‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 451 sur 495 · Gazette de 1683, p · texte numérisé non relu

Gazette de 1683, p

LA PRINCESSE DE SOUBISE. 5o3

raestre de camp de cavalerie, pour le chevalier; en 1694, fiançailles de Mlle de Soubise avec le comte de Calhéta dans le cabinet du Roi, qui donne un collier de perles de dix mille écus acheté à la vente de la vieille Mme de Chavigny * ; en 1694 encore, un canonicat de Strasbourg pour l'abbé, la survivance du gouvernement de Champagne et Brie pour le prince Hercule-Mériadec, qui épouse la princesse de Turenne, héritière de Ventadour, et, pour leur mère, une place de duègne auprès de la future duchesse de Bourgogne2; en 1696, le grade de brigadier pour le même prince Hercule-Mériadec, qni passe maréchal de camp dès 1702, capitaine des gendarmes dès 1703, lieutenant général dès 1704; en 1697, une enseigne aux gendarmes pour le prince Maximilien; en 1698, une abbaye de dix-huit mille livres pour l'abbé, à peine sorti des bancs de la Sorbonne; en 1700, peut-être les frais de l'élection à la ■coadjutorerie de Strasbourg; etc., etc.

Le silence presque absolu du Journal de Dangeau sur Mme de Soubise, après l'année 1700, marque combien l'éclipsé fut complète. C'est qu'un mal impitoyable retenait la princesse « à pourrir sur les meubles les plus précieux, au fond de ce vaste et superbe hôtel de Guise5, » dont elle vit à peine commencer les augmentations et l'embellissement. « Rien de plus fragile que ces blondes éblouissantes, a dit Michelet 4.

Elles doivent souvent leur éclat au vice du sang. On le vit par la

Soubise, qui mourut de scrofules, décomposée et gâtée jusqu'aux os »

Michelet paraphrase Saint-Simon. Celui-ci précise tout, et le mal, et ses causes premières. Astreinte, dit-il, à un régime suivi pour conserver la fraîcheur et l'éclat de son teint, Mme de Soubise ne mangeait jamais que du veau, des poulets et des poulardes rôtis ou bouillis, des salades, des fruits, quelques laitages; pour boisson, elle ne prenait que rarement quelques gouttes de vin dans son eau5. « Ce fut, lit-on dans une rédaction primitive, ce fut cette constante nourriture qui lui donna les écrouelles, qu'elle porta plusieurs années, et sans qu'on le sût, et dont, à la fin, elle mourut6. » Mais, en un autre endroit des Mémoires7, le mal est présenté comme une affection beaucoup plus ancienne, constitutionnelle même, qui aurait été cause de la mort prématurée de quelquesuns des enfants, « malgré le miracle qu'on prétend attaché à l'attouchement de nos Rois ; la vérité est que, quand ils touchent les malades, c'est au sortir de la communion8. » En effet, dès les plus beaux temps, on

1. Journal de dangeau, tome V, p. 8 et 10, avec Addition de Saint-Simon, qui n'admet pas que ces présents soient spéciaux pour les familles princières.

2. Voyez notre tome IV, p. 302. — 3. Mémoires, tome VI, p. 249.

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