilés d'encouragement.-^ La théorie du cancan. —La danse des nègres. ~ Le cancan produit de 1789. — Gavarni.
— Ce que je loi dois. — Ce que le cancau demande, l
— Rigolbocher. — La Urentule'des luliens. — Mes impressions lorsque je dansée — Hes émotions. ^ Le magnétisme de la musique. — Mes fureurs choré- ' graphiques. — Les applaudissements du public i
Pour justifier mon titre et sous le prétexte de sacrifier aux gens qui veulent tout savoir, racontons de quelle manière j'ai été dotée du surnom de Rigolboche,
Cela sera d'autant moins inutile que bien
des personnes croient que Rigolbodie est mon nom de famille.
Je me souYiens qu*un jour un ganéin de h plus belle Tenue m'a demandé très-sérieusement comment se portait mon père , M. Rigolbodie?
L'histoire de ce baptême argotique remonte à deux ans.
C'était âu Prado, un de mes royaumes. J'y âansais en compagnie de jeunes gens fort distingués qui me suivaient comme une reine ^t me compo$aient gratis une brillante escorte.
Leur chef, mon capitaine des gardes, s'ap- ' pelait C...
Je ne me permets que de donner Tinii
^iale de son nom, car aujourd'hui mon ancien courtisan occupe en province une
place gouvernementale, où il doit bien s'ennuyer, le malheureux, surtout lorsqu'il se souvient de son ancienne existence...
G . . . , puisse ce livre t*apporter quelques distractions et le Mre croire pour quelques instants que tu n*as pas encore quitté Paris, la ville de joie !
C'étaif un bal de nuit, la fête était charmante.
Je venais de danser un quadrille, et, malgré ma modestie bien connue, on avait exigé de moi que je me laissasse porter en triomphe.
Je me reposais au café des fatigues de cette ovation en m'abreuvant de punch.
Les mots pleuvaient^ — C..., fort spirituel, — Test-il toujours? — obtenait des succès fous.
Notre conversation fut soudainement inter* rompue par le bruit d'une dispute.
Deux femmes se querellaient dans uki coin»
on faisait cercle autour d'elles ; — les que*
relies de femmes ont toujours été un spectacle très-recherché.
Nous courûmes tous prendre part à ce divertissement imprévu.
Ces dames étaient réellement furieuses, elles s'injuriaient à Êiire frémir ; il était facile de prévoir qu'avant deux minutes elles allaient se prendre aux cheveux.
La dispute avait pour objet Taccaparement fait par Tune d'elles du cœui* d'un certain Guguste, amant de l'autre.
Le Guguste en question assistait à la chose, calme etfroid, et paraissait très-heureux d'être la cause d'une dissçnsion.
Les Guguste ont toujours été très-fats, sur tout au quartier Latin.
La querelle allait son train, les insultes tombaient à verse, on initôit la galerie à une foule de petits mystères dont la révélation la charmait.
Tout à coup le maître de l'établissement,
trouvant sans doute que cet intermède se prolongeait trop, fit irruption dans la salle, accompagné de deux sergents de ville.
A la vue de l'autorité, le cercle s'élargit.
Les agents s'approchèrent du groupe incriminé et cherchèrent à lui rendre le calme en le menaçant du violon.
Jusqu'à ce moment je m'étais contentée de rester simple spectatrice de la chose, et c'est tout au plus si je m'étais permis quelques commentaires; mais, à l'arrivée des sergents de ville, je crus qu'il était de mon devoir de défendre mon sexe et d'empêcher dame Po lice de s'immiscer dans nos plaisirs.
Je m'avançai en tirant un des agents par le bras.
— Laissez-les donc, m'écriai-je sans doute inspirée, c'est bien plus rigolboche !
Le mot fut sur-le-champ acclamé...
G"* s'en alla prendre un verre de Champagne et, m'^ versant quelques gouttes sur la tête.
— Marguerite, me dit-il solennellement, tu viens de créer un mot qui fera fortune, et dont le besoin se Daisait généralement sentir. Tu viens d'être plus audacieuse que les membres de TAcadémie qui ne savent plus qu'en oublier.
II est parfaitement juste que ce mot t'appartienne à jamais.
Marguerite la Huguenote, à partir de ce jour, tu t'appelleras Rigolbocfiôf pour perpétuer le souvenir de cette soirée linguistique.
Sois fière, tu as été toi-même ta marraine, saluons Rigolboche, mes frères.
La Huguenote n'est plus, noêl à Rigolboche !
Et tous, ôtant leurs chapeaux et s'inclinanl devant moi, répétèrent ce cri, qui fut suivi de trois hurras.
' — Noêl à Rigolboche:
Et le nom m'est resté.
C'est donc à moi que je dois nwn gradjux sin'nom.
Ce n'est pas la seule chose dont je me sois redevable.
J'ai fait beaucoup pour moi.
Sois tranquille^ Marguerite , Rigolboche ne sera pas ingrate !
Mon nom fait, je compris qu'il fallait mVu montrer digne.
A notre époque, on a rhabitjde de faire des avances de réputation à de certaines personnes.
On les accable , pour ainsi dire , de gloire préventive, histoire, de les stimuler.
On leur donne ce que j'appellerai, moi, une célébrité d'encouragement.
Ce système n'est pas plus détestable qu'un autre quand il s'adresse à des gens con^iencieux.
Mais trop souvent U en est qui font faillite.
Paris est plein de gens qui n'ont pas encore payé leur nom et qui ne le payeront jamais..
Ça n'est pas pour moi que je dis cela.
Je crois être quitte avec la gloire.
J'ai beaucoup travaillé pour y arriver.
Sitôt qu'on s'est mis à parler de moi, j'ai vouhi être à la hauteur de mon nom.
Sans vanité, j'y suis.
Si mémo je ne le dépassci au moins du pied.
Avant cette soirée, je dansais déjà fort bien.
Mais je dansais sans savoir, par instinct, en me rappelant ce qu'avaient fait les autres.
Je voulus me créer une individualité.
Enfermée dans ma chambre, je compulsais tous les livres qui parlaient du cancan.
D'une force estimable sur la pratique, je dierchais à me compléter par la théorie.
Ces études me prirent si.x mois.
Aujourd'hui, mon érudition chorégraphique rendrait des points à celle de M. Mérante lui-même.
Le cancan n*a qu un seul synonyme : la rage.
les savants, qui cherchent des étymologies
partoat, ont prétendu que le cancan dérivait de la danse des nègres.
C*est une erreur, les nègres gesticulent, mais ils ne cancanent pas.
Le cancan est un pas essentiellement français. 11 arrivera à être la danse nationale.
G*est la fantaisie parisienne matérialisée.
Le cancan néglige, dédaigne et repousse tout ce qui peut rappeler la règle, la régularité, la méthodique.
iln esprit m)éral, de mes amis, affirme que le cancan est, lui aussi, un produil de 89.
En effet, c'est avant tout une danse libre.
Gavarhi, — notre peintre d^histoire, — en a fourni quelquefois avec le crayon une image assez complète.
Je dois avouer que j'ai puisé chez lui certaines attitudes.
J'ai voulu réaliser ses rêves.
Ai-je réussi?
Pour danser le cancan il faut un tempéra- ' ment à part, un esprit exceptionnel : il faut que le moral du danseur soit aussi fantaisiste que ses jambes ; car il ne s'agit pas là de reproduire telle ou telle chose convenue, réglée.
Il faut inventer et créer, — créer instantanément.
Il faut, pour ainsi dire, que la jambe droite ignore ce que fait la jambe gauche.
A un moment donné, et sans savoir pourquoi, il faut être sombre, mélancolique et
fatal, puis soudainement devenir fou, rageur et délirant.
Être au besoin tout cela à la fois.
Se montrer triste et échevelé, sérieux et furibond, indifférent et passionné.
Ri^olbocher enfm.
Les Italiens, dit-on, ont inventé les piqftres de la tarentule, les gesticulations qui s^ensuivent se rapprochent assez du cancan.
Mais ce n'est pas encore cela.
Le cancan est tout ou rien : c^est un monde ou un liameau, une tragédie ou une chansonnette.
C'est le délire des jambes.
XVÏ
Je ne puis, moi, le juger que sur mes propres impressions.
Lorsque je danse, je suis prise d'une sorte d'accès de folie qui me fait tout oublier.
Le cancan est pour moi une volupté.
Gela est tellem^t vrai, que j'ai des émotions avant d'entrer en scène ou dans un bal.
Le cœur me bat comme s'il s'agissait d'un début solennel, et, en efiTet, chaque soir je débute.
J'ignore toujours une seconde auparavant ce que je ferai tout à l'heure, et je me prépare au combat.
J'engage une bataille vis-à-vis de moimôme.
Je lutte contre mes instincts banals.
Je crains d'être ordinaire et de manquer d'inspiration.
J'ai peur de moi.
Ce n'est pas de la modestie, c'est de Tinquiétude, sentiment qui disparadt du reste aux premiers accords de Torchestre.
Alors je m'immobilise et je laisse la musique m'euyahir et m'envelopper.
Pendant quelques instants je la respire et la hume.
Puis je sens que, petit à petit, elle m'entre dans les veines par les yeux, par la bouche, par les oreilles.
Lorsque je suis pour ainsi dire imprégnée de mélodie entraînante, j'éprouve comme un
Les notes m'arrivent pressées, confuses.; elles m'envahissent en furieuses.
C'est là que conmience la lutte.
Je sens ma raison se débattre et s'envoler, idée par idée, sous cette pression.
J'éprouve les mêmes tressaillements et les mêmes douleurs que la somnambule qu'on magnétise.
La musique se condense dans ma poitrine et me monte au cerveau conune les fumées du Champagne.
^A la dernière note de la ritournelle je suis grise.
Alors c est une furie qui n'a rien d'égal.
Mes bras on le vertige, mes jambes sont folles.
Il me faut le mouvement, le bruit, le vacarme, c'est comme un frémissement qui me monte des pieds à la tète.
Tout semble s'agiter autour de moi, les décors, les meubles et les lumières.
On dirait que tout cela s'entend pour m'envoyer des passes musicales.
A ce moment-là, un mur se présenterait devant moi, que je me sentirais la force de passer au travers.
J'aime les applaudissements du public, non pas parce qu'ils flattent mon amour-propre, mais parce qu'ils font du bruit.
Je voudrais, quand je danse, que le tonnerre tombât, que les maisons s'éoroulassent !
Je voudrais un bruit à effrayer les plus braves.
Le bourdon de Notre-Dame, un tremblement de terre, le jugement dernier ! . . .
— Ohé!