Rheinhausen, très proche au nord de Philipsbourg
de quarante et un bataillons et de quatre-vingt-cinq escadrons, non compris les troupes qui gardoient les lignes. Celle des ennemis étoit pour lors de trente-six bataillons et de soixante-neuf escadrons, et attendoient encore des troupes de Brandebourg, d'Hanovre et de Munster.
Le maréchal fait occuper Mannheim et Heidelberg. — Le poste qu'ils occupoient étoit tout des meilleurs; ils avoient le Rhin et leur pont derrière eux ; le front et les flancs de leur armée assurés par des bois et par des marais ; tellement que le maréchal n'osa les y aller attaquer, quoiqu'il en eût grande envie, et se réduisit à faire occuper iMannheim, à dessein d'y faire faire un pont ; mais il ne put se saisir de la redoute qui est au delà du Rhin; car le marquis de Bareith, qui avoit un pont sur ce fleuve derrière lui, y envoya deux mille hommes, qui s'y retranchèrent.
M. de Villars fît aussi occuper Heidelberg et y établit des fours. A quelques jours de là, les ennemis passèrent le Rhin sur les ponts de Philipsbourg et de Rheinhausen; ce qui obligea le maréchal, crainte de surprise, d'envoyer Saint-Frémond à Stettfeld^ avec six bataillons et dix-sept escadrons, afin d'être à portée de se jeter dans les lignes en cas de besoin, et d'y joindre Vivans^, qui y commandoit avec neuf bataillons, dix-huit escadrons et quelques compagnies franches et de galiotes.
Gela fait, le maréchal détacha le comte de Sézanne avec un corps de cavalerie et quelque infanterie, pour aller passer le Neckar à Heidelberg et se poster ensuite