Édit de mai
grand crédit à cette marchandise, et l'a tellement multipliée, qu'elle pourroit bien à la fin être décriée. Par un trait de bonne politique, et qui n'eut pourtant guère de lieu à cause que le temps n'y étoit pas propre, les étrangers furent invités à acquérir de ces rentes, et, pour cela, il y eut une déclaration portant que, à leur égard, elles seroient exemptes de droit d'aubaine, de confiscation et autres, tant pour cause de guerre qu'autrement ^]
Année i692. — Au commencement de cette année, le prince d'Orange obtint du roi d'Espagne la révocation de M. de Gastanaga, gouverneur des Pays-Bas, et l'on en donna le gouvernement perpétuel à l'électeur de Bavière^, [ce que tous les confédérés négocioient depuis longtemps comme une affaire très importante au bien de la cause commune]. Ce prince vint en prendre possession et y fit passer une partie de ses troupes. Le prince d'Orange, ayant achevé la conquête d'Irlande, en retira l'armée qui y avoit servi et l'envoya en Flandres ; il y eut alors une si grande quantité de troupes, qu'il paroissoit comme impossible d'y faire aucune entreprise, [tant les ennemis se tenoient sur leurs gardes] ; mais le Roi, qui vouloit, après la mort de son ministre, témoigner à l'univers que les
1. C'était en effet un des articles de l'édit; mais il n'y eut pas de déclaration spéciale.
2. Dangeau annonce cette nouvelle dès le 21 décembre 1G91 [Journal, t. III, p. 444); le 27 octobre précédent (p. 423), il avait écrit cette phrase laconique : « M. de Gastanaga, gouverneur de Flandre, a demandé son congé ; il est mal avec le prince d'Orange. » Gastanaga se justifia en 1693 et fut alors nommé vice-roi de Valence.
grandes choses qui s'étoient passées sous son rè^^ne étoient émanées directement de lui, fît faire plusieurs mouvements pendant l'hiver à ses troupes. Elles se trouvèrent sur les frontièi-es de Flandres au nombre de cent vingt mille hommes <. Il s'y rendit en personne au commencement du mois de mai et divisa ses troupes en trois corps d'armée. Il se mit à la tête du premier, qui campa à Civry^; l'autre, sous M. de Luxembourg' vint à Estinnes^, et le troisième, commandé par M. de Boufflers, alla camper à Jemeppe, près Marche-en- Famène.
Siège de NamurK — Les deux premières armées commencèrent à marcher en même temps; [celle du Roi vint au Piéton, et l'autre, qu'on appela de Luxembourg, à Feluy, le M^ à Fleurus et Marbaix^. Le 25, ie
1. Il y a dans l'Histoire militaire (p. 472-473) l'énuraération des corps qui composaient cette armée.