‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 22 sur 495 · Us d'arrivés a été ajoutée après coup · texte numérisé non relu

Us d'arrivés a été ajoutée après coup

2. Les baptêmes tardifs n'étaient pas chose tout à fait rare : M. Rosenzweig en a signalé plusieurs dans l'Introduction du tome IV de l'Inventaire sommaire des archives départementales du Morbihan, p. xl et xli. Loret annonce quelque part (Muse historique, tome II, p. 345) le baptême de Mlle de Béthune à quatorze ans, et Saint-Simon luimême, d'après Dangeau (Journal, tome XVIII, p. 38), racontera (Mémoires, tome XVI, p. 250) qu'en avril 1719, au moment de dresser la commission du comte de Marthon, fils de M. de Blanzac et futur duc d'Estissac, comme colonel du régiment de Conti-infanterie, on ne sut quel prénom mettre devant son nom : il fallut le baptiser à vingt-trois ou vingt-quatre ans. Le baptême du maréchal de Richelieu présenta encore des circonstances bien étranges, analogues à celles dont il est parlé ici : voyez les Correspondants de la marquise de Balleroy, tome II, p. 291. Le comte d'Estrées dont il va être question ne fut baptisé qu'à quinze ans, en 1675, et eut alors pour parrain et pour marraine le duc de Savoie et la reine de Portugal. Un cas particulier est celui de la fille de la duchesse de Choiseul qui, née hors mariage le 8 octobre 1697, ne fut baptisée qu'en 1723, et sous condition, à cause des circonstances de sa naissance (ci-après, p. 347, note 5). Quant aux princes, la nécessité de donner de la pompe a leur baptême et d'avoir de hauts personnages pour les tenir sur les fonts faisait presque toujours reculer la cérémonie.

3. Journal de Danyeau, tome VI, p. 284. — L'hôtel de Luynes, ou de

d'une fille du duc

Mariage Deux jours après', le comte d'Estrées2 épousa

d^Estrées ^e d'Àyen*. Une vieille bourgeoise, qui s'appeloit et Mlle de Toisy4, riche et sans enfants, qui voyoit bonne

compagnie et fort au-dessus d'elle6, amie du cardinal de Noailles, d'Estrées et fort ménagée par Mme de Noailles0, donna

Chevreuse, a déjà été nommé tomes II, p. 342, et III, p. 42; mais la noce Levis se fit à Versailles, dans l'hôtel de Luynes, qui était placé du côté de l'Orangerie, entre la Surintendance et l'hôtel de Beauvillier, et la cérémonie eut lieu à la chapelle du château. Notre auteur a mal lu Dangeau.

2. Victor-Marie d'Estrées, qui porta successivement les titres de comte d'Estrées, de maréchal de Cœuvres, et de maréchal et duc d'Estrées : voyez tome II, p. 99, note 1. Il avait trente-huit ans et possédait la survivance de vice-amiral depuis 1685. Nous l'avons vu commander la flotte devant Barcelone en 1697.

3. Lucie-Félicité de Noailles, aussi jolie que sa sœur, Mme de Coëtquen, était « laide et dégoûtante » : voyez notre tome III, p. 313 et note 3. Son mariage eut lieu dans la nuit du 29 au 30 janvier 4698, après quelques difficultés et retards dont Dangeau fait mention (tome VI, p. 258, 280 et 282).

4. On lit plutôt Tuisij que Toisy, ici comme dans les Additions à Dangeau. Saint-Simon écrit : Mlle, et non : Mme, parce que l'usage était encore, au dix-septième siècle, surtout dans la première moitié, de ne donner que le titre de « demoiselle » aux femmes de la haute bourgeoisie. — Jeanne Jappin, fille d'Etienne Jappin, seigneur de Farqueville, près Étampes, trésorier de l'artillerie et secrétaire du Roi, mort contrôleur général des poudres en 1650, avait épousé, le 31 mai 1644 (Journal d'Olivier d'Ormesson, tome I, p. 173 et 188), François Chaillou de Toisy, maître des comptes de 1635 à 1659. Devenue veuve de très bonne heure, elle mourut le 23 mars 1703, âgée de soixante-treize ans.

5. Dans un article du Mercure de 1703 qui va être indiqué, on nomme comme ses familiers et comme les habitués de sa maison l'évêque de Langres (Simiane), Mlle de Gesvres, Mme d'Épernon, Mmes de Martel et de Pringy, et même Monsieur le Prince.

6. Cette personne, que Coulanges appelait la « délicate Mme de Toisy » (la Marquise d'Huxelles, par le comte Éd. de Barthélémy, p. 182), et dont, selon Bussy, le père n'était qu'un bourgeois de Verdun (Correspondance de Bussy- Rabutin, tome IV, p. 276), passait pour avoir été longtemps la maîtresse de Barbier de la Rivière, évêque de Langres, et pour s'être enrichie grâce à lui. Le Chansonnier (ms. Fr. 12 692, p. 160, 191, 249 et 251) dit qu'elle prenait le titre de marquise pour attirer chez elle ducs et duchesses, et qu'elle les retenait en leur

une grande partie de la médiocre dot1, et le cardinal d'Estrées, qui vojoit la faveur des Noailles et qui en espéroit tout, acheva, de sa bourse, d'aplanir l'affaire2. Il les maria et dit la messe à minuit dans la chapelle de Versailles, Mme la duchesse de Bourgogne et grand monde aux tribunes, et force conviés en bas; et la noce se fit chez M. de Noailles. Le lendemain, la nouvelle marquise de Levis et la nouvelle comtesse d'Estrées furent déclarées dames du palais3.

prêtant de l'argent. On avait cru, en 1679, qu'elle se remarierait avec le duc d'Estrées. Sur la prière du duc de Noailles, Monsieur le Prince avait prêté à Mme de Toisy un appartement dans l'hôtel de Guise. Lorsqu'elle mourut en 1703, faisant la duchesse de Noailles sa légataire universelle (Journal de Dangeau, tome IX, p. 150-152, avec une longue note de Saint-Simon ; comparez une autre Addition mal placée au tome XVII, p. 5, et la suite des Mémoires, tome III, p. 401-402). M. de Lamoignon, qu'elfe avait fait son exécuteur testamentaire, ne put empêcher qu'on ne fit force épigrammes sur elle. Le Mercure même (mars, p. 322-331) publia un article piquant, que les éditeurs de Dangeau ont reproduit en regard de l'Addition de Saint-Simon (tome IX, p. 151-152).

1. Le contrat de mariage, daté du 27 janvier, se trouve dans les registres des Insinuations du Châtelet, aux Archives nationales, Y 270, fol. 340. Les Noailles donnaient à leur fille le revenu de cent cinquante mille livres, à quoi Mme de Toisy ajoutait des contrats de rente pour une valeur de deux mille sept cent soixante-dix-huit livres. Dangeau, en annonçant le 19 janvier (tome VI, p. 280) que les difficultés qui arrêtaient la conclusion sont aplanies, dit : « Mme de Toisy donne cinquante mille livres à Mlle d'Ayen après sa mort ; elle a été bien aise de s'en réserver les revenus, et M. le cardinal d'Estrées s'est chargé de payer tous les ans les deux mille cinq cents livres qui est (sic) la rente de ces cinquante mille livres-là : ainsi les mariés n'y perdent rien. » De plus, la pension de M. d'Estrées fut portée de quatre mille livres à dix, par brevet du 15 février 1698.

2. L'affaire est en interligne, sur tout, bine. — C'est l'objet d'un article des Annales de la cour pour 1697 et 1698, tome I, p. 150, qu'il faut comparer avec ce que Saint-Simon dit ioi, et surtout avec ce qu'il dira, en 1703, de Mme de Toisy. M. Bertin a parlé de cette « affaire » dans les Mariages dans l'ancienne société française, p. 230-232.

3. Cette nouvelle est annoncée par Dangeau (tome VI, p. 285) immédiatement après le mariage. Les deux jeunes dames n'avaient pas atteint leur quinzième année.

faite dame

Hu palais

avec

la marquise

de Levis.

[Add. S'-S. 235]

Mariage II s'en fit un troisième à Paris, assez ridicule1, de Mor-

de Mortagne tagne"2 avec Mme de Quintin3. Elle et Montgommery, de Quintin. inspecteur de cavalerie, dont j'ai parlé4, étoient enfants \Add S'-S. $3ô\ des deux frères. Elle avoit épousé le comte de Quintin % qui étoit un Goyon6 de même maison que MM. de Matignon, qui étoit fils du marquis de la Moussaye7 et d'une fille8 du maréchal de Bouillon9, laquelle étoit sœur de la

1. Ce troisième mariage est enregistré par Dangeau aussitôt après la déclaration des dames du palais, mais en termes très brefs : « M. de Mortaigne (sic) épousa le matin (du 29 janvier 1698), à Paris, Mme la comtesse de Quintin ; ils s'aimoient depuis longtemps. »

2. Antoine-François-Gaspard de Colins, dit le comte de Mortagne, guidon des gendarmes du Dauphin en 1689, fait ssus-lieutenant des chevau-légers de la Reine en 1690, s'était distingué à Fleurus et à Leuze, avait été estropié à la main lors du combat de la Marsaille, et était passé en 1695, avec le titre de capitaine-lieutenant, à la tête des gendarmes du duc de Bourgogne. En 1701, il vendit cette compagnie et devint premier écuyer de Madame, puis, en 1715, son chevalier d'honneur. Il mourut le 24 mars 1720, à cinquante-huit ans, ayant épousé en secondes noces, en février 1717, Mlle de Guémené, dont une fille.

3. Suzanne de Montgommery de Ducey, mariée en premières noces à Henri Gouyon de la Moussaye, comte de Quintin, et devenue veuve en 1684, se remaria en 1698 avec Mortagne, et mourut le 18 janvier 1712, à soixante-quatre ans. Elle était arrière-petite-fille du meurtrier d'Henri IL Sa signature est : Susanne de Mongommery.

4. En 1694 : tome II, p. 213-215, où les noms de Mme de Quintin et de ses amis M. de la Feuillade, les maréchaux de Duras et de Lorge ont été prononcés à propos de ce frère.

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