‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 60 sur 495 · Du corrige de · texte numérisé non relu

Du corrige de

8. L'auteur des Maximes et des Mémoires. Ceci a été déjà dit en 1697, tome IV, p. 92-93, à propos de l'évêque de Soissons.

et qui eut tant d'esprit et d'amis. Sa sœur [en] avoit aussi beaucoup, mais rien vaillant : ce qui fit son mariage. Elle [Add.S'-S.246bi$] se trouva mal mariée, et ne parut point à la cour1. M. de Sillery 2 avoit aussi beaucoup d'esprit, mais nulle conduite, et se ruina en fils de ministre, sans guerre ni cour. Il ne laissoit pas d'être fort dans le monde et désiré par la bonne compagnie. Il alloit à pied partout, faute d'équipage, et ne bougeoit de l'hôtel de la Rochefoucauld3 ou de Liancourt, avec sa femme, qui s'y retira dans le désordre de ses affaires, longtemps avant la mort de son mari*. Elle étoit fort considérée de ses neveux et assistée de tout. Puysieulx, qu'on vient de voir ambassadeur en Suisse3, le chevalier de Sillery, écuyer de M. le prince de Gonti,et l'évêque de Soissons étoient ses enfants6. Sillery, leur père, étoit petit-fils du chancelier de Sillery7

1. « Elle est morte, dit Dangeau, à Liancourt, où elle étoit retirée depuis longtemps. C'étoit une femme de beaucoup d'esprit et de vertu, mais que nous n'avons jamais vue à la cour. »

2. Louis-Roger Brûlart, marquis de Sillery, né le 26 janvier 1619 et tenu sur les fonts, le 3 février, par Louis XIII et par la comtesse de Soissons, joua un rôle considérable dans le parti des Princes, de 1650 à 1652 {Histoire de France pendant la minorité de Louis XIV, par M. Chéruel, tome IV, p. 123 et 345-346 ; Mémoires de Monglat, p. 253 ; Journal de Dubuisson-Aubenay, tome II, p. 57, 60, 61, 62; Mémoires de Nicolas Goulas, tome III, p. 244-245 et 345-346, etc.), et faillit, au grand étonnement de bien des gens, être choisi pour gouverneur du duc de Chartres, en 1680 (Lettres de Mme de Sévigné, tome VII, p. 77-78 ; Correspondance de Bussij, tome V, p. 158-160). Il mourut à Liancourt, le 19 mars 1691.

3. L'hôtel de la Rochefoucauld, d'abord Liancourt, rebâti par le Mercier en 1623, passa au duc François VII par son mariage avec l'héritière du duc de la Rocheguyon. Il était situé rue de Seine, et la rue des Beaux-Arts a été ouverte, en 1824, sur son emplacement. On a une description de cet hôtel, en 1644, par le voyageur anglais Evelyn.

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