‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 36 sur 175 · Histoire militaire, p · texte numérisé non relu

Histoire militaire, p

3. C'était un maréchal de camp espagnol, qui avait quitté le service de Philippe V pour passer à celui de l'Archiduc [Sourches, t. X, p. 332, note).

4. Ses troupes furent bousculées par un détachement que commandait Legall.

besoin. On désarma tous les habitants de cette ville; on en pendit quelques-uns , afin que cet exemple de sévérité put contenir les autres.

Pendant ce temps-là, le maréchal de Berwick étoit resté dans le royaume de Valence et fit démolir les murailles de la ville capitale; il y fit aussi construire une espèce de citadelle, pour tenir les habitants dans leur devoir, et, ayant pourvu à sa sûreté et à celle des autres places de ce royaume dont il s'étoit emparé, il mena camper une partie des troupes qu'il avoit à ses ordres à San-Mateo^ à sept lieues de Tortose.

La Badie-, lieutenant général, étoit pour lors campé avec quatorze bataillons et trois régiments de dragons à Castellon-de-la-Plana^, et les ennemis que j'ai dit qui se retiroient du côté de Tortose, après la bataille qu'ils avoient perdue, n'avoient plus qu'environ quatre mille chevaux ensemble, et fort peu d'infanterie ; car il ne leur en restoit guère de celle qu'ils avoient eue à l'action d'Almanza. Comme ils apprirent que M. de Berwick les suivoit toujours, venant camper dans les mêmes camps qu'ils quittoient , ils passèrent l'Èbre à Tortose. Le maréchal arriva devant cette ville le 23 et se saisit le lendemain du faubourg qui étoit en deçà de cette rivière. Il ordonna qu'on en rompit le pont, pour empêcher les ennemis de faire des courses dans le royaume de Valence. Gela fait, il donna ordre au chevalier d'Asfeld, qui étoit de retour de Xativa, de

1. San-Mateo, dans la province de Castellon-de-la-Plana, est en effet à environ sept lieues au sud de Tortose.

2. Charles d'Espalungue de la Badie, lieutenant général depuis 1704.

3. Chef-lieu de province, dans le royaume de Valence, situé non loin du littoral de la Méditerranée.

demeurer devant Tortose avec les troupes qu'il avoit ramenées, et quelques autres qu'il y joignit, pour empêcher que les ennemis ne racommodassent le pont [pour passer la rivière, soit pour venir à lui ou pour faire des courses dans le royaume de Valence, et lui ordonna] de prendre la demi-lune revêtue, que les ennemis tenoient encore à la tête de ce pont, qu'il ne pouvoit taire détruire autrement; mais en cela il eut plus de peine qu'on ne croyoit; car elle étoit défendue par le canon de la ville, et d'Asfeld n'en avoit point. A ce défaut, il y fit attacher quelques méchants mineurs qu'il avoit, et, à force d'industrie, on y fit deux mines, et Asfeld se rendit maître de la demi-lune [et fit rompre le pont].

Pendant ce temps-là, le maréchal de Berwick s'en alla rejoindre M. le duc d'Orléans à Saragosse, où il fut résolu, dans un conseil de guerre qui s'y tint, d'aller assiéger Lérida pendant la campagne d'automne ; ce qu'on ne pouvoit faire à présent, par deux raisons : la première, à cause des grandes chaleurs, la seconde, parce qu'il falloit de grands préparatifs pour ce siège et faire venir des frontières de France du gros canon et quantité de munitions de guerre dont l'Espagne étoit entièrement dénuée. Il fallut donc par nécessité se réduire en attendant à envoyer de petits corps sous différents officiers généraux, et se saisir par la force ou autrement de plusieurs petites villes et postes que les ennemis tenoient encore dans les royaumes de Valence et d'Aragon. Ils se rendirent maîtres du château de Xativa, de Mequinença, de Fraga, de Monçon* et de quelques autres. On se pré-

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