‹ Memoires de Saint-Simon (volume 2)Chapitre 67 sur 495 · Journal de Dangeau, tome VI, p. 322-323, 2 avril · texte numérisé non relu

Journal de Dangeau, tome VI, p. 322-323, 2 avril

4. Ibidem, p. 335, 23 avril. Comparez le Mercure d'avril, p. 24G-253.

5. Louis-Henri-Joseph de Loménie, marquis de Pougy, puis comte de Brienne, né en 1636, pourvu dès le 24 août 1651 de la survivance de la charge de secrétaire d'État « des étrangers, » et, le 12 septembre, d'un titre de conseiller d'État, entra en exercice, concurremment avec son père, sept ans plus tard, mais vendit la charge en 1663. Mort le 17 avril 1698. Son portrait en buste, d'après Ch. Lebrun, fut gravé parLenfant, en 1662.

6. Loret, en 1656 (Muse historique, tome II, p. 267), alors que Brienne était encore tout jeune, vantait déjà ses talents et sa connaissance des langues espagnole, flamande, allemande et italienne. Voyez d'ailleurs, dans le Moréri, le curieux article qui lui est consacré, et dont, certainement, Saint-Simon s'est servi. Sa correspondance ministérielle, comme suppléant de son père, est aux Affaires étrangères.

7. Henri-Auguste de Loménie, connu d'abord sous le nom de la Ville-aux-Clercs, comme son père, fit cinq ans de voyages en Europe au sortir du collège, débuta alors comme secrétaire du cabinet du roi Louis XIII, dont il gagna la confiance, ainsi que celle de la Reine mère, fut reçu, le 12 août 1615, en survivance de la charge de secrétaire d'État de la maison du Roi, que son père exerçait depuis 1606, et eut un titre de conseiller d'État, puis la charge de prévôt et maître des cérémonies de l'Ordre de 1619 à 1621 °, celle de capi-

a II eut une promesse d'être fait chevalier de l'Ordre, mais mourut sans avoir été reçu; son gendre Gamaches fut nommé à sa place.

lorsque Chavigny fut chassé4. Loménie, qui vouloit rendre son fils capable de la bien exercer, et2 qui n'avoit que seize ou dix-sept ans, l'envoya voyager en Italie, en Allemagne, en Pologne, et par tout le Nord, jusqu'en Laponie. Il brilla fort, et profita encore plus dans tous ces pays, où il conversa avec les ministres et ce qu'il y trouva de gens plus considérables, et en rapporta une excellente relation latine3. Revenu à la cour, il y réussit admira-

taine des Tuileries en 1622, l'ambassade d'Angleterre en 1624, et une place de conseiller d'honneur au Parlement en 1632. Devenu secrétaire d'État en titre à la mort de son père (1638), il fut forcé de se retirer en février 1643 et de céder sa charge à Guénegaud du Plessis, mais remplaça Chavigny, le 23 juin suivant, comme secrétaire d'État du département des affaires étrangères et ministre d'Étatv se retira du ministère le 3 avril 1663, et mourut le 5 novembre 1666, rue des Saints-Pères, à soixante et onze ans. On a de lui des mémoires importants, publiés en partie dès 1717, et que Saint-Simon possédait (n° 766 de son catalogue). Voyez son article dans le Morèri, son caractère par Mme de Gamaches, sa fille, dans la Galerie de Mlle de Montpensier, son éloge dans la Gazette de 1666, p. 1163-1164, et son oraison funèbre par le P. Sénault, supérieur de l'Oratoire. A onze ans, il avait eu l'abbaye de Josaphat, en remplacement de Philippe des Portes, mais s'en était démis aussitôt. Son portrait fut gravé en 1660 d'après la peinture de Nanteuil.

1. Voyez notre tome I, p. 176, note 2, les Mémoires de Mme de Motteville, tome I, p. 169, et l'Histoire de France pendant la minorité de Louis XIV, par M. Chéruel, tome I, p. 147-148. — Saint-Simon a omis l'accent sur chassé.

2. Et est en interligne. Le qui suivant se rapporte, bien entendu, non pas à Loménie, comme le voudrait la construction, mais à son fils.

3. Le Moréri dit : « Nous avons de lui une petite histoire de ses voyages en latin, dont on admire l'élégance et la netteté ; » mais il ajoute, trois colonnes plus loin, que divers auteurs, notamment Chapelain, contestaient à Brienne la paternité de plusieurs de ses œuvres, et, entre autres, attribuaient celle de Yltincrarium publié en 1660 à Benjamin Priolo, lequel était en effet très lié avec le jeune secrétaire d'État : voyez les Lettres de Colbert, tome V, p. 444, et les Lettres de J. Chapelain, publiées par M. Tamizey de Larroque, tome II, p. 301, 355 et 606. Deux chapitres des mémoires de Brienne, indiqués ci-après, le représentent racontant ses voyages à la cour émerveillée.

blement, et dans son ministère, jusqu'en 1664, qu'il perdit sa femme1, fille de ce même Chavigny et sœur de Monsieur de Troyes, de la retraite duquel j'ai parlé 2, de la maréchale de Clérambault3, etc. \ Il l'avoit épousée quatre ans après la mort de Chavigny. Il fut tellement affligé de cette perte, que rien ne put le retenir5 : il se jeta dans les Pères de l'Oratoire 6 et s'y fit prê-

1. Henriette Bouthillier, fille de Léon, comte de Chavigny, baptisée le 27 mai 1637, épousa le jeune Brienne le 15 janvier 1656 (Muse historique de Loret, tome II, p. 132-133 et 149), et mourut vers la fin ■de 1663 (et non en 1664). Son portrait, écrit par elle-même, est dans la Galerie de Mlle de Montpensicr, éd. de M. Éd. de Barthélémy, p. 111-114.

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