‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 4)Chapitre 124 sur 210 · Tel est bien le texte du manuscrit · texte numérisé non relu

Tel est bien le texte du manuscrit

3. Presque tous les lieux-dits dont les noms vont suivre se retrouvent encore actuellement sur la récente carte de Belgique au 20,000°. Il est à remarquer que beaucoup de ces noms sont estropiés par Saint-Hilaire et que les mêmes fautes, avec la même orthographe défectueuse, se retrouvent dans le récit de l'Histoire militaire, parle marquis de Quincy. C'est ainsi qu'on trouve des deux côtés le hameau de Beuf ou du Haubeuf (pour Bucq), la hauteur de Stocou (pour Stoquois), le bois de Triou (pour Strihoux), etc. Dans l'Introduction, on approfondira la question des rapports qui semblent ainsi exister entre l'œuvre de notre auteur et celle de son collègue en artillerie le marquis de Quincy.

versé par trois ou quatre rangs de haies bordées de rigoles pleines d'eau. Ce pré finissoit au bois de Strihoux, qui faisoit un coude sur Enghien, et, au delà, [se prolongeoit de gauche en arrière, et s'éloignoit à mesure du terrain que la gauche de l'armée occupoit. Devant ce terrain que, je viens de décrire,] il y avoit une campagne assez découverte, où la cavalerie ennemie se tint pour soutenir son infanterie, [qui se jeta en avant dans tout le front de droite, jusque dans le pré du château de Warelles et au bord du bois de Strihoux, et y fit ses attaques seulement dans un bon quart de lieue].

Le prince d'Orange, qui connoissoit parfaitement la situation du pays et qui recherchoit l'occasion de donner un combat d'infanterie, eut bien de la joie de savoir l'armée dans ce camp, dont le sien n'ctoit qu'à trois lieues. Il crut même qu'il pouvoit la surprendre par sa diligence, et que le pays couvert par lequel il projetoit de marcher y contribueroit. Aussi ne se trompat-il pas. Mais un autre incident favorisa beaucoup son entreprise. M. de Luxembourg avoit intelligence avec un musicien de l'électeur de Bavière, qui avoit de l'esprit et l'avertissoit ponctuellement des mouvements des ennemis, quand ils vouloient en faire de considérables; et même, lorsque les armées étoient fort proches, il se déroboit du camp sur le soir et venoit trouver M. de Luxembourg. Je l'ai vu arriver plusieurs fois chez lui^ Ce musicien, ayant vu que le prince

1. Cette anecdote, pour laquelle Saint-Hilaire se donne comme témoin oculaire, a été reproduite par le marquis de Quincy, dans l'Histoire militaire, p. 527-528. Le musicien s'appelait Millevoix ou Millevoye.

d'Orange se préparoit à venir attaquer notre armée, voulut en donner avis lui-même à M. de Luxembourg; mais, comme les ennemis gardoient, ce jour-là, très exactement les avenues de leur camp, le porteur d'avis fut arrêté, et la lettre interceptée. L'auteur fut incontinent arrêté, et on l'obligea d'écrire sur-le-champ une autre lettre, par laquelle il manda que, le lendemain 3 août, le prince d'Orange feroit faire un grand fourrage en avant, qu'ainsi on ne s'étonnât pas si on voyoit beaucoup de troupes, mais qu'il assuroit que les ennemis n'avoient point d'autre dessein. M. de Luxembourg reçut cette lettre, et y ajouta foi, parce que le donneur d'avis ne lui avoit jamais manqué.

Bataille de SteinkerqueK — Le prince d'Orange fit partir son armée du camp de Hal et de Lembecq^, le 3 août, sur minuit; et, vers les deux heures de jour^ le sieur de Tracy^, que M. de Luxembourg avoit envoyé

1. Sur cette bataille, on peut voir la Gazette, p. 415-418 et 437-440, le Journal de Dangeau, t. IV, p 137-141 les Mémoires de Sourches, t. IV, p. 104-109, ceux de Feuqùière t. II, p. 180-184, et III, p. 276-287, ceux de la Fare, p. 299 lé Stèclede Louis XIV, par Voltaire, ch. xy,, l'ouvrage du comte J:-. de begur, le Tapissier de Notre-Dame, p. 297 et suiv Les rela tions correspondances, états de situation des troupes, listes des blesses, etc., sont dans les volumes Guerre 1138 1139 1142, 1143, 1146 et 1150. Le récit officiel de la bataille adressé au Roi par le maréchal de Luxembourg (vol. Guerre 1149 n» 85) fut imprimé à part comme appendice de la Gazette et a été reproduit par les éditeurs du Journal de Dangeau, p 141- 150, note; il y a des lettres de MM. de Vigny, d'Artagnan, de la Motte-Houdancourt dans le volume Guerre 1146 n°^ 96 98 106 et 108, et la copie de celle de M. du Montai' dans lé volume 1139.

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