‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 2)Chapitre 95 sur 128 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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5. Jean Leake (1656-1720), vice-amiral en 1703, venait de recevoir le titre de chevalier; il devint amiral de l'escadre blanche en 1708, et lord de l'amirauté en 1709.

rivière de Lisbonne, avec le reste des vaisseaux de guerre et des troupes que l'Angleterre et la Hollande s'étoient obligées de fournir au Portugal pour l'ouverture de la campagne. Elle fut un peu retardée par les disputes qu'il y eut entre le duc de Schonberg et le marquis das Minas^, général portugais, pour le commandement. Il arriva encore que les chevaux que le roi de Portugal avoit promis de tenir prêts pour remonter la cavalerie angloise ne se trouvèrent pas ; ce qui causa aussi du retardement et donna lieu au roi d'Espagne de se mettre le premier en campagne, et de faire bien des progrès en Portugal, sans trouver qu'une très foible opposition.

Les troupes auxiliaires du Portugal, étant débarquées, furent mises dans des quartiers de rafraîchissement, et l'Archiduc, qui étoit resté à Lisbonne pendant ce temps, fut conseillé de faire publier sur les frontières d'Espagne et de Portugal un manifeste ou déclaration, qui portoit en substance qu'étant arrivé en Portugal pour délivrer ses bons sujets les Espagnols du dur esclavage où ils étoient depuis l'injuste usurpation du duc d'Anjou [(ainsi nommoit-il notre nouveau roi d'Espagne), et pour recouvrer cette couronne qui lui appartenoit légitimement], il promettoit une amnistie générale à tous ceux qui voudroient se joindre à lui dans trente jours; mais que, si, après ce terme, on en trouvoit les armes à la main contre lui, ils seroient regardés et traités comme des rebelles à leur légitime souverain. Comme il ne lui vint pen-

1. Antoine-Louis de Sousa, marquis das Minas (1644-1721), fut général en chef de l'armée portugaise pendant toute la guerre.

dant ce terme que très peu de déserteurs, il le prorogea assez inutilement jusqu'au "Zo juillet.

De son côté, le roi d'Espagne fît publier une autre déclaration, par laquelle il prit aussi la qualité de roi de Portugal, à cause des anciennes prétentions des Espagnols sur cette couronne. Il défendoit à ses prétendus sujets portugais, sous les mêmes peines que l'Archiduc avoit imposées aux Espagnols, de ne prendre les armes que pour son service, et leur ordonnoit de se joindre à lui. Ces deux déclarations firent peu d'effet de part et d'autre.

Après cela, Philippe V partit de Madrid pour venir sur les frontières de Portugal, et arriva à Plasencia^ où il fut obligé de s'arrêter pour attendre les troupes de France, dont la marche avoit été retardée par le mauvais temps et les passages difficiles. Le l^"" mai, il fit publier un manifeste, par lequel il déclaroit la guerre au roi de Portugal et à ses alliés, et partit le même jour de Plasencia, et arriva le 5 à Alcantara^, où il trouva les troupes françoises et les siennes arrivées.

Campagne d'Espagne. — Il les divisa en cinq corps et se mit à la tête du premier, qui étoit environ de vingt-six mille hommes, ayant sous lui le duc de Berwick, et entra le 7 dans la province de Beira. Le prince Tserclaes^, qui commandoit le second corps, marcha du côté d'Alburquerque^; le marquis de Villadarias^, avec le troisième, s'avança sur la Guadiana. Le

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