Balafruer est aussi sur la Sèqre, au nord de Lérida
dant tous ces mouvements, le duc de Noaillcs^ à qui le Roi avoit donné un petit corps de troupes à commander pour défendre l'entrée du Roussillon, dont il étoit gouverneur, voyant le trouble où les ennemis étoient du côté de l'Aragon, du royaume de Valence et de la Catalogne et tous les désastres qui leur arri voient, crut pouvoir entrer en Catalogne et y faire quelques progrès [sur le peu de troupes qui lui pouvoient être opposées. Il entra donc dans cette province et] se mit à la poursuite de Nabot ^, maréchal de camp pour l'Archiduc, qui n'avoit que peu de cavalerie et quelques miquelets; il pensa même surprendre deux fois cet officier, qui eut l'adresse de se retirer, après avoir perdu seulement quelques cavaliers. Ensuite il marcha àBascara^, fît attaquer le château de Calabous^ sitôt que son canon fut arrivé et s'en rendit maître ; puis il fit démolir les murailles de Bascara ; ensuite il distribua ses troupes en plusieurs quartiers de rafraîchissements. Quand les grandes chaleurs furent passées, il se jeta dans la Cerdagne et s'empara de Llivia^^, poste important par rapport aux courses des miquelets de l'Archiduc ; puis il se saisit de Puigcerda, dont les habitants lui apportèrent les clefs ; il en fit relever les fortifications aux dépens du pays, pour y tenir un poste
1. Adrien-Maurice (tome III, p. 28), qui n'était encore que duc d'Ayen et ne devint duc de Noailies que l'année suivante, à la mort de son père.
2. Le comte Raphaël Nabot, ou Nabot, Catalan, était maréchal de camp dans l'armée de l'Archiduc.