‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 219 sur 495 · Cest corrige un premier un. — 4. Rire général · texte numérisé non relu

Cest corrige un premier un. — 4. Rire général

5. Cette historiette a été rapportée et paraphrasée par le député J.-F. Bodin, dans ses Recherches historiques sur l'Anjou et ses monuments (1823), tome II, p. 341-350, d'après Dangeau et les Mémoires de Saint-Simon, éd. 1791, tome IX, p. 126-130; mais cet écrivain a commis de nombreuses inexactitudes. En premier lieu, il fait notre marquis de Charnacé fils du diplomate tué devant Breda, qu'il appelle : Girard, baron de Charnacé. En second lieu, il place la scène de la « chaumine » au château du Fresne, près de la terre d'Elnon (?), département de la Sarthe, par ce seul motif que le Fresne avait autrefois appartenu à la famille de Charnacé, tandis que l'acte de mariage de notre Charnacé prouve qu'il habitait ordinairement la terre de Linière. L'historien de cette contrée, M. Célestin Port, en parlant du château du Frêne, commune d'Auverse, où il y avait du reste une magnifique avenue d'une demi-lieue de long, et où Charnacé était né en 1640, doute que le fait se soit passé là (Dictionnaire historique, géographique et biographique du département de Maine-et-Loire, tome II, p. 209). En troisième lieu, Bodin prétend que Louis XIV, prévenu en faveur du marquis, l'honorait toujours d'une protection bienveillante, et, par cette impunité, l'autorisait à jouer dans son canton le rôle d'un petit tyran. Il rapproche de l'historiette du tailleur celle des petites propriétés de Luciennes que Louis XIV donna à Cavoye, « parce que ces terres étaient à beaucoup de particuliers, qui lui faisaient tous les jours des difficultés nouvelles. » Mais il est bien probable que ce ne fut pas

Comme presque1 tout ce [que] j'ai écrit depuis que j'ai parlé de la brillante ambassade de Milord Portland2 s'est passé pendant qu'il étoit ici, je ne ferai point difficulté d'ajouter en cet endroit un3 oubli que j'ai fait sur son entrée, dont je n'ai rien dit parce qu'à la magnificence près elle se passa comme toutes les autres4; mais il y eut une difficulté5. Depuis que Mme de Verneuil fut, à sa grande surprise à elle-même, devenue princesse du sangG, elle avoit envoyé son carrosse aux entrées des am-

là une expropriation forcée, et que, pour faire plaisir à son « valet de chambre, » le Roi ne dépouilla pas de gré ou de force « les propriétaires de Luciennes. » Bodin rapporte, d'après le Dictionnaire topographique et historique du Maine, du chanoine le Paige (1777), que les exactions et violences de Charnacé furent dénoncées par un nommé Pioger, son voisin de campagne, grand chasseur, qui offrait tous les ans des chiens à Louis XIV : apprenant que le marquis avait tiré sur des chiens qui avaient cette destination, et même qu'il menaçait d'en faire autant au maître qui les dressait, le Roi fit immédiatement expédier une lettre d'exil, que Charnacé ne put jamais faire révoquer. Il existait en effet à Auvers-le-Hamon, près de Sablé, une dynastie de Pioger, qui dressaient des chiens couchants pour le Roi. Bodin ajoute que d'ailleurs Charnacé était accusé « par la voix publique d'avoir, pour s'exercer au tir, fait descendre d'un coup de fusil un couvreur qui réparait la couverture de son château. » On sait que ce fait fut attribué, sous Louis XV, au comte de Charolais.

Page 1