‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 256 sur 495 · Tous les meubles neufs et faits exprès · texte numérisé non relu

Tous les meubles neufs et faits exprès

4. Pour ces tables qui se renouvelaient incessamment, sans interruption, comme il a été dit plus haut.

5. Offices pour garder le linge, la vaisselle, les vins et les liqueurs, qui se portaient sur les bêtes de somme. Saint-Simon écrit: somelleries.

6. Pour ces dépendances de la maison du maréchal, voyez le Mercure, septembre 1698, p. 167-171.

7. La première lettre de ravissoit, qui est bien au singulier malgré les cinq sujets, corrige et.

8. Le luxe de la table aux armées était chose à peu près générale depuis une trentaine d'années. Selon Gourville (Mémoires, p. 514), M. d'Humicres avait, le premier, lors des campagnes de Lille et d'Arras, fait servir jusque dans les tranchées des ragoûts et des entremets dans de la vaisselle d'argent, tandis qu'on n'avait jamais vu Turenne employer que des assiettes de fer. Au commencement de la guerre de Hollande,

Ce voyage1 fut le premier où les dames traitèrent d'an- Dames

cienne délicatesse ce qu'on n'eût osé leur proposer : il y s e n^*n en eut tant qui s'empressèrent à être du voyage, que le Gompiègne Roi lâcha la main et permit à celles qui voudroient de venir à Gompiègne2; mais ce n'étoit pas où elles3 tendoient : elles vouloient toutes être nommées et la nécessité, non la liberté, du voyage4, et c'est ce qui leur fit sauter le bâton5 de s'entasser dans les carrosses des Princesses6. Jusqu'alors, tous les voyages que le Roi avoit faits, il avoit nommé des dames pour suivre la Reine ou Mme la Dauphine dans les carrosses de ces premières princesses; ce qu'on appela les Princesses, qui étoient les bâtardes du Roi, avoient leurs amies et leur compagnie pour elles, qu'elles faisoient agréer au Roi et qui alloient dans leurs carrosses à chacune, mais qui le trouvoient bon et qui marchoient sur ce pied-là7. En ce voyageci, tout fut bon pourvu qu'on allât. 11 n'y en eut aucune dans le carrosse du Roi, que la duchesse du Lude, avec

en mai 1672, il y avait eu une interdiction d'emporter de la vaisselle d'argent (Œuvres de Louis XIV, tome V, p. 495), sans que cette ordonnance somptuaire, non plus que tant d'autres, remédiât à rien. Pendant une des campagnes récentes, le maréchal de Villeroy entretenait quatre tables de vingt couverts chacune (Gazette d' Amsterdam, 1695, p. 226), et l'on peut voir dans les Mémoires du maréchal de Villars, éd. Michaud et Poujoulat, p. 148-149, une lettre écrite par lui à Mme de Maintenon, en 1705, pour faire renouveler les « pragmatiques contre le luxe des tables. » Des ordonnances furent faites effectivement deux ans plus tard (Journal de Dangeau, tome XI, p. 344). — Quant à la vaisselle d'argent, Boufïlers en était bien fourni, car, lors de la fonte de 1709, ce fut lui qui donna l'exemple du sacrifice, et il envoya à la Monnaie quinze cent trente-neuf marcs d'argent, valant plus de cinquante-deux mille livres.

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