Proposées, au féminin pluriel, dans le manuscrit
2. Avaient reçu des habillements neufs : ci-dessus, p. 348. Littré n'a pas relevé cet emploi au neutre. — Le Mercure donne la description des uniformes de chaque troupe (septembre 1698, p. 199-202).
3. Quoiqu'ils n'eussent pas de troupes à habiller, dit Dangeau (tome VI, p. 425), auquel Saint-Simon prend ces détails, en négligeant ce qui se trouve encore sous la date du jour suivant : « Le Roi a fait donner à chaque colonel ou mestre de camp des troupes qui sont ici trois cents écus. »
4. Ici, francs est écrit en toutes lettres, tandis que, plus haut, Saint-Simon s'est servi du sigle +t, qu'on pourrait donc traduire aussi bien par « francs » que par « livres ». — Dans la table de son manuscrit du Journal de Dangeau, août 1698, Saint-Simon avait relevé le fait en ces termes : « Cent mille francs de gratification au maréchal de Boufïlers, après son camp de Compiègne, où il en avoit bien dépensé d'autres. »
5. La Gazette d'Amsterdam (n0" lxxix-lxxx) dit que l'indemnité aux officiers s'éleva à la somme totale de sept cent mille francs, et que la dépense générale, tant pour la cour que pour l'armée, fut de seize millions, chiffre fort éloigné encore des trente-trois millions que coûta, selon M. de Luynes, un camp de paix donné par Auguste de Pologne.
6. Voyez, dans notre appendice XIV, l'histoire d'un capitaine de cavalerie racontée dans le n° lxxvi de la Gazette d'Amsterdam. Le souvenir de ces prodigalités ruineuses fut consacré par Dancourt, dans la comédie : les Curieux de Compiègne, où l'on ne voit que jeunes officiers dépouillés au jeu, ou bourgeois raillés par les soldats pour leurs faux airs de foudres de guerre, et dûment bernés.
penser ce que ce fut que cent mille francs à la magnificence, incroyable à qui l'a vue, dont il épouvanta toute l'Europe par les relations des étrangers qui en furent témoins, et qui, tous les jours, n'en pouvoient croire leurs yeux1.
L'intervalle est si court entre le retour du Roi, le 24 septembre, de Gompiègne, et son départ, le 2 octobre, pour Fontainebleau2, que je placerai ici une chose qui fut entamée avant le premier de ces deux voyages3, et qui ne fut consommée qu'au retour du second. Elle semblera peu intéressante parmi4 tout ce qui l'a précédée et la suivra; mais j'y pris trop de part pour l'omettre, et je ne la puis bien expliquer sans rappeler ma situation avec quelques personnes. La première me fait trop d'honneur pour n'être pas embarrassé à la rapporter ; mais, outre que la vérité doit l'emporter sur toute autre considération, c'est qu'elle a influé depuis sur tant de choses importantes, qu'il n'est pas possible de l'omettre.
On a vu en son temps le mariage du fils unique de La belle-fille de
1. Il reviendra encore, à propos de Louis XIV (tome XII, p. 40, et Parallèle, p. 265 et 314), sur les conséquences ruineuses de cette prodigalité « si immense et si déplacée, » propre à alarmer toutes les puissances. Des historiens, même parmi les contemporains, affirment que ce n'était pas une simple parade de gloriole, mais bien une réponse opportune à des projets et à des préparatifs belliqueux de l'Espagne. Quoi qu'il en ait été de la portée politique de cette démonstration ou « montre, » comme le dit Saint-Simon, on est obligé de reconnaître, avec lui ainsi qu'avec les gazettes et les écrivains indépendants, que le moment était mal choisi pour des dépenses improductives, alors que la noblesse se trouvait épuisée par dix années de guerre, et les basses classes par une surcharge d'impositions extraordinaires, dont elles n'avaient pu être soulagées depuis la conclusion de la paix de 1697, et à laquelle se joignait, précisément en 1698, une disette au moins partielle, sinon générale dans tout le Royaume.