Le manuscrit porte : veves, au lieu de vefves
3. En octobre 1648, selon le Journal de Dubuisson-Aubenay, tome I, p. 82. Mme de Motteville, qui reproche aux deux dames une gloriole et une ambition déréglées (tome II, p. 262-264), se récuse de juger si les prétentions de Mme de Fleix et des Grailly-Foix étaient fondées, ou bien chimériques, comme la cour le croyait généralement. Le titre ducal leur fut concédé en 1661 (ibidem, tome IV, p. 215, 237, 446, 453).
4. Nous verrons un texte de l'acte d'union de la noblesse paraître plus tard dans les Mémoires, tome XIII, p. 387-390, et il y aura lieu alors de le comparer, soit avec le document original conservé dans le dossier des archives K 118 A, n° 24, soit avec d'autres documents et avec les mémoires contemporains. M. Chéruel a parlé de ces assemblées de 1649 : 1° dans le tome V de son édition des Mémoires de Saint-Simon, p. 438-441 ; 2° dans sa récente Histoire de France pendant la minorité de Louis XIV, tome III, p. 309-311 et 419-422. En outre, dans son livre sur Saint-Simon considéré comme historien, p. 245-246, il a donné des lettres où Claude de Saint-Simon raconte avoir été chargé, à cette occasion et avec M. de Schonberg, de défendre les intérêts des ducs devant la Reine et les ministres. Ils ne rencontrèrent de résistance que chez le prince de Condé, qui était engagé pour les Bouillon. « Tous les officiers de la couronne, disait Claude, comme aussi la noblesse, s'intéressent avec nous en cette affaire, qui nous touche vivement à l'honneur et à tout; nous faisons grande union et résolution afin de ne pas endurer cette injure. » Comparez l'Appendice de notre tome I, p. 472.
5. C'est dans les premiers jours d'octobre 1649 qu'éclata cette « guerre des Tabourets, » où la noblesse visait bien moins, comme je l'ai dit, les Kohan que les Bouillon ou les dames de Senecey, et que Mme de Pons,
et des honneurs accordés à MM. de Bouillon par l'échange de Sedan, que le Parlement n'avoit pas voulu enregistrer avec ces articles et quelques autres qui ne le sont pas encore aujourd'hui1. Ces assemblées, dont les princes vou-
la princesse de Marcillac, les Matignon, Vitry, Beuvron, etc., chez lesquels la « chimère de Mme de FJeix » avait éveillé de semblables prétentions, et pour qui les princes du sang avaient demandé ou obtenu soit des brevets de tabouret, soit les honneurs princiers : voyez le Journal de Dubuisson-Aubenay, tome I, p. 89, les Mémoires de Mme de Motteville, tome III, p. 56-77, et les pièces du temps réunies dans le ms. Clairambault 718, p. 157-209. Seul, le prince de Condé voulait que la petite Mlle de Montbazon fût formellement comprise dans la révocation générale des brevets postérieurs à la mort de Louis XIII : la mère répliqua que c'était un droit attaché à leur maison, dont sa fille aurait joui avant 1643, si elle eût été d'âge à paraître à la cour ", et elle intéressa à sa cause le duc d'Orléans et l'abbé de la Rivière, qui finirent par assoupir l'affaire. Mais Saint-Simon se trompe quand il dit que la noblesse était poussée par Gaston et par le prince de Condé : c'est au contraire contre ceux-ci et leurs protégés que le Palais-Royal eut l'habileté de détourner la protestation, et, lorsque, sous cette influence secrète, le maréchal de l'Hospital eut présenté la requête des gentilshommes, le 4 octobre, Anne d'Autriche s'empressa, le 10, d'accorder la révocation de tous les brevets et autres actes concernant les honneurs de la cour, tabourets, entrées, etc., qu'elle avait pu concéder « par voies extraordinaires. »
i. Les terres de Sedan, de Raucourt et de Bouillon jouissaient de la qualification de souveraineté, avec droits régaliens, reconnue par diverses déclarations des rois Henri II, Charles IX, Henri IV et Louis XIII, mais non admise par le Parlement, ni par la Chambre des comptes de Paris. J'aurai à dire un peu plus loin (p. 266) comment, sous Henri IV, l'héritière de ces souverainetés les avait fait passer dans la maison de la Tour. Sous Louis XIII, quoique le cardinal de Richelieu eût toujours songé à les réunir à la couronne, les événements de 1641 forcèrent de reconnaître à nouveau leurs « prérogatives, prééminences, dignités et préséances; » mais, dès l'année suivante, le duc de Bouillon ayant été arrêté pour participation aux menées coupables de Gastou d'Orléans et contraint de s'éloigner de France assez longtemps, Sedan fut occupé. La Régence négocia avec persistance une cession qui mît fin à cet état de choses gênant; ce fut, pour le cardinal Mazarin, un moyen de détacher le duc de Bouillon du parti de la Fronde. Le contrat d'échange se signa enfin le 20 mars 1651, bien après les assemblées de 1649 ; mais, antérieurement, par deux brevets du 21 mars 1647 et du 2 avril 16*9,
° Un mémoire rédigé en ce sens se trouve dans les papiers de la Pairie, Arch. nat., KK 597, fol. 205.
loient effrayer la cour pour d'autres vues1, durèrent assez de semaines pour l'inquiéter par des demandes plus embarrassantes, qui l'engagèrent à s'accommoder avec Monsieur et Monsieur le Prince. Les tabourets furent supprimés, et quelques autres légères demandes accordées : avec quoi les assemblées finirent absolument2.
Assez longtemps après, la cour prit tout à fait le dessus pour toujours, et, blessée alors des suppressions extorquées, elle rendit les tabourets3.
M. de Bouillon et Turenne s'étaient fait assurer, pour eux et leur maison, la possession et jouissance du rang de « princes étrangers issus de maisons souveraines et habitués dans le Royaume » (K 118A, n° 9 bis, original; Bibl. nat., ms. Fr. 4180, fol. 235-236; Généalogie de la maison d'Auvergne, par Baluze, tome II, p. 820 et 821), et les deux frères prirent fort mal la révocation momentanée de ces brevets. La cession de 1651, dont les Mémoires parleront encore bien des fois, est l'objet d'un historique plus complet dans le Mémoire sur les maisons de Lorraine, Rohan et la Tour (1710), au tome III des Écrits inédits de Saint-Simon, p. 256-264. L'enregistrement du contrat eut lieu en Parlement le 20 février 1652, sous toutes réserves et avec mention de l'opposition que les ducs d'Uzès, de Sully, de Ventadour, de Lesdiguières, de Brissac, d'Halluin et de Saint-Simon faisaient à la qualité de prince (Histoire généalogique, tome IV, p. 514-520).
1. « Au milieu de tous ces troubles, la noblesse s'assembla en corps aux Augustins, nomma des syndics, tint publiquement des séances réglées. On eût cru que c'était pour réformer la France et pour assembler les États généraux : c'était pour un tabouret que la Reine avait accordé à Mme de Pons.... » (Voltaire, Siècle de Louis XIV, chap. iv.) Comparez ce passage du tome XII de nos Mémoires, p. 323 : « On vit la haute noblesse s'émouvoir et se rassembler en 1649, et demander et obtenir l'adjonction des ducs contre les nouveaux rangs accordés à MM. de Bouillon et de Rohan, comme injurieux à la noblesse et nuisibles à l'État. On lui vit obtenir ce qu'elle demandoit, qui fut rendu après l'orage à qui il avoit été ôté. Enfin on vit cette assemblée vouloir se mêler des affaires et embarrasser la cour, etc. »
2. Les deux dernières réunions eurent lieu le 12 et le 13 octobre, la noblesse ayant voté l'envoi d'une adresse de remerciements à la Reine et la signification du succès obtenu aux ducs et pairs et aux princes étrangers. Il est vrai que de nouvelles assemblées eurent lieu en 1650, et surtout en 1051 ; mais l'objet en fut alors plus exclusivement politique.
3. Ce n'est pas « assez longtemps après, » mais au bout de quelques
M. de Soubiso M. de Soubise1, né, comme il le disoit lui-même, mais
et ses eux f>ien bas, à ses amis particuliers, en riant et s'applaudis-
mière, debout; sant de sa bonne fortune et de sa sage politique, né gen-
la seconde, tilhomme avec quatre mille livres2 de rente et devenu
jours seulement, que la cour revint en secret sur une partie des « suppressions extorquées, » qu'elle avait eu l'adresse de préserver de l'enregistrement au Parlement. Pour les Bouillon, un brevet du 26 octobre 1649 reconnut en leur faveur la souveraineté de Bouillon et des principautés de Sedan et Raucourt; puis, en mars 1651, une déclaration maintint tous leurs privilèges et prérogatives, et cette déclaration fut encore confirmée par un brevet du 15 février 1652 et un arrêt du conseil d'en haut du 25 mai suivant (originaux, Arch. nat., K 118A, n" 9 ter, 30, 432-8). Pour Mme de Fleix, son tabouret lui fut « continué, » comme femme de l'aîné de la maison de Foix, par un brevet du 22 novembre 1649 (Arch. nat., 01 12, fol. 22 v°; Bibl. nat., mss. Fr. 4180, fol. 240-241, et Clairambault 721, p. 217-219; Mémoires de Mme de Motteville, tome II, p. 262-263 ; comparez l'Addition au Journal de Dangeau, tome XV, p. 88). Les Rohan eurent deux brevets de confirmation du tabouret, signés les 10 octobre et 14 novembre 1649 (Arch. nat., 04 12, fol. 29; Bibl. nat., ms Fr. 4180, fol. 238), pour Mlle de Montbazon, « comme étant de la maison de Rohan, laquelle a joui de tous temps de cette prérogative. » La seule condition imposée par prudence fut que Mlle de Montbazon ne se présenterait pas au cercle de la Reine avant trois mois. Sa mère, appuyée par tous les frondeurs, Beaufort en tête, et par le duc d'Orléans, contre les Condé, que cette reconnaissance du droit antérieur des Rohan blessait tout particulièrement, consentit au délai moyennant qu'on lui facilitât la vente des gouvernements de son maria : voyez les récits de Nicolas Goulas, de Talon, de Monglat, de Mme de Motteville. Du reste, le même délai fut imposé à Mme de Fleix; quant à Mmes de Marcillac et de Pons, on leur promit un dédommagement pécuniaire et le premier tabouret que la cour pourrait donner à l'avenir.
1. Comparez le dernier portrait de ce prince, dans le tome IX des Mémoires, p. 331.
^. Le manuscrit porte : « 4000 tt », ce dernier signe corrigeant un quatrième zéro (40000). Mme de Caylus, dans un long passage de ses Souvenirs qui concorde bien, il faut le reconnaître, avec les dires de notre auteur, donne un chiffre un peu différent : « A peine M. de Soubise avoit-il alors six mille livres de rente.... » (Souvenirs, p. 486.)
« Tallemant (Historicités, tome IV, p. 48-4) rapporte que, dans cette occasion, Mme de Guémené se déclara toute prête à « jouer du poignard pour l'intérêt de sa maison. »
prince à la fin avec quatre cent mille livres de rente1, avoit assise, belle, le épousé une riche veuve, qui n'étoit rien d'elle ni de son faitPnnce>etc. premier mari, dont elle n'avoit point d'enfants, qui lui donna tout son bien par le contrat de mariage2. Elle ne fut point assise, et M. de Soubise, ni pas un des siens, n'imagina de le prétendre. Cette femme mourut en 16603. Avec ce bien demeuré à M. de Soubise *, on songea, dans la famille, à le remarier et à en tirer parti. Mme de Ghevreuse, toujours la5 mieux avec la Reine, et d'autant plus que les troubles étoient bien disparus et que le cardinal Mazarin étoit mort en 1661, qui eût été obstacle aux vues élevées de Mme de Chevreuse, imagina d'unir son crédit à celui de Mme de Rohan6, qui, sans faveur comme elle, étoit fort considérée, pour faire le mariage de sa fille aînée7 en lui faisant donner le tabouret8. G'étoit en 1663.
1. Mme de Motteville rapporte que, de même, le prince de Condé, père du héros, qui avait débuté avec dix mille livres de rente, laissa, en 1646, un million de revenu, sans compter ses gouvernements et sa charge de grand maître (Mémoires, tome I, p. 298).
2. Catherine de Lionne, née le 3 septembre 1633, épousa : 1° le 29 avril 1651, Pompone-François le Conte, marquis de Nonant; 2° le 27 avril 1660, M. de Soubise; et mourut le 11 août suivant, sans enfants, « ayant fait son mari légataire de ses biens. » Elle était d'une famille parisienne qui paraît n'avoir rien de commun avec celle du célèbre ministre, et fille d'un grand audiencier.