En 1691 : ci-dessus, p. 5, note
4. Voyez notre tome I, p. 151, note 5. Charles III de Créquy fut fait premier gentilhomme de la chambre en 1643, lieutenant général en 1646, à la suite du siège d'Orbitcllo, duc en 1652, chevalier des ordres
Mensonge
d'une
tapisserie
du Roi, etc.
réformé.
[Add S'-S 23
n MÉMOIRES [1698J
France1, et du traité de Pise, qui la termina en 16642, qui sont choses connues de tout le monde3. Par ce traité, entre autres articles, il fut réglé que la satisfaction convenue et mise par écrit seroit faite au Roi, et lue par le car-
en 1661, gouverneur de Paris en 1675. Il mourut dans cette ville, le 13 février 1687, âgé de soixante-trois ans. Sa première mission diplomatique fut pour porter des présents à Madrid, en juin 1660. Saint-Simon lui a consacré une notice assez longue, comme duc et pair (Écrits inédits, tome VI, p. 149-160), et il reparlera souvent de lui dans la suite des Mémoires.
1. Nommé ambassadeur extraordinaire à Rome le 2 novembre 1661 (ce fut pour lui qu'on acheta le palais Farnèse en avril 1662, avec don de vingt-cinq mille écus pour l'ameublement), il fit son entrée le 11 juin 1662, quitta la ville après l'affaire des Corses, le 1er septembre, et n'y revint qu'en juin 1664, jusqu'en mars 1665. Il eut plus tard, en 1677, une mission de courtoisie à Londres, puis alla chercher la Dauphine à Munich en 1680.
2. Le â de cette date corrige un 2. — Le traité de Pise est imprimé dans les recueils de Léonard et de Du Mont.
3. La Gazette de 1662 et celle de 1663, ainsi que la Musc historique de Loret, contiennent nombre d'articles sur cette atfaire, survenue le 20 août 1662, à la suite du conflit de quelques Français avec les Corses de la garde pontificale, sur le pont Sixte. On en peut voir les documents dans les mss. de la Bibliothèque nationale Fr. 4250-4251 et Ital. 150. Saint-Simon avait dans sa bibliothèque (n° 780 du catalogue) YHistoire des démêlés de la cour de France avec la cour de Rome au sujet de V affaire des Corses, par l'académicien Regnier-Desmarais (1707, in-4°). Les lettres écrites par Louis XIV à cette occasion se trouvent dans ses Œuvres, tome V, p. 91 et suivantes, ou, en manuscrit, dans le recueil de Rose conservé à la bibliothèque Sainte-Geneviève, L' 17, p. 422 et suivantes. Voyez aussi l'indication des pièces imprimées du temps dans la Bibliothèque historique du P. Lelong, tome II, p. 573, et dans le Catalogue de la Bibliothèque nationale, Lg6 225-230. Sur l*e traité de Pise (12 février 1664, Gazette, p. 250-251), le chef du Dépôt des affaires étrangères, M. de Saint-Prest, fit, au siècle dernier, un mémoire historique qui a passé récemment en vente (catalogue d'Henri Delaroque, libraire, janvier 1883, n° 218). De notre temps, toute l'histoire de cet épisode a été retracée par M. Chantelauze (le Cardinal de Retz et ses missions à Rome, p. 71-173, et tome VII des Œuvres de Retz, p. vi-xm et 1-22), et, dans un sens opposé, par M. Charles Gérin (Revue des Questions historiques, années 1871, 1880 et 1884). M. L. Duhamel en a raconté une partie incidente dans les Mémoires de V Académie de Vaucluse.
dinal Chigi1, neveu du Pape2 et envoyé exprès légat a latere3, en présence des grands du Royaume4. L'audience s'allant donner dans peu de jours5, le Roi envoya le grand maître des cérémonies 6 avertir de sa part tous les ducs
1. Fabio Chigi, originaire de Sienne, fait cardinal par son oncle en 1657, eut les charges de surintendant général de l'état ecclésiastique, de président de la congrégation de la Santé et de préfet de la signature de justice, l'évêché de Porto, le titre d'archiprêtre de Saint-Jeande-Latran, celui de protecteur de divers ordres, et plusieurs abbayes et commanderies. Il mourut à Rome le 13 septembre 1693, âgé de soixante-trois ans, transmettant le nom de Chigi à ses neveux Zandedari.
2. Alexandre VII (Fabio Chigi), élu le 7 avril 1655, comme successeur d'Innocent X, et mort en 1667, à soixante-huit ans.
3. Ce titre ne se donnait qu'à un cardinal envoyé comme ambassadeur extraordinaire auprès d'un souverain, avec autorité et juridiction sur plusieurs choses dans le lieu de légation, et il n'était reconnu en France qu'après enregistrement des bulles de créance au Parlement, et seulement pour ce qui n'était pas contraire aux libertés de l'église gallicane. Sur les questions de cérémonial, on peut voir le recueil de Sainctot, imprimé dans le Supplément au Corps diplomatique, tome IV, p. 12-27.
4. Déclaré légat le 24 mars 1664, le cardinal débarqua à Marseille le 14 mai, eut des réceptions somptueuses tout le long de sa route, et arriva à Fontainebleau, conduit par le duc de Montausier, le 3 juillet. Il visita Paris et les environs avant de faire son entrée solennelle à Fontainebleau, qui n'eut lieu que le 28 juillet, prit congé le 5 août, entra à Paris le 9, et repartit le 12. Voyez la Gazelle de 1664, p. 323, 370, 526, 528-530, 550-553, 578, 603, 651, 652, 686-688, 762-764, 785, 787, 789, 810-812, et un mémoire conservé aux Archives nationales, K 1719, n° 5. Un beau livre in-folio, sur son entrée à Lyon, fut imprimé alors, et un seigneur de sa suite publia, l'année suivante, à l'étranger, une Relation de la conduite présente de la cour de France. Nous avons aussi une lettre de Louis XIV, sur ses débuts comme ambassadeur (17 juillet 1664), dans le recueil des lettres du cabinet imprimé par Morelly en 1755, tome I, n° cxn.