‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 223 sur 495 · Parce qu'il se proraenoit beaucoup, » dit Dangeau · texte numérisé non relu

Parce qu'il se proraenoit beaucoup, » dit Dangeau

2. Madame dit : « Le prince de Conti, le duc de la Feuillade et le grand prieur de Vendôme jouaient à l'hombre, à Meudon ; le prince de Conti jouait. Le Grand Prieur, à ce que raconte le prince de Conti, avait codille sûr en main, et frappa sur la carte afin que la Feuillade coupât : ce qu'il fit ; et alors le prince de Conti perdit codille. Il dit au Grand Prieur : « Vous jouez avec trop grand avantage, faisant couper « à codille sûr. » Le Grand Prieur répondit : « Tout autre que vous « ne me dirait pas cela! » « Je prends ces Messieurs à témoins, dit le « prince de Conti, que je n'ai rien dit qui vous puisse offenser; mais, « pour le codille, vous l'aviez sûr dans votre main. » Monsieur le Duc et M. le marquis de Gesvres regardaient le jeu. Le Grand Prieur se leva et dit : « Il n'y a plus moyen de jouer avec vous. » Le prince de Conti répondit : « Après ceci, il dépendra de vous de jouer avec moi « ou non ; mais, pour le présent, il y a encore cinq poules à jouer. Je « veux que vous les acheviez. » Tout en jurant qu'on ne l'y prendrait plus, le Grand Prieur finit la partie : après quoi, le Dauphin lui défendit de plus rien dire à M. de Conti. » (Correspondance de Madame, recueil Jaeglé, tome I, p. 199-200, et recueil Rolland, p. 186-187.)

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