M™* de Maintenon
iu-èrcnl sainement que la paix qui venoit d'être conclue entre la France et la Savoie leur alloit faire tomber sur les bras toutes les troupes françoises qui avoient servi en cette guerre. [Outre cela, la réforme des espèces d'or et d'argent qui se faisoit en Angleterre y avoit causé une grande disette, et les peuples, très fatigués d'une guerre où ils ne gagnoient rien, commençoient à murmurer. Il en étoit de même des Hollandois, dont les frais avoient été immenses, et les pertes de leur commerce très grandes. L'Empereur, de son côté, avoit toujours les Turcs sur les bras, qui commençoient à prendre un peu le dessus, ou tout au moins à faire balancer la partie. La France s epuisoit fort d'hommes et d'argent et avoit besoin de reprendre haleine. Il n'y avoit que l'Espagne, qm, fière de plus en plus malgré les pertes qu'elle faisoit, se fioit en la protection de ses alliés par rapport a l'intérêt qu'ils avoient à la maintenir sans perte et a redresser ses affaires, dont elle espéroit toujours un meilleur succès. Ces considérations la rendoient moms traitable, et il fallut encore la campagne suivante pour la résoudre à conclure, et qu'il lui en coûtât encore quelques-unes de ses plumes. Elle s'y trouva comme forcée par ses alliés, qui, s'ennuyant tout de bon de la longueur de cette guerre et de ce qu'elle leur coûtoit se rappelèrent les propositions de paix qui leur avoient été ci-devant faites, et crurent que cette paix seroit ferme et stable; mais, avant de traiter la matière a fond ils voulurent être assurés des préliminaires. Le Roi y donna les mains et envoya en Hollande incognito M. de CallièresS qui n'étoit encore guère connu, pour