Le signe du pluriel a été ajouté après coup
5. Nous avons déjà indiqué ces vidâmes et leurs propriétaires au temps de Louis XIV ; le Dictionnaire de Moréri ne cite en plus que le vidame de Reims, celui de Gerberoy (titre annexé à l'évêché même de Beauvais), et le vidame d'Esneval ou de Normandie, qui, lui, relevait nûment de la couronne. Du Cange en compte dix. Le titre de vidame de Châlons était porté, en 1698, par un conseiller au Parlement, François Guillaume. Certaines abbayes aussi avaient leurs vidâmes, ou bien des avoués, titre à peu près équivalent.
6. Histoire généalogique, tome VIII, p. 725-731. — Montoire est actuellement un des chefs-lieux de canton de l'arrondissement de Vendôme. Agnès de Vendôme, dernière héritière des comtes de cette ville, dont la filiation est établie jusqu'au temps de Hugues Capet, épousa, vers la fin du douzième siècle, Pierre, seigneur de Montoire, et leur fils releva le titre de comte en 1218. Trois générations plus tard, la terre de la Ferté fut apportée dans la branche des Vendôme seigneurs
« Saint-Simon a d'abord suivi cette orthographe, deux'lignes plus haut, et c'est précisément l'édition de 1723 qui figure dans le catalogue de sa bibliothèque.
WKMOIKKS M SAINT-SIMON. V 2j
dôme1 s'illustra par sa gentillesse, ses galanteries, ses grands biens, sa magnificence et la splendeur du tournoi qu'il donna2, et par les intrigues et les grandes affaires où il n'eut que trop de part, puisqu'elles le firent périr dans la Bastille3, ce nom de vidame de Chartres a paru
de la Chartre-sur-le-Loir, par l'héritière de Pierre de Mésalent, chevalier, et de Mahaud de Poissy, dame de la Ferté-Amauld et de Villepreux. Son petit-fils Robert devint vidame de Chartres en épousant l'héritière du dernier vidame de la famille de Meslay (Meslay-le-Vidame, entre Chartres et Châteaudun), et c'est alors que la terre de la Ferté quitta son surnom d'Arnauld, qu'elle tenait d'un fils de Guillaume de Ferrières, qui vivait en 1128, pour devenir la Ferté-au-Vidame. L'n frère de Robert, Jean, vaillant serviteur de Charles VII, épousa la veuve du maréchal Gilles de Retz (le Barbe-bleue de la légende) et fut le trisaïeul du vidame nommé ci-dessous, dont Rrantôme a fait l'éloge.
1. François de Vendôme, chevalier de l'ordre du Roi, qui succéda à Bonnivet, en 1557, comme colonel général des bandes de Piémont, puis fut gouverneur de Calais et du Calaisis. Notre auteur va faire allusion à l'éloge de ce personnage par Brantôme, dans ses Grands capitaines François (Œuvres, tome VI, p. 113-123). C'est aussi un des principaux héros du roman de Mme de la Fayette, la Princesse de Clèves.
2. Donne corrigé en donna. — Ce n'est pas précisément un tournoi que donna le vidame ; mais Brantôme raconte que, prié par un espagnol de venir lui servir de parrain dans un duel outre-monts, « à ses propres coûts et dépens, il mena au combat en Italie Artiague, avec cent gentilshommes, en poste, tous vêtus d'une même parure et fort superbe, tant de la poste que de pied, et chacun une chaîne d'or au col faisant trois tours... ; et lui seul fit les frais du combat, qui n'étoient pas petits.... » (Œuvres de Brantôme, tome VI, p. 114.) Ensuite vient la description d'un festin que le vidame offrit à la cour d'Angleterre, en 1550. Brantôme fait entendre que Catherine de Médicis 1' « aima et porta jusqu'au jour de sa viduité, » puis le haït au point de concourir à sa disgrâce. Le président de Thou le qualifie d'homme « illustre par sa naissance, puissant en biens, grand en esprit et en courage, mais trop amateur du mal. » On estima ses terres, quand il mourut, à près de trois millions.
3. Après la mort d'Henri II, le nouveau roi fit mettre le vidame à la Bastille, sous l'accusation d'avoir connu les menées du prince de Condé, son parent. Il n'en sortit qu'à la mort de François II, étant atteint d'un mal qui l'enleva quelques jours après ce prince, le 16 décembre 1560. (Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albret, par le baron de Ruble, tome II, p. 325-333; Lettres de Catheri?ie de Médicis, publiées par le comte II. de la Femère, tome I, p. lxxxu et 147.)
beau, et, ce fief ayant toujours appartenu aux mêmes qui avoient la terre de la Ferté-Arnauld1, qui, de ce Vendôme, tomba par sa sœur aux Ferrières2, et de ceux-ci, encore par une sœur, aux la Fin3, Louis XIII l'ayant fait ache-
1. Voyez la liste des vidâmes insérée par M. Lucien Merlet dans ses Lettres des rois de France.... aux.... habitants de Chartres (1855), p. 110-111, note (cette liste présente des différences notables avec V Histoire généalogique) ; la notice consacrée à la Ferté-Arnauld ou au-Vidame dans Y Annuaire du département d'Eure-et-Loir pour 1851 , la Notice sur la vie et les mémoires de Saint-Simon, par M. Chéruel, p. lxiii-lxiv et lxxiii, et le livre de M. Armand Baschet sur le Duc de Saint-Simon, p. 55-66 et 193.
2. Ce n'est pas la sœur du vidame, mais sa tante, Louise de Vendôme, qui épousa, le 12 septembre 1519, François de Ferrières, seigneur de Maligny, en Bourgogne, et fut mère de : 1° Jean de Ferrières, vidame de Chartres, mort sans postérité ; 2° Edme de Ferrières, dit le jeune Maligny ; 3° Béraude de Ferrières, femme : 1° du seigneur de Bédeuil ; 2° (17 avril 1559) de Jean de la Fin, seigneur de Beauvoir-la-Nocle, et qui fut dame d'honneur de Catherine de Navarre, et mère de Prégent de la Fin, vidame de Chartres. (Histoire généalogique, tome VIII, p. 730 ; Gabinet des titres, dossier Bourbon 3006, fol. 1-4, notice sur les vidâmes de Chartres, princes de Chabanais, dressée d'après les titres du Trésor de la Ferté, vers 1635.) Jean de Ferrières-Maligny, fils aîné de Louise de Vendôme, joua un rôle considérable dans le parti protestant après la mort de son cousin germain, aux projets duquel il avait été mêlé (Antoine de Bourbon et Jeanne d'Albrct, tome II, p. 343-348; Histoire universelle, par J.-A. de Thou, tomes V, p. 626, et VI, p. 390 ; Lettres de Catherine de Médicis, tome I, p. lxxxi, lxxxii et 161 ; la France protestante, tome V, art. Ferrières). Condamné à mort en môme temps que Coligny et Montgommery, pour lèse-majesté, il trouva un asile à l'étranger, avec son frère Edme, qui se noya à Genève en 1560. C'est lui sans doute qui fit établir à la Ferté-Vidame un temple réformé, dont la destruction eut lieu dans une sédition, cent ans plus tard (Benoit, Histoire de redit de Nantes, tome IV, p. 459). Sa vie a été écrite en 1858 par M. Léon de Bastard. Après lui, le vidame passa à sa sœur, qui, devenue veuve en 1599, mourut le 3 septembre 1618, à laFcrté- Vidame. Cette terre était évaluée alors à près de trois cent mille écus, et avait une certaine importance comme maison forte.
3. Saint-Simon a déjà raconté ce qui va suivre, mais plus au long, dans notre tome II, p. 14-15. Quand Prégent de la Fin mourut, en octobre 1624, sans postérité, allant conduire la cavalerie, comme maréchal de camp, au secours de Breda, sa terre était saisie par les créanciers.
Éclat entre le duc de Bouillon
et le duc
d'Albrct, son
fils.
ter à mon père, parce qu'il n'y a que vingt lieues de là à Versailles, il acheta en même temps ce fief dans Chartres, qui en est le vidamé1, et m'en fit porter le nom2, que j'ai fait après porter à mon fils3.
Un peu devant le voyage de Compiègne, M. de Bouillon et le duc d'Albret*, son fils aîné, se brouillèrent avec éclat5. Il y avoit quelque temps que, de l'agrément du père, le fils avoit fait un voyage à ïurenne, pour en rapporter le présent qui se faisoit aux6 fils aînés du seigneur de Turenne la première fois qu'il y alloit7. Le duc d'Albret y avoit mené des gens d'affaires, qui y trouvèrent un testament du maréchal de Bouillon8, portant, à ce qu'ils prétendirent, une substitution dûment faite et insinuée partout où il appartenoit, qui assuroit tout d'aîné en aîné9,
1. Voyez notre tome I, Appendice, p. 443. — « Qui en est le vidamé, » c'est-à-dire qui est le siège du vidarae et de son titre.