Mesme est ajouté en interligne
4. Selon le duc de Luynes (tome I, p. 158), ou plutôt selon un mémoire de l'abbé de Pomponne cité par ce duc, le marquis Vaïni était d'une maison noble du duché d'Urbin alliée aux Barberini, et, par ceuxci, à la maison d'Esté, c'est-à-dire à la reine d'Angleterre. C'est sur le conseil d'un frère cadet, qui fut général des galères de Malte, qu'il affecta de s'attacher à la France, et, comme le ca dinal de Janson et la reine d'Angleterre demandaient pour lui, en retour, un collier de l'Ordre, le roi Louis XIV répondit qu'il fallait qu'il fût titré. On obtint alors du pape Innocent XII l'érection en principauté de la terre de Cantalupo, provenant des Savelli. Ce serait donc au cardinal de Janson, et non au cardinal de Bouillon, qu'il faudrait attribuer l'initiative de cette promotion. Le second ne fit qu'achever ce qui avait été mené fort avant par le premier.
l'ambition. Il s'étoit attaché au cardinal de Bouillon en ses précédents voyages; en celui-ci, il s'y attacha de plus en plus. Le cardinal lui fit grand montre de son crédit et lui laissa entrevoir l'Ordre par sa protection1 : c'en fut assez pour en obtenir de lui2 Y Altesse Èminentissime ; et tout aussitôt voilà toutes les dépêches du cardinal de Bouillon remplies de la convenance d'envoyer l'Ordre à quelque baron romain qui fît honneur à la France par son attachement et qui servît bien ses ministres par ses avis et par son crédit, comme, de temps en temps, on en avoit toujours honoré quelqu'un 3. Il vanta ensuite la naissance, l'esprit, la considération et le crédit de Vaïni l à Borne, et les services qu'on en pourroit tirer, et fit tant enfin, que le Boi lui envoya l'Ordre, c'est-à-dire le nomma à la Chandeleur5, avec la permission, dès qu'il auroit fait ses preuves6, de le porter, en attendant qu'il reçût le collier7. Si Vaïni en fut transporté d'aise, le
4. Aussitôt fait prince, M. Vaïni en informa le roi de France, qui, dans sa réponse, le traita de cousin et promit de lui donner l'Ordre sans retard (Affaires étrangères, Rome 381, fol. 100 et 121 v°). Vaïni, en retour, arbora les armes de France sur la porte de son palais de Rome et fit faire une statue du Roi (Gazette d'Amsterdam, Extr. xxxi et n° lv, juin 1697).