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2. Michel-Joseph de Bournonville, baron de Câpres, était capitaine des hallebardiers de la garde de Philippe V et lieutenant général espagnol depuis 170G; il venait d'être fait gouverneur de Gand.
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vais. Nous n'avions dedans que deux cents hommes, qui se rendirent à discrétion.
Le comte de la Motte capitule et rend Gand. — Le ^9, le comte de la Motte, qui apparemment avoit ordre de la cour de ne point attendre à l'extrémité pour capituler et empêcher que ses troupes ne courussent risque d'être faites prisonnières de guerre et de faire obtenir aux bourgeois, dont on étoit fort content, une capitulation avantageuse, fit battre la chamade et envoya des otages avec un projet de capitulation, dont le résultat fut que toute la garnison, sans aucune exception, sortiroit de la place et du château, avec armes et bagages et tous les honneurs de la guerre, et seroit conduite à Tournay, ce qui fut exécuté.
Les magistrats et la bourgeoisie eurent une capitulation des plus avantageuses et furent maintenus dans tous leurs anciens privilèges.
Comme le comte de la Motte n'avoit laissé aucune garnison dans Bruges, parce que le peu de fortifications qui y étoient n'en valoient rien, et que ç'auroit été autant de troupes de perdues, les ennemis n'eurent pas de peine à s'en rendre maîtres. Notre garnison sortit de Gand le 2 janvier suivant, et la gelée terrible qui survint ensuite ne commença que la nuit du 5 au 6. Il est fort à présumer que si le comte de la Motte ne s'étoit pas tant pressé de capituler, les ennemis auroient été contraints de lever le siège ; car la gelée fut si forte et si âpre qu'on n'en avoit point vue de pareille de mémoire d'hommes, et dura un très long temps d'une force presque égalée
1. Sur les rigueurs de cette saison et la disette qui en fut la
Après cette expédition, les ennemis séparèrent leur armée et entrèrent dans leurs quartiers d'hiver.
Le maréchal de Boufflers s'en retourne en Flandres avec quelques o^cier s généraux. — Cependant, le maréchal de Boulïlers avoit eu ordre de s'en venir en Flandres avec quelques officiers généraux, dont je fus du nombre, y faire semblant d'assembler une armée pour marcher au secours de Gand, ou plutôt pour aider à ceux dedans à obtenir une capitulation plus avantageuse; mais ce n'étoit, à mon avis, qu'un prétexte pour couvrir le véritable dessein de ce voyage ; car on avoit encore un autre objet bien plus important, qui étoit de se concerter et prendre des mesures justes pour aller reprendre Lille dans les premiers jours de mars. Le Roi devoit venir en personne commander son armée, qui devoit être formidable; mais on trouva tant de difficultés insurmontables pour avoir rendu au camp, à point nommé, les vivres et les fourrages nécessaires [pour la subsistance d'une aussi grosse armée, qu'il falloit tirer de loin par charrois du dedans du royaume, les frontières étant absolument épuisées,] que cela, joint à la rigueur extrême du temps, fit exhaler ce projet en fumée.
Le maréchal de Boufflers et les officiers généraux s'en retournent à la cour. — Le maréchal de Boufflers et les officiers généraux revinrent à la cour, et tout resta tranquille sur la frontière pendant l'hiver, jusqu'au commencement de la campagne de l'année 1 709, que je vais commencer.
suite, il faut consulter le travail de M. de Boislisle, le Grand hiver de 1709, paru en 1903 dans la Revue des questions /listoriques.
Afinée 1709. — Campagne de Flandres de l'année i709. — L'armée de France, qui fut d'un tiers moins forte que celle des Alliés, fut commandée en chef cette année par le maréchal de Villars, qui n'avoit pas encore paru sur ce théâtre, où il eut occasion de se signaler, après que deux de nos généraux assez célèbres y eurent échoué.
Les Alliés assemblèrent toutes leurs forces aux environs de Lille le 20 et le 21 mai. Elles se trouvèrent monter à deux cent vingt-quatre escadrons et à cent trente-neuf bataillons S avec une artillerie de campagne proportionnée; tellement que l'on n'avoit point encore vu dans les Pays-Bas une armée aussi formidable. Ces forces furent divisées en deux corps considérables, dont le plus nombreux fut commandé par le prince Eugène et l'autre par le duc de Marlborough. Ils campoient à même hauteur, c'est-à-dire que l'armée du prince Eugène faisoit la droite et celle du duc de Marlborough la gauche; et, comme on appréhendoit qu'ils ne fissent le siège d'Ypres, ou plutôt que leur dessein ne fût d'entrer dans l'Artois et de s'ouvrir une communication jusqu'à la mer, par leBoulonnois qui le joint, et se faire puis après une entrée presque certaine dans le royaume, le maréchal de Villars se trouva chargé d'une des plus grandes affaires qu'il y ait jamais eu dans cette monarchie ; nous allons voir comment il s'en tira.
1. D'après les Mémoires militaires, t. IX, p. 29, toutes les forces des Alliés réunies atteignaient trois cents escadrons et cent quatre-vingts bataillons, tandis que l'armée française ne comptait au début que cent trente-cinq bataillons et deux cent cinquante-sept escadrons.
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Position de l'armée française au camp d'Annay. — Sur les avis qu'il eut des forces et du dessein des ennemis, il se vint camper, sa droite joignant le canal de Douay à Lille, et la gauche s'étendant jusqu'au marais de Cambrin^ ; son quartier général étoit à l'abbaye d'Annay% entre Lens et Pont-à-Vendin^. Il fit tirer un grand retranchement tout le long de son front de bandière, flanqué par des vedans et défendu par des batteries de canon. Ce retranchement étoit bordé de toute son infanterie, qui ne pouvoit former qu'une ligne, à cause de la grande étendue du retranchement, à l'exception toutefois de trois brigades qui furent campées en seconde ligne ; savoir, une derrière chacune des deux ailes et l'autre au centre. Sa cavalerie étoit campée derrière pour soutenir son infanterie. Il fit raser le village d'Auchy^ qu'il a voit devant lui vers sa gauche, et couper les arbres et les haies, [entre son camp et la Bassée, qui étoit démantelée,] afin que rien n'embarrassât le champ de bataille, si les ennemis venoient l'attaquer, ainsi que leurs préparatifs et leur supériorité sembloient l'en menacer.
Position de l'armée des Alliés dans le même temps. — Les ennemis, s'étant mis en mouvement le 26 juin, vinrent camper, le prince Eugène avec son armée à