Le manuscrit porte bien : gd splendeur
3. Journal de Dangeau, tome VI, p. 338 : « Il a fait la duchesse de Bracciano, sa femme, sa légatrice universelle. Le Pape n'a point voulu qu'on mît de scellé dans le palais du mort ; c'est une grâce que la duchesse de Bracciano a fait demander par le cardinal de Bouillon, prétendant même que c'est un droit qu'ont les quatre barons romains. » Comparez la Gazette, p. 212, et la lettre écrite par la veuve au Roi pour le remercier des bons effets de l'intervention du cardinal (Affaires étrangères, Rome 390, fol. 71-72). L'inhumation eut lieu le 7 avril.
4. Il est dit dans la généalogie de la maison Orsini, par Litta, que le duc, dénué de mérite personnel, indolent, plein d'incurie, avait vendu une partie de son patrimoine dès 1661. Plusieurs des fiefs qui lui restaient durent faire retour à la Chambre apostolique. Tous comptes faits, la princesse n'eut plus que dix-sept mille livres de rente.
5. Livio Odescalchi, devenu duc de Ceri en 1680, remplit les fonctions de général de l'Église depuis la mort de son oncle jusqu'à l'avènement d'Alexandre VIII, fut fait alors prince de l'Empire, eut une grandesse en mars 1690, le duché de Bracciano en 1696, le duché de Sirmie (Zirmich, Sirmium, en Hongrie) en 1698, puis la Toison d'or, et mourut à Rome, sans alliance, le 7 septembre 1713. M. de Bracciano l'avait adopté comme héritier dès 1695, malgré certaines oppositions (Gazette, correspondance de Rome, 2 août 1695, p. 399), et, probablement, c'est cette nouvelle qui engagea la duchesse à revenir en Italie. Elle fit rejeter par le tribunal de la rote, en mai 1697, les demandes du prince, et obtint que son mari lui laissât le droit de désigner un successeur pour les honneurs du soglio (vol. Rome 390, fol. 60).
6. Benoît Odescalchi, « étrange pape, » dit Saint-Simon, ne voulait point faire de népotisme au profit de son héritier; mais il lui laissa tout leur bien patrimonial, qui rapportait plus de quarante mille écus
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[Add. S'-S. 249\ le duché de Bracciano1, mais avec la condition expresse que Mme de Bracciano en quitteroit le nom2, et c'est ce qui lui fit prendre celui de princesse des Ursins, sous lequel elle est devenue fameuse. Le cardinal de Bouillon, après ce service rendu pour le scellé, se brouilla avec elle, mais aux couteaux tirés, et3 ne se sont jamais revus. Mme de Bracciano, car elle en portoit encore le nom,
de rente (Mémoires de Pomponne, tome I, p. 24-25). Don Livio est célèbre dans l'histoire de la curiosité comme acquéreur de la collection du cardinal Matthei, en avril 1688, et surtout de celle de la reine Christine, en janvier 1692. Quand il posa sa candidature au trône de Pologne en 1697 (voyez notre tome IV, p. 177, note 2), sans aucune chance de succès, il promit, par manifeste imprimé, de donner ses collections à la République, s'il était élu. Saint-Simon dit de lui, en termes méprisants, à propos du cardinal d'Estrées (Addition au Journal de Dangeau, tome XV, p. 309) : « Neveu du Pape fort inepte, sinon à amasser, comme il fît, des biens immenses. » Selon Dangeau (tome II, p. 197), il s'était enrichi à la fabrication des monnaies et à la vente des grains. Plus tard, il entreprit le dessèchement des marais Pontins.
1 . Le château de Bracciano, principale forteresse des Orsini au temps où ils étaient des condottieri redoutables, est situé à trente-cinq kilomètres N. 0. de Rome, sur l'ancien lac Sabatinus. Aujourd'hui, il appartient, avec le titre ducal, aux Torlonia. Don Livio paya cette acquisition trois cent quatre-vingt-six mille écus romains (Litta).
2. Voyez le livre de M. Geffroy, p. 39. C'est ainsi que Mme de Bracciano quitta ce nom, pour prendre le titre purement honorifique de princesse des Ursins, mais dès 1696, contrairement à deux Additions où Saint-Simon dit que ce second nom ne date que du temps, « après qu'elle fut veuve, que don Livio Odescalchi, neveu d'Innocent XI, eut acheté le duché de Bracciano » (Journal, tomes II, p. 81, et XVIII, p. 211), contrairement aussi, soit à ce qu'il va raconter cinq lignes plus loin, soit à l'habitude que Dangeau ou d'autres, même à Rome, gardèrent, pendant quelques années, de lui maintenir l'ancien titre. Dans la lettre du 2 octobre 1696 dont nous avons déjà donné un passage (tome III, p. 171, note 2; comparez p. 3, note 1), et qui est signée : la Princesse des Ursins, elle dit : « Je crois que l'on n'ignore plus en France que M. de Brachane a pris le nom de sa maison depuis que don Livio a acheté Brachane. » Ce qui a pu induire en erreur, c'est que de nombreuses difficultés, dont quelques-unes relatives à la possession du duché, s'élevèrent entre la veuve et l'acheteur, déjà évincé de ses prétentions à l'adoption : voyez le livre de M. Geffroy, p. 50, 55 et 64, et celui de M. Combes, p. 26-27.