‹ Mémoires de Saint-Hilaire (volume 5)Chapitre 65 sur 175 · Leurs trousses ou bottes de fourrage · texte numérisé non relu

Leurs trousses ou bottes de fourrage

6. Voskapel est un hameau de la commune de Nosseghem, entre Bruxelles et Louvain.

le mois de juin, que la nôtre décampa, ayant fait marcher devant elle deux détachements, qui prirent avec célérité le chemin de Gand, dont ils se saisirent en partie par surprise ^ et l'autre par les intrigues du comte de Bergeyck, ministre des Pays-Bays espagnols^, et de la Faille, grand bailli de Gand^, qui avoit quitté cette ville depuis que les ennemis s'en étoient mis en possession, pour servir à notre armée, où il avoit un régiment de dragons^. Notre armée se mit en marche le même soir du jour que nos détachements partirent et se mit en mouvement sur les neuf heures, alla passer la Senne entre Tubize et Hal, sur des ponts' qui furent faits en diligence. De là, elle s'en vint au château de Santbergen^ sur la Dendre, qu'elle avoit à dos, sa gauche s'étendant sur Ninove; toute cette marche se fit en un seul jour. On fit prendre un chemin beaucoup plus long à l'artillerie, escortée par huit escadrons et quatre bataillons. Je conduisois^ cette colonne, qui

1. Gand fut surpris le 6 juillet; Dangeau en a donné un long récit (t. XII, p. 175-179), de même que Sourches (t. XI, p. 119- 125); le Mercure consacra à cet événement une partie de son numéro supplémentaire d'août.

2. Jean de Brouchoven, comte de Bergeyck (1644-1725), faisait les fonctions de premier ministre de l'électeur de Bavière, vice-roi des Pays-Bas espagnols pour Philippe V; chargé ensuite de la direction des finances en Espagne, il se retira en 1714; Saint-Simon fait grand éloge de ses capacités.

3. M. de la Faille ou de la Faye avait rempli les fonctions de grand bailli de Gand jusqu'à l'évacuation de cette ville en 1706.

4. Le général Susane dit que c'était un régiment d'infanterie wallonne.

5. Santbergen est un village de la rive droite de la Dendre, à mi-chemin entre Grammont et Ninove.

6. Saint-Hilaire se met en scène ici, ce qui lui arrive rarement.

tenoit plus de trois lieues d'étendue, avec quelques gros bagages qui y avoient été joints. Elle vint passer auprès de Nivelle, de là à Steinkerque, puis à Enghien et à Gammerages^ pour arriver à Santbergen, où elle avoit ordre de se rendre, et où devoit être le quartier général . Elle marcha toute la nuit par un temps pluvieux et mauvais et des chemins difficiles, pendant trente-six heures tout d'une tire, et passa la nuit suivante le ruisseau de Gammerages, d'où la tête partit au point du jour pour se rendre audit Santbergen. Dès qu'il fut assez grand pour distinguer les objets, j'aperçus à peu de distance, sur ma droite, une autre colonne qui tiroit sur Santbergen et que je pris pour la réserve de notre armée, que M. de Biron^ commandoit, qui savoit que je devois marcher sur ma droite par derrière Enghien, et qui n'avoit pu arriver plus tôt que moi.

Dans cette confiance, je continuois ma route vers Santbergen. Je trouvai en mon chemin un aide de camp de M. de Vendôme, qui venoit me demander des bateaux pour faire des ponts, et me dit que toute l'armée avoit passé ou achevé de passer la Dendre pendant la nuit sur des ponts de bois qui s'y étoient trouvés, et qu'il n'y avoit plus que quelques bagages en deçà, que je vis éparpillés un peu loin de ma droite, parmi la campagne, cherchant des passages pour passer la rivière. J'envoyai vite faire des ponts contre

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