AVEC LE PREMIER CONSUL. (MINISTERE DE LA POLICE
Aïl IX, 26 NIVÔSE.
Le premier Consul m'a envoyé une ordonnance à quatre heures, pour m'inviter à dîner, ou me prier de passer chez lui dans la soirée. Je m'y suis rendu sur-le-champ.
En sortant de table (et il n'y avait dans le salon que fort peu de monde ) il m'a pris à part :
Bonaparte.— le viens de nommer Dubois, substitut au tribunal de cassation , préfet de police à Lyon. Le connaissez- vous? Est-ce un bon choix?
S. Girardin. — Je ne le connais pas.
B. — C'est singulier.,
S. G. — Il remplace un homme de mérite, le citoyen Noël, qui est nommé ailleurs. A coup sûr le citoyen Dubois vaudra mieux que l'homme qui fait, provisoirement à Lyon, les fonctions de préfet de police.
B. — Qui est-ce ?
i'. G. — Urbain Jaume, fameux dans le cours de la révolution.
B. — Sur la liste des déportés , se trouve-t-il beaucoup d'individus du département de l'Oise?
S. G. — Deux.
B. — Qui sont-ils?
S. G. — Chrestien et Ménessier.
B. — Sont-ils arrêtés ?