Le 4 octobre, fête de saint François-d'Assise
2. Claude-Paul de Bauffremont, qui avait eu une commission pour lever en août-septembre 1673 un régiment d'infanterie et un autre de dragons.
3. Charles de Martel, comte de Clère, commandait depuis 1672 le régiment Royal-Marine.
4. Louis Sevin, marquis de Bandeville, colonel d'un régiment d'infanterie depuis 1671, mourut, le 3 novembre 1674, des blessures qu'il avait reçues à Ensheim.
5. Il avait un régiment de cavalerie depuis la fin de l'année 1672.
6. N. de Silva-Mendoza, comte de Saldanha, Espagnol au service de France et de même maison que le duc de l'Infantado, avait le rang de colonel d'infanterie, mais sans régiment.
7. Frédéric-Maurice de la Tour-d'Auvergne (1642-1707), neveu de Turenne, était tout nouveau maréchal de camp ; il reçut une balle dans la jambe.
Boufïlers\ Hamilton^, Saissac^ et quantité d'autres officiers furent blessés.
M. de Turenne demeura quelques jours campé à Marleheim, sans y faire faire aucun travail ; mais, dès qu'il eut appris que les troupes de Brandebourg- et d'Hanovre avoient joint les ennemis, il fit faire plusieurs redans à la tête de son camp, élever des batteries, couvrir ses flancs par de bonnes redoutes, et, craignant que les ennemis n'attaquassent Brisach, il n'oublia rien pour les détourner de cette entreprise et les attirer à lui, résolu qu'il étoit de leur disputer le terrain jusques à ce qu'il pût agir contre eux à force ouverte et qu'il eût reçu de Flandres, où la campagne étoit sur ses fins, les secours qu'on lui avoit promis. En attendant, le Roi lui envoya le maréchal de Créquy avec trois mille gentilshommes du ban qui avoit été convoqué. Ce secours le joignit au camp de Marleheim, et, quoiqu'il fût en soi peu considérable par son utilité, il ne laissa pas d'en imposer aux ennemis par la réputation de valeur que la noblesse françoise s' étoit conservée*.
1. Louis-François, marquis de BoufQers (1644-1711), avait alors un régiment de dragons ; c'est lui qui parvint, en 1693, au grade de maréchal de France, et s'illustra par la défense de Lille en 1708.
2. Georges Hamilton, comte d'Abercorn, commandait un régiment anglais levé en 1671 ; il sera tué, en 1676, auprès de Saverne.
3. Louis de Guilhem de Castelnau de Clermont-Lodève (1631- 1705), marquis de Saissac, combattait comme volontaire dans l'armée de Turenne ; à la suite d'une affaire de jeu, il avait dû, en 1671, se défaire de sa charge de maître de la garde-robe.
4. Ce sont les mêmes termes dont se sert le marquis de Quincy daiiis son Histoire militaire; mais il dit six mille gentilshommes
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M. de Turenne campoit à Marleheim, sur des hauteurs, et avoit appuyé sa droite à la petite ville de Dachstein', laissant derrière ses lignes Wasselonne^, où il avoit placé un petit poste d'infanterie. Sa gauche touchoit le pied de la montagne du Kokesberg et tenoit ce détîlé par de bonnes redoutes. Le terrain qu'il avoit devant lui étoit une campagne fort découverte, fermée du côté droit par un bon ruisseau.
En cette situation, le 17 octobre, sur le midi, la tète des Impériaux parut dans la plaine, à une demi-lieue du camp. Le maréchal de Créquy alla les reconnoitre avec quelques escadrons, pendant que M. de Turenne faisoit travaillera ses retranchements. Enfin les ennemis se campèrent en potence dans la plaine, [et il sembla, en cela, qu'ils firent une très grande faute] ; car, s'ils s'étoient rangés en un front parallèle à M. de Turenne, ils l'auroient peut-être obligé de combattre avec des forces inégales, ou de se retirer avec perte, au lieu que, dans la situation qu'ils prirent, ils lui laissèrent toutes sortes de facilités de se retirer.
[Retraite de Marleheim. — 11 n'y manqua pas dès que la nuit fut venue, après avoir fait allumer quan-
de l'an'ière-ban, et non trois mille, comme notre auteur, et insiste sur leur manque de discipline et de cohésion. Sur le même sujet, Camille Rousset [Louvois, t. II, p. 94-100) a publié des fragments de lettres des intendants et du maréchal de Créquy, qui se plaignirent fort de cette noblesse. Le volume 414 du Dépôt de la guerre contient les documents relatifs à la levée de l'arrière-ban, à son rassemblement à Attigny, et à son arrivée à l'armée de Turenne.