Mémoires de Sourches, tome 11, p. 15, note
A. Chansonnier, ms. Fr. 12 687, p. 546 et 561. C'est le temps où M. de Soubise fut fait lieutenant général.
leraent, pour sa femme, que le Koi aurait fait plus de bruit que de besogne et perdu son temps. C'est précisément ce que répètent longuement deux pamphlets, du môme temps à peu près, qui ont été compris par M. Charles Livet dans son édition de l'Histoire amoureuse des Gaules, et où cet écrivain, si familier avec la chronique du dix-septième siècle, a retrouvé toute une série d'arguments propres à réhabiliter la mémoire de Mme de Soubise. Voici d'abord ce qu'on lit dans la Suite de la France galante ou les Derniers dérèglements de la cour, qui est un récit du triomphe définitif de Mme de Maintenon (vers 1678) :
« Il arriva un petit contretemps dans leur commerce galant; c'est que le Roi, qui est d'une complexion amoureuse, a de la peine à voir une belle sans concevoir d'abord de l'amour pour elle. Mme de Soubise, qui a beaucoup de charmes et d'agréments, eut l'honneur de plaire à S. M. ; mais, comme cette dame est d'une vertu exemplaire et avoit reconnu depuis quelque temps, au langage muet des yeux de ce monarque, qu'il avoit pour elle plus que de l'estime, et que le Roi cherchoit des moments de lui parler en particulier, elle fit son possible pour l'éviter, jusqu'à ce que, finalement, après quelque déclaration que le Roi lui avoit faite, elle pria son époux de la mener à une de ses terres, pour y passer le reste de la belle saison et tâcher de rompre par son absence tous les desseins du Roi1. »
Beaucoup plus explicite et plus affirmatif encore est le pamphlet du Grand Alcandre frustré, dont M. Livet a fait très ingénieusement le commentaire2. Comme date, ce second pamphlet, un peu antérieur au premier, nous place probablement en 1676 5. C'est tout un roman. Ainsi que Saint-Simon, l'auteur raconte que Louis brûla longtemps pour les charmes de la comtesse de L*** (pseudonyme qui dissimule le nom véritable) sans rien oser dire, étant tenu à distance par l'attitude de cette belle et par ses airs de vertu offensée. Il fallut donc employer un intermédiaire : le complaisant la Feuillade, chargé de ce rôle, échoua complètement. « Je lui sais bon gré de l'honneur qu'il me fait, dit ironiquement la princesse; mais, la chose étant de la dernière importance, il faut que je la communique au comte mon époux4. » Néanmoins, une correspondance s'engagea : le pamphlet en cite deux billets comme