‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 171 sur 175 · Vol. Guerre 2244, n · texte numérisé non relu

Vol. Guerre 2244, n

pourriez faire inlormer de lui plus particulièrement par M. des Alleurs, ambassadeur du Roi à Constantinople, et vous aurez la bonté de me faire savoir ce que vous souhaitez que je réponde à cet ofEcier.

J'ai l'honneur, etc.

Sainct-Hilaire.

A cette lettre est jointe la lettre suivante :

Monsieur, Je crois que vous vous souviendrez que j'ai été envoyé de Versailles auprès de vous, pour examiner un parapet portative [sic) dont elle fit l'épreuve dans l'Arsenal et que vous trouvâtes bon, et même vous m'aviez ordonné de me tenir prêt pour le faire voir à Sa Majesté, ce que j'aurois exécuté de tout mon cœur, s'il ne s'étoit présenté quelque chose à ma charge qui m'a obligé de passer auprès des Alliés, qui m'ont employé d'abord, où, n'étant pas éloigné de Son Altesse Electorale de Bavière, qui, entendant parler difiFéremment de moi, me fil dire que je lui ferois plaisir de ne pas agir contre la France et que, si je voulois passer auprès d'elle à Mons, qu'elle me rendroit content, ce qui ne se pouvoit directement faire. J'ai cependant quitté leur service et passé à celui du czar de Moscovie, où j'ai eu l'honneur de servir pendant quelques mois comme lieutenant-colonel, et ensuite de colonel d'artillerie pendant deux ans, avec la paye de général major, ayant rendu des services considérables à ce prince, à la connoissance de tout le monde, par une nouvelle artillerie, dont quelques ministres de S. A. S. le prince Ragotzi étant bien informés, m'ont fait de fréquentes sollicitations pour retourner en France par la Hongrie, où je fais travailler à ladite artillerie sous le même caractère et avec la même paye, qui est de trois cents écus par mois. Son Altesse m'a fait l'honneur de me dire qu'aussitôt que les travaux seront bien en train, qu'elle me fera passer en

France sous sa recommandation, ce que je suivrai de tout mon cœur, dans l'espérance que Monsieur aura la bonté de me procurer de Sa Majesté des assurances comme je ne serai point inquiété au sujet de mes affaires passées. Vous pourrez me les faire tenir par le moyen de M. le marquis des Alleurs à Constantinople. Vous obligerez sensiblement une personne qui vous sera toujours très dévouée et qui est avec respect de tout son cœur. Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Le Maistre. A Munkacs, ce 29 juillet 1710.

Adresse de Monsieur Le Maistre, colonel d'artillerie au service de S. A. S. le prince Ragotzi, par Constantinople.

Réponse du ministre en apostille : Lui écrire d'expliquer auparavant quelle affaire il a eue en France.

Page 1