‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 241 sur 495 · Tome IV, p · texte numérisé non relu

Tome IV, p

3. C'est en février et en juin 1668 que Souzy fut chargé successivement d'administrer les deux nouvelles provinces de Franche-Comté, puis de Flandre, qui, comme frontières, étaient du département de Louvois ; mais il quitta Lille dès le commencement de 1684, pour venir seconder son frère au contrôle général des finances.

4. Marie-Madeleine Guérin des Forts, fille d'un maître des comptes, mariée en août 1669. Elle mourut subitement, le 21 septembre 1691 (Journal de Dangeau, tome III, p. 406). De ce mariage étaient venus un fils, qui fut ministre de Louis XV, sous le nom de le Peletier des Forts, et dont sortit la branche dite de Saint-Fargeau, et une fille, qui fut la mère de M. Turgot, prévôt des marchands, et la grand' mère de l'illustre ministre du même nom.

5. Comparez les Écrits inédits, tome VI, p. 356. — Non seulement le Chansonnier parle de ses amours avec Souzy (ms. Fr. 12 619, p. 387), mais les Annales de la cour (tome II, p. 432-433) disent que tout le monde alla faire ses condoléances à l'intendant, et que le Roi lui-même affectait de connaître cette union, à tel point qu'un jour de grande perte au jeu pour Mme d'Espinoy, il fit avouer à Souzy que c'était lui qui l'avait aidée à payer sa dette. C'est sans doute aussi Souzy qui procurait à son amie des « avis de finance » fort productifs, ou les moyens d'en tirer parti : voyez les Archives de la Bastille, tome XI, p. 35, 36 et 44.

pour son fils, qui n'étoit pas encore dans le monde1; l'autre fils mourut en y entrant2. Le désir de rendre ce tabouret plus solide lui fit briguer le mariage de Mlle de Commercy3, dès lors dans toute la confiance déclarée de Monseigneur, ainsi que Mme et Mlle de LiUebonne, sa mère et sa sœur aînée4. Cette raison, et dans une fille de la maison de Lorraine fort belle et fort bien faite, la fit passer sur plusieurs années plus que n'avoit son fils5 et sur la médiocrité du bien, qui étoit nul et qui alors ne paroissoit pas pouvoir augmenter6. Le mariage se fit7, et la belle-mère et la belle-fille vécurent toujours dans la plus étroite amitié. Avec ce surcroît de princes vrais et8 faux dont son fils étoit environné de si près9, bien leur fâchoit de ne l'être pas aussi10. Elle étoit intrigante, et le fut assez pour introduire ses filles à la cour et en même temps faire en sorte qu'elles11 ne se trouvassent presque jamais dans les temps où on s'assoyoit, quoiqu'il n'y en eût guère d'autres de faire sa cour à Versailles, où pourtant j'ai été au souper du Roi derrière toutes les deux, mais cela étoit extrêmement rare; et, bientôt après

1. Ce fils (ci-dessus, p. 334, note 4), tenu au baptême par le Roi et la Reine, avait été élevé avec Saint-Simon (tome IV de 1873, p. 165-166).

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